Vie politique : Tahirou Barry candidat à la présidentielle de 2020

Suite à l’appel, le 27 janvier 2019 du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR) et plusieurs autres mouvements associatifs et politiques, le député Tahirou Barry a répondu favorablement pour la présidentielle de 2020. C’était au cours d’une conférence de presse tenue dans la matinée de dimanche, 14 avril 2019 à Ouagadougou.

C’est devant ses partisans et en présence de personnes-ressources, dont le député Alexandre Sankara de l’UNIR/PS et l’ex-député du Conseil national de la transition et troisième vice-président de l’APP/Burkindi, David Moyenga, que Tahirou Barry a officiellement répondu à l’appel des mouvements politiques et associatifs. « En ces instants solennels, je ne saurais m’exprimer sans avoir une très grande pensée pour toutes les victimes du terrorisme et des représailles communautaires et coutumières dans notre pays. Je voudrais saluer l’engagement et le sacrifice de nos forces de défense et de sécurité dans la protection de notre patrie et leur réitérer nos vœux de succès éclatant dans leur noble et sacrée mission », s’est d’abord incliné le député Tahirou Barry, en guise de pensée pieuse aux victimes des rudes épreuves que traverse le pays.

Il a ensuite marqué sa reconnaissance à l’ensemble de ces personnes physiques et morales qui ont placé leur confiance en lui par l’appel à la candidature.

« J’ai beaucoup réfléchi sur la portée de mon engagement. J’ai profondément médité sur la situation actuelle et le devenir de notre mère patrie. Au fond de ma solitude et dans la profondeur de la nuit, je me suis posé d’innombrables questions. Oui, j’ai toujours été face à des équations à traiter, car l’élection présidentielle est une redoutable épreuve de vérité et de sacrifices. J’ai consulté ma famille et plus d’une centaine de leaders, sages et personnes-ressources à qui j’exprime toute ma reconnaissance pour leur disponibilité et les précieux conseils qu’ils ont bien voulu me prodiguer », confie-t-il.

Tahirou Barry dit être arrivé à une conclusion : « Mon pays est malade et a besoin de l’assistance de tous ses enfants à des degrés d’engagements divers ».

Pour l’élu, face à une gouvernance qui a manifestement décidé de ne rien entendre, de ne rien voir, de ne rien dire et de ne rien faire, c’est d’avoir tort que de rester impassible et amorphe. « Notre passivité ne sera rien d’autre qu’une forme de lâcheté et de cupidité », signe M. Barry.

« A cette sollicitation de ces vaillants jeunes, je n’ai ni le droit de me dérober ni d’hésiter. C’est pourquoi, j’ai décidé librement et solennellement de relever ce défi qui m’a été proposé en acceptant de me porter candidat à l’élection présidentielle prochaine de ma patrie. (…). Si j’accepte d’aller à la conquête de la présidence de mon pays, c’est au nom de ma génération, une jeunesse valeureuse qui souffre, mais qui espère et aspire au bonheur dans un pays réconcilié avec lui-même et ses valeurs », explique le candidat.

Tahirou Barry dit placer sa candidature sous le signe d’un « grand combat » contre trois grands maux qui handicapent l’avenir commun des Burkinabè. Il s’agit, énumère-t-il, du combat contre le terrorisme et l’érosion profonde de la cohésion sociale, le combat contre la paupérisation accélérée des « vaillantes populations, particulièrement des femmes » et, enfin, du combat contre le chômage endémique « qui tue à petit feu nos braves jeunes des villes et campagnes ». Le candidat compte, dans quelques mois, publier à cet effet, son contrat social au cours de la cérémonie officielle d’investiture.

Pour lui, ces grands défis à relever nécessiteront le rassemblement de tous les patriotes adhérant à ces engagements d’une grande portée pour la nation. Ainsi voudrait-il que sa candidature transcende les considérations partisanes pour être portée par une coalition encore plus forte et crédible de partis et mouvements associatifs soucieux du devenir radieux du Burkina.

« Rien n’entamera notre marche vers le sursaut salvateur et le salut national »

« Je continuerai donc à mettre toute mon énergie dans cette démarche jusqu’au jour des élections. Pour réussir, nous n’avons pas un bâton magique. Nous n’avons que nos convictions, notre foi et la volonté de ceux qui ont bâti, dans le dénuement depuis plus de 4500 ans, les pyramides colossales d’Egypte, symbole de toutes les techniques architecturales, construction de tous les records figurant parmi les sept merveilles du monde. C’est par la volonté que nous relèverons cet immense défi si telle est notre décision inébranlable », annonce Tahirou Barry.

Tahirou Barry se dit armé pour cette dynamique. « Je sais que les forces obscures fabriquées dans les sombres laboratoires politiques multiplieront davantage leurs entreprises d’intoxications, d’intimidation, d’injures, de mensonges et de manœuvres grotesques. Nous en avons pleinement conscience, mais si Dieu le veut, rien n’entamera notre marche vers le sursaut salvateur et le salut national », s’avise-t-il.

L’occasion fut également belle pour l’ancien ministre pour témoigner sa reconnaissance à celui-là qu’il a toujours appelé « père ». « Celui qui m’a enseigné et guidé mes pas encore hésitants dans l’arène impitoyable de la politique depuis le mois d’octobre 1999. A ce grand éducateur hors pair, à ce père, Laurent Kilachu Bado, je lui exprime toute ma reconnaissance et lui réitère toutes mes excuses publiques pour mes actions et omissions qui lui ont causé tort, a déclaré le candidat du MCR.

Dans la même dynamique, il étend ses excuses à tous ceux qui se sont sentis offensés durant ses 20 ans d’engagement politique. « Je n’ai jamais eu l’intention de nuire dans la démarche. Je me suis toujours évertué à dire et à faire ce que je pense de bonne foi, car j’ai toujours la conviction que c’est dans franchise, la vérité et l’amour de la patrie qu’on réussira à bâtir une nation puissante en ordre moral, économique et social », a-t-il déclaré.

Réagissant à une question sur la position de Laurent Bado par rapport à sa candidature, Tahirou Barry a confié : « Le Pr Laurent Bado m’a reçu au cours de la semaine, nous avons échangé, je l’ai informé de la réponse que j’attendais donner à l’appel du MCR, il a pris acte et m’a remercié de lui avoir confié cette information. Pour le reste, je n’en dirai pas plus ».

Pour mémoire, Tahirou Barry, alors président du PAREN, est arrivé troisième à la présidentielle de novembre 2015 (après Roch Kaboré et Zéphirin Diabré). Il est également élu député à la faveur du scrutin législatif qui a été couplé avec la présidentielle. Par le jeu des alliances de son parti avec le parti au pouvoir, Tahirou Barry est nommé ministre de la Culture, poste qu’il va par la suite quitter en octobre 2017, et à un moment où il était en crise avec son parti, le PAREN (plus précisément, le géniteur, Laurent Bado). Retourné depuis lors à l’Assemblée nationale où il s’est affilié au groupe parlementaire UPC (opposition politique), Tahirou Barry a été appelé le 27 janvier 2019 par le MCR et des mouvements associatifs à se présenter à la présidence de 2020. Ainsi, il s’inscrit sur la liste des candidats déjà déclarés que sont le président en exercice, Roch Kaboré, Kadré Désiré Ouédraogo et Gilbert Noël Ouédraogo.

O.L
Lefaso.net

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