canalCanal+ a informé sa clientèle que le signal de la RTB n’a ni été occulté sur ses bouquets, ni été coupé sur le territoire national durant le match retour Burkina-Sénégal qui s’est joué au Stade du 4 août ce 5 septembre 2017. Il y avait de quoi puisque de nombreux burkinabè était dans une colère profonde du fait de cette situation. Mais c’est quoi Canal + et qui est le propriétaire de cette entreprise ?

La France tente depuis l’ère coloniale d’avoir la mainmise sur certains pays africains en ayant recours notamment au Soft Power. Il s’agit d’un ensemble de méthodes visant à contrôler les mentalités d’un pays par la douceur (curricula d’enseignement, agence de coopération …), en opposition avec le Hard Power, qui est le contrôle par la force (guerre, coup d’État, terrorisme…). Ainsi, Canal +, en plus d’être une manne financière considérable est un instrument du Soft Power français en Afrique exacerbant la passion des couches populaires africaines pour le divertissement (Sport-Foot, Télénovela, Musique, Humour …).

Canal + fait partie du groupe Vivendi qui appartient au français Vincent Bolloré, et qui détient de multiples affaires en Afrique.

Tandis que le groupe perdait 265 000 d’abonnés individuels et subissait plus de 650 millions d’euros de perte en France, sur la même période en Afrique francophone, il affichait une croissance forte et 2,8 millions d’abonnés. Côté cinéma, Vivendi a décidé d’ouvrir une cinquantaine de salles en Afrique francophone.

Vincent Bolloré détient un empire financier en Afrique. Exemple du Cameroun avec la Société d’Exploitation des Parcs à Bois, l’agro-alimentaire avec la Safacam ou le transit avec la Saga-SDV. Il contrôle aussi les ports de Kribi et Douala et la compagnie de chemin de fer Camrail.

Le 21 octobre 2016, lorsque le train déraille, on dénombre 79 morts et 551 blessés. Pourquoi ? Parce que pour améliorer les rendements, Bolloré avait fait accrocher à la locomotive beaucoup plus de wagons que le nombre maximal autorisé avec en sus un système de freinage défectueux.

Le groupe Bolloré Africa Logistics est présent dans une quarantaine de pays africains. On peut même parler d’omniprésence de Bolloré qui jouit par exemple d’un quasi-monopole sur les ports du golfe de Guinée. Il contrôle la manutention de 14 ports en Afrique ainsi que 23 ports secs. Ce groupe, qui gère la SITARAIL, est en train de « réhabiliter » le chemin de fer entre Abidjan et Ouagadougou sur près de 1 300 kilomètres de rail et possède au Burkina Plus de 137 000 m2 d’entrepôts et d’espaces de stockage.

Bolloré possède également des plantations d’hévéa et de palmiers à huile au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Libéria ou encore en RDC. Au Gabon, le groupe, qui convoitait la mine de fer géante de Belinga, avait placé la fille du président Omar Bongo, Pascaline, à la tête de sa filiale Gabon Mining Logistics.

Le siège du groupe Bolloré Africa Logistics en France a été perquisitionné le 8 avril 2016 par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. Le groupe de Bolloré étaient soupçonné d’avoir utilisé sa filiale publicitaire Havas pour faciliter l’obtention de la gestion des ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo.
En Guinée, Havas s’est occupé en 2010 de la campagne électorale d’Alpha Condé. En 2011, le président fraîchement élu débarquait Getma, la compagnie qui gérait le port depuis 2008 pour confier la concession à Bolloré.
Même scénario au Togo. En 2010, le groupe Bolloré obtient la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour 35 ans. La même année, Faure Gnassingbé, conseillé par Havas, était réélu.

La dernière Les concessions en date de Bolloré est celle du deuxième terminal à conteneurs du port d’Abidjan. Le groupe français détient déjà le premier terminal depuis 2004. Laurent Gbagbo avait en effet confié ce marché en gré à gré en pleine guerre.

92 % des importations et exportations d’Afrique se font par voie maritime. Contrôler les ports, c’est donc contrôler le commerce africain. Ces ports africains constituent ainsi d’inestimables sources de pouvoir à la fois politique et économique et à travers eux aussi, on contrôle, l’information précieuse sur les flux entrants et sortants du continent.
https://www.monde-diplomatique.fr/2009/04/DELTOMBE/16970

Lutter contre le FCFA c’est bien, très bien même. Mais reprendre en main les piliers essentiels de l’économie dans nos pays, c’est bien aussi, n’est-ce pas ?
Mais pour cela, il faut travailler durement car on ne devient pas gestionnaire, manager, expert en logistiques du jour au lendemain. Surtout pas en aboyant sur Facebook.

Ouedraogo Souleymane Basic-Soul

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