Yacouba Isaac Zida : ‘’ Je n’exclus pas la possibilité d’être candidat en 2020 ‘’

Exilé au Canada depuis la fin de la transition, fin 2015, l’ex-Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, a rompu le silence à travers une interview accordée à France 24 et diffusée ce mercredi, 27 mars 2019. Nous vous proposons la version retranscrite de cette première sortie médiatique depuis son départ du Burkina.

France 24 : Pourquoi vous exprimez-vous après trois ans de silence ?

Yacouba Isaac Zida : Toutes sortes de calomnies mensongères ont été dites sur mon compte, j’ai observé le silence. Mais comme vous le savez, il y a un temps pour se taire, il y a un temps pour parler.

Pourquoi avoir quitté le Burkina Faso ?

J’ai quitté le Burkina Fao, dans un premier temps, pour une permission auprès de ma famille ici au Canada. Mais, pendant que j’étais en permission ici, il y a des informations que j’ai reçues, qui, en tout cas, mettaient en cause ma sécurité et ma liberté. Donc, j’ai choisi de rester et de ne plus rentrer au Burkina Faso. Les autorités en place ont monté toute une cabale politico-judiciaire contre ma personne. Donc, j’ai choisi de rester dans ce pays, le Canada, qui est un pays de droit.

Vous avez fait l’objet d’une enquête de la gendarmerie royale du Canada, concernant des transactions financières suspectes. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Pour ce qui me concerne, je n’ai jamais reçu ni un policier ni un enquêteur de la gendarmerie pour me questionner sur ces faits.

Vous n’êtes donc pas au courant d’une telle enquête ?

Non, non, je n’ai aucun argent à blanchir au Canada, qui nécessite que je fasse l’objet d’une enquête.

Vous avez eu un rôle important au sein de l’Armée et du gouvernement de transition burkinabè en 2014 et 2015. Comment appréciez-vous votre gestion des évènements ?

La transition, je peux dire, était, malgré quelques griefs, globalement un succès. La preuve est que le pays, en tout cas, au final, avait un président élu, un parlement. Donc, la vie politique avait complètement repris, en tout cas, selon les principes démocratiques.

Avez-vous des réflexions sur le procès Gilbert Diendéré et le putsch manqué de septembre 2015 ?

Je souhaite qu’à l’issue de ce procès, le peuple burkinabè, les victimes et leurs familles aient droit à la vérité et à la justice, et que l’on puisse, à l’issue de cela, aller vers d’autres étapes.

Avez-vous des réflexions concernant la gestion du Burkina Faso depuis votre départ ?

Depuis notre départ, les attaques terroristes, malheureusement, se déroulent quasi-quotidiennement et les dirigeants ne semblent pas être à la hauteur des défis. C‘est vrai qu’ils font des efforts mais, malheureusement, nous sommes obligés de reconnaître que cela n’a pas de résultat sur le terrain.

Vous avez rédigé vos mémoires, « je sais qui je suis », le sixième chapitre a tout d’un programme électoral …

On va dire que ça peut être un programme politique, mais qui est ouvert, qui est à la disposition de qui peut bien s’en inspirer.

Vous imaginez-vous un avenir politique au Burkina Faso ?

Je ne me suis pas encore prononcé sur une éventuelle candidature, mais je n’exclus pas la possibilité effectivement d’être candidat en 2020.

Yacouba Isaac Zida, merci d’avoir répondu aux questions de France 24 !

C’est moi qui vous remercie.

lefaso.net

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