mtn-store-exterior-300x215Le Boston Consulting Group (BCG) vient de publier une étude sur les « 100 global challengers » en 2013, ces entreprises des pays en croissance qui rivalisent, et parfois surclassent, les compagnies multinationales établies. Six entreprises africaines y figurent. Dans cette cinquième édition annuelle du rapport du BCG, l’Afrique est représentée par cinq entreprises sud-africaines et une entreprise égyptienne :

Sasol, entreprise de l’industrie chimique basée en Afrique du Sud, spécialisée dans la transformation de charbon et de gaz naturel en hydrocarbures liquides selon le procédé Fischer-Tropsch.

Bidvest, groupe de services de distribution basée en Afrique du Sud, actif dans la gestion du fret, les services externalisés, les produits et services industriels et commerciaux, l’impression, les emballages, la papeterie, les fournitures de bureau, les voyages d’affaires et la distribution automobile.

Aspen Pharmacar, géant pharmaceutique sud-africain. Cette holding est la plus grande société de fabrication de médicaments en Afrique.

MTN, multinationale sud-africaine en télécommunications présente dans 22 pays dont 16 pays africains.

Naspers, groupe de presse multinational basé en Afrique du Sud qui se distingue en deux segments à savoir l’électronique et la presse média.

El Sewedy Electric, fabricant égyptien de câbles actif dans une quinzaine de pays africains.

Une croissance fulgurante

L’ensemble des 100 entreprises à croissance rapide représentent 1,7 trillions de dollars par an d’achats de biens et services dont 330 milliards qu’elles réinvestissent. Les « nouveaux challengers mondiaux » alimentent la croissance mondiale en créant d’énormes opportunités pour les entreprises occidentales qui peuvent les avoir comme alliés. Le rapport révèle que ces entreprises des marchés émergents réalisent une croissance de plus en plus rapide à l’étranger, refaçonnant les industries traditionnelles et surpassant de nombreuses sociétés multinationales.

Les 100 entreprises de demain viennent de 17 pays différents et opèrent dans un large éventail de secteurs. Au cours des cinq dernières années, ces entreprises, dont beaucoup sont peu connus en Occident, ont créé non moins de 1,4 million d’emplois. Leur revenu moyen était de 26,5 milliards de dollars en 2011, contre 21 milliards de dollars pour les entreprises non financières du S&P 500 et 20 milliards de dollars pour l’ensemble du S&P 500.

Alliés ou adversaires ?

David C. Michel, co-auteur du rapport, a déclaré : « Si jamais il existe un appel au réveil pour les chefs d’entreprise occidentaux, c’est celui-ci ». « Nous avons suivi l’essor des challengers mondiaux pendant près d’une décennie et l’ambition de ces entreprises. Ce que nous appelons l’accélérateur est un état d’esprit, et il n’a jamais été aussi fort ». Le rapport appelle les dirigeants d’entreprises occidentaux à suivre l’exemple des autres multinationales qui travaillent avec cette nouvelle génération d’entreprises.

Dans un partenariat, les Dr Reddy’s Laboratories, une société pharmaceutique indienne connue pour la fabrication de médicaments génériques, mène le développement de produits, tandis que Merck, la multinationale allemande s’occupe de la fabrication de traitements génériques contre le cancer. Pour Tenbite Ermias, co-auteur et directeur du bureau du BCG en Afrique du Sud : « Les challengers mondiaux apportent beaucoup plus qu’une structure à faible coût. Les multinationales qui considèrent les challengers mondiaux comme de simples concurrents à faibles coûts comprennent mal la menace concurrentielle et le potentiel de partenariat qu’ils représentent ».

Les dés ne sont pas jetés

« Malgré la progression rapide de ces nouveaux challengers, les dés ne sont pas jetés », relativise Olivier Scalabre, Directeur Associé au BCG à Paris. « Plus du quart des entreprises étudiées sont nouvelles au classement, indiquant une volatilité forte dans la performance de ces nouveaux acteurs, qui ne s’imposent pas toujours dans la durée. En outre, cette nouvelle donne offre de belles perspectives aux multinationales, à travers des stratégies d’alliance d’égal à égal fortement créatrices de valeur ». S’ils veulent passer à l’étape suivante, il leur faut consolider leurs ressources industrielles et humaines et sécuriser un meilleur accès à de nouvelles opportunités de croissance, indique le BCG.

Autre constat émanant du rapport : les entreprises appartenant à l’État et contrôlées par l’Etat ont du mal à égaler le succès des entreprises privées sur la scène mondiale. Le nombre de sociétés contrôlées par l’État sur la liste a chuté de 36 en 2006 à 26 en 2013. « De nombreuses entreprises appartenant à l’État et contrôlées par l’Etat n’ont pas encore déchiffré le code de l’expansion mondiale. Elles ont besoin d’apprendre à attirer les talents, prendre des risques, et développer des modèles d’affaires qui marchent en dehors de leurs marchés nationaux », a expliqué David Lee, co-auteur et partenaire BCG basé à Hong Kong. « Ce sont des choses que toutes les entreprises doivent maîtriser, et cela peut être particulièrement difficile pour celles qui sont affiliées à l’Etat ».

En somme, « le succès de challengers mondiaux repose de plus en plus sur l’innovation, l’excellence opérationnelle, la qualité, la marque, et le service client », constatent les analystes du BCG. Ces capacités doivent être soutenues par des capacités organisationnelles telles que la gestion des talents et le développement de la marque. Par exemple, la pénurie de gestionnaires expérimentés en Afrique conduit à une faible efficacité et la productivité moindre des entreprises mondiales et locales dans de nombreux pays africains.

 

Kingsley Okocha, article initialement paru chez notre partenaire Next-Afrique

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