achLa Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) n’a pas encore digéré l’adoption du code électoral. Face à qu’ils qualifient de « passage en force du pouvoir en lieu et place du consensus national nécessaire pour gérer une telle question », Achille Tapsoba et ses camarades, qui dénoncent une politisation de l’administration publique, se démarquent des auteurs des attaques terroristes. Ils appellent les militants du parti à se joindre à la manifestation du 29 septembre 2018 pour « faire barrage aux pratiques dilatoires » de la majorité présidentielle.

Le Burkina Faso est « éprouvé » par le terrorisme et « ceux qui nous gouvernent font eux-mêmes la preuve de leur incapacité à diriger ce pays au point qu’ils voient partout à la moindre occasion et à la moindre manifestation, le spectre de la déstabilisation allant jusqu’à faire des accusations tout azimut, gratuites et non fondées sur le CDP », observe Achille Tapsoba, premier vice-président du CDP. Le ténor de l’ancien parti au pouvoir réclame « un peu plus de sérieux dans la gestion de la République » de la part de ses camarades d’hier devenus aujourd’hui ses adversaires politiques.

Le parti dément « de manière formelle et avec la dernière fermeté » ce qu’il qualifie d’«allégations mesquines, politiciennes et calculatrices ». Argument avancé : « tout Burkinabè honnête et sérieux ne peut pas faire le terrorisme et faire l’objet de simples accusations lors de conférences de presse ou de conférences publiques ». De l’avis du principal conférencier, ces allégations sont le signe de l’« incapacité du MPP à gérer le Burkina Faso ».

Achille Tapsoba et ses camarades se démarquent, appellent à l’unité nationale contre le terrorisme, à la contribution de tous les citoyens sans exclusive et invitent chacun à collaborer étroitement avec les forces de défense et de sécurité d’une manière ou d’une autre en leur facilitant surtout le travail d’information et de renseignement.

Politisation de l’administration publique

Les allers et venues de militants d’un parti à l’autre sont légion.  « Nous avons des camarades qui ont été approchés, consultés pour des postes de responsabilités administratives mais avec la seule et unique condition que tu quittes le CDP, tu viens avec nous », a affirmé le vice-président du parti. Mais, minimise-t-il, « quand c’est une personne, on peut dire que c’est isolé. Mais quand ça devient monnaie courante, on approche nos cadres pour leur valeur et leur compétence pour leur dire,  on voulait vous nommer mais il y a un problème ».

Mea culpa de la part d’Achille Tapsoba ? Ténor du parti, il ne cache pas l’existence de la pratique sous leur gestion. Celui qui dit avoir « des éléments très précis » sur cette affaire avoue : « pour être honnête et pour ne pas être amnésique, je me rappelle encore que ces genres d’accusations étaient portées contre nous également ». Cependant,  relativise-t-il, « ceux qui nous ont renversés ont dit plus jamais ces pratiques ». Achille Tapsoba indique  les avoir « crus sur parole ».

L’adoption du code électoral ne passe pas

La récente adoption de la loi portant relecture du code électoral n’est pas encore digérée au CDP. « Le CDP dénonce l’adoption du code électoral qui est la preuve concrète de cette division des citoyens » et déplore le « passage en force du pouvoir en lieu et place du consensus national nécessaire pour gérer une telle question ».

Achille Tapsoba et ses camarades appellent leurs militants à participer à la marche du 29 septembre 2018 à la place de la nation pour soutenir «l’opposition politique burkinabè qui veut faire un barrage aux pratiques dilatoires du MPP et de ses alliés et les empêcher de prendre les élections en otage ».

Oui KOETA

Burkina24