ExciseuseGuinéeC’est un procès émouvant et plein d’enseignements qu’il a été donné de voir, le lundi 9 octobre 2017, avec la citation de la  sexagénaire B.K. et de la quinquagénaire S.A. Agées respectivement de 62 et 56 ans, ces personnes ont comparu devant le Tribunal de grande instance de Dédougou, pour avoir aidé et assisté une personne non encore identifiée, à exciser quatre filles dont une d’un an, le 18 août 2017 à Safané. A en croire le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Dédougou, c’est à la suite d’une dénonciation que les sexagénaires ont été interpellées par la gendarmerie de Safané. A la barre, B.K. reconnait être complice d’excision, mais dit penser que cette pratique était autorisée avec l’éviction du régime Compaoré.
« Au temps de Blaise Compaoré l’excision était interdite, mais je pensais qu’avec son départ tout était revenu à la case départ, et qu’on pouvait désormais le faire sans problème », a-t-elle déclaré. Elle répondait ainsi à la question de savoir les raisons l’ayant poussée à exciser ses petites filles, sans aviser leurs géniteurs. « Il est certes vrai qu’il y a eu beaucoup de campagnes de sensibilisation sur l’interdiction de l’excision sous Blaise Compaoré, mais même avec son départ du pouvoir, cette pratique reste toujours interdite. La loi à ce sujet n’a pas changé. L’excision est toujours interdite jusqu’au jour où le législateur en décidera autrement », a martelé le parquet suite aux allégations de B.K. Tout comme B.K., S.A, la deuxième prévenue a tout de suite reconnu à la barre sa complicité dans l’excision des quatre filles. D’ailleurs, reconnaissant que l’excision n’est pas bien pour la santé des excisées, les deux fautives ont imploré la clémence du Tribunal.
Prosternée, B.K., la main sur le cœur a juré de ne plus s’impliquer dans des faits d’excision jusqu’à la fin de ses jours. La santé des filles victimes de cette pratique d’une certaine époque, était sauve à la date du procès, selon le ministère public. Certaines d’entre elles auraient même pris le chemin de l’école, a témoigné le père de l’une d’entre elles. A la suite des débats qui ont par moment plongé le justiciable dans l’émoi, le procureur du Faso a demandé à la Cour de reconnaître les deux dames coupables de complicité d’excision et de les condamner à une peine de 12 mois de prison assortie de sursis. Dans sa délibération, le Tribunal les a condamnées à 36 mois de prison avec sursis. Le président de la Cour a conseillé aux deux prévenues de sensibiliser toute personne dans leur localité qui pense que l’excision serait autorisée avec le départ de Blaise Compaoré.
Sidwaya

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