diendere (2)Yako, (AIB)-Les fils et filles du Passoré se sont retrouvés le samedi 18 octobre 2017 à Yako, à travers une marche-meeting, pour demander l’accélération d’un jugement équitable au profit du Général Gilbert Diendéré, arrêté depuis le 30 octobre 2015 suite au coup d’Etat manqué.

« Juger ou libérer Diendéré ! Justice équitable pour le Général Gilbert Diendéré ! Mon Général, tout le Passoré vous soutient ! »

C’est ce qu’on pouvait lire sur les différentes banderoles, affiches et pancartes, du moins c’est aussi ce que scandaient, les marcheurs de ce samedi 18 octobre 2017 à Yako, chef-lieu de la province du Passoré.

Venus des 9 communes que compte la province du Passoré, les populations de la localité ont arpenté les artères de la ville pour exiger un procès équitable et diligent pour leur fils, frère et père, le Général Gilbert Diendéré.

En effet, le Général avait été arrêté le 30 octobre 2015 après avoir assumé un coup d’Etat qui a échoué, suite à une mobilisation générale des fils et filles du Burkina Faso.

Et voilà que deux ans après, ce dernier n’a toujours pas comparu devant la justice burkinabé.

Las d’attendre son jugement, les fils et filles ainsi que les chefs coutumiers, environ une dizaine, de la province se sont retrouvés devant le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Yako pour adresser leur message de mécontentement à l’endroit du pouvoir judiciaire actuel au Burkina Faso.

A cet effet, ils ont marché environ 45mn, du CMA de la ville, en empruntant la « rue de l’hôpital » et ce, jusqu’au Haut-commissariat du Passoré, où les attendaient une sécurité impressionnante, les autorités communales ainsi que le représentant du Haut-commissaire du Passoré, Karidiata Kaboré, par ailleurs préfet du département de Yako pour transmettre ledit message.

A leur arrivée, aux environ de 11 heures 03mn, les marcheurs protestataires ont, à travers le porte-parole des chefs coutumiers et des fils et filles de la province, Sidnoma Franck Sankara, remis le document au Préfet du département de Yako.

Selon M. Sankara, les populations du Passoré sont contre l’injustice faite au Général Gilbert Diendéré de la part du pouvoir judiciaire actuel du Burkina Faso.

Suivant les explications de Sidnoma Franck Sankara, des ambassadeurs récemment nommés par le pouvoir actuel sont aussi des présumés coupables du putsch manqué de 2015.

Pour lui, ces nominations sont une manière de permettre à ces ambassadeurs d’échapper à la justice.

« Nous estimons que la démarche du pouvoir politique ainsi que le pouvoir judiciaire actuel n’est pas du tout équitable dans le procès du putsch manqué.

La preuve en est qu’il y a des hauts gradés de l’armée et certains civils en passant par le général Yacouba Isaac Zida que le Général Diendéré a cité lors de la confirmation des charges contre lui.

Ces derniers doivent être rapatriés si nous voulons réellement une équité dans le procès de ce coup d’Etat manqué. Donc nous, nous estimons que c’est une manière de saper la justice », a-t-il dit avant d’interpeller le pouvoir actuel du fait que les resortissants du Passoré ne sont pas d’accord pour cette supposée injustice faite à l’endroit du fils du Passoré.

« Nous n’accepterons jamais une justice des vainqueurs ni une justice politique au Burkina. Ça c’est fini », a ajouté le porte-parole.

Le préfet du département de Yako, Mme Kaboré, représentant le Haut-commissaire du Passoré a rassuré les marcheurs de sa promptitude à transmettre le message de toute la province à qui de droit.

« On a entendu le message. On l’a compris, on va transmettre votre message à qui de droit », a-t-elle promis.

ZEZOUMA ELIE SANOU

(AIB-Yako)

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