Zone extension Sud de Ouaga 2000 : Des souscripteurs dénoncent une « anarque »

Comment se fait-il que des souscripteurs de terrains de la zone extension sud de Ouaga 2000, ayant même fini, pour la plupart, de payer les montants dus, n’arrivent pas depuis plus de dix ans, à entrer en possession de leur terrain ? Constitués en comité depuis 2017, les souscripteurs ont dénoncé ce samedi 29 février 2020, au cours d’une conférence de presse, une « anarque » de la Société de construction de gestion immobilière (SOCOGIB, ex SATMO), exécutée avec la complicité de l’Etat.

« Certains ont même fait les opérations administratives auprès du guichet unique du foncier et sont en possession de leur attestation d’attribution », témoigne un membre du comité, Souleymane Yago, précisant que l’opération de souscription date de 2004. Mais pourquoi, depuis lors, ils n’arrivent pas en investir ?

A l’origine de ce problème, le blocage de toute opération d’aménagement du site par les propriétaires terriens qui auraient même déterré les bornes. Exaspérés par le silence de la SOCOGIB, les souscripteurs se réuniront en comité en octobre 2017, en vue d’élucider les véritables points de blocages. Ce, d’autant plus que qu’après l’enquête parlementaire de 2016 sur le foncier urbain, le ministère en charge de l’habitat avait suspendu les opérations de vente de terrains de la SOCOGIB ainsi que la délivrance des attestations d’attribution au niveau du guichet unique du foncier.

« Nous avons mené une campagne médiatique pour attirer l’attention de l’autorité et par la suite, le ministère nous a invités au dialogue. Nous avons eu une rencontre tripartite (ministère de l’habitat, SOCOGIB et le comité représentant les souscripteurs) de 7 mois. Dans ce dialogue, c’était du dilatoire. On nous a menés en bateau. Les entretiens directs entre les souscripteurs et la société menés pendant près d’une année n’ont pas porté fruits », commente un autre souscripteur, Mahamadi Ouédraogo.

En effet, lors d’une rencontre avec le comité des souscripteurs en octobre 2018, Souleymane Yago confie que le DG de la société leur aurait donné une échéance de trois mois pour reprendre les travaux d’aménagement du site. Ce qui supposait, selon lui, la fin de tout litige administratif et le dédommagement des propriétaires terriens.

Que de fausses promesses….

Si à l’issue de la rencontre d’octobre 2018, le Guichet unique du foncier a repris la délivrance des attestations d’attribution des terrains sur le site de la SOCOGIB, ce ne fut pas le cas pour les travaux d’aménagement, ni pour le dédommagement des propriétaires terriens. Par la suite, de nouvelles rencontres eurent lieu entre les deux parties. C’est ainsi, rappelle Souleymane Yago, que la société leur aurait confié avoir renégocié de nouveaux termes de dédommagement avec les propriétaires terriens.

Ces modalités, dit-il, comprenaient un montant et des terrains lotis dans la commune rurale de Komsilga. Le dossier de formalités administratives de lotissement relatif au dédommagement étant au niveau de la direction générale de l’habitat et de l’urbanisme depuis le 16 octobre 2019, Souleymane Yago clame que les lignes n’ont pas bougé. La rencontre tenue en début en janvier 2020 n’a pas non plus amélioré les choses.

En effet, au moment où la direction générale de la SOCOGIB évoque une lenteur administrative dans le traitement du dossier, la direction générale de l’habitat et de l’urbanisme parle plutôt d’une pièce manquante dans le dossier. « Ce que la direction de la SATMO nie. Où se trouve la vérité ? », s’interroge Souleymane Yago. Pour les souscripteurs, il s’agit « d’une situation inacceptable, une situation d’anarque planifiée et exécutée par la SOCOGIB sous le silence et l’inertie de l’Etat, voire même sa complicité ».

Conviant l’Etat à être plus regardant sur le fonctionnement des sociétés immobilières, le comité représentant les souscripteurs de terrains dans la zone extension Sud de Ouaga 2000 entendent mener différentes formes de revendications pour réclamer justice. Déjà, dans les jours à venir, ils annoncent un sit-in dans les locaux de la SOCOGIB pour exprimer leur ras-le- bol.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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