Un soldat français tué au combat au Mali, annonce l’Elysée

Un soldat français a été tué au combat au Mali, vendredi 24 septembre au matin, a annoncé l’Elysée dans la soirée, en faisant part de « l’émotion particulièrement vive » du président de la République française, Emmanuel Macron, qui « réaffirme la détermination de la France dans [sa lutte] contre le terrorisme ».

Le caporal-chef Maxime Blasco, du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces (Isère), tombé au combat, avait reçu en juin la médaille militaire « pour la valeur exceptionnelle de ses services », précise l’Elysée dans un communiqué.

Selon l’état-major des armées, la victime a été tuée « au cours d’une opération de reconnaissance et de harcèlement » dans la région de Gossi, à proximité de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. « Des éléments d’un groupe armé terroriste ont été détectés par un drone Reaper tôt dans la matinée, dans la forêt de N’Daki. Une patrouille de deux hélicoptères d’attaque a été rapidement engagée pour les neutraliser. »

Un groupe de commandos a ensuite été déployé au sol. Il « a été pris à partie à courte distance par d’autres éléments du groupe armé terroriste. Au cours de cette action, le caporal-chef Maxime Blasco a été touché par un tireur embusqué. » Il a rapidement succombé à ses blessures, selon le communiqué de l’armée.

Des hommages officiels

L’armée a tenu à rendre un hommage très appuyé au caporal-chef Blasco. En 2019, il avait sauvé la vie à deux de ses camarades après le crash de leur hélicoptère Gazelle. Grièvement blessé, notamment avec de multiples fractures vertébrales, il avait réussi à les extraire sur une cinquantaine de mètres avant de les installer « de façon un peu artisanale sur les patins » d’un hélicoptère Tigre pour les extraire de la zone de combat, a rappelé lors d’un point presse le Colonel Pascal Ianni, porte-parole des armées françaises. Un acte de bravoure remarquable.

« Il était titulaire de quatre citations et en était à son quatrième engagement dans Barkhane en trois ans. C’était quelqu’un qui avait un parcours opérationnel exceptionnel. »

La ministre des armées, Florence Parly, s’est pour sa part inclinée « avec un profond respect devant la mémoire de ce chasseur alpin aguerri », dans un communiqué. « Soldat d’élite au parcours admirable, il a été décoré à trois reprises de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze (…). Il a reçu la croix de la Valeur militaire avec étoile de vermeil. »

L’armée de terre a aussi rendu hommage, sur Twitter, a un soldat qui « s’était illustré de nombreuses fois pour ses actions héroïques en opération dès 2017 au Mali en tant que tireur d’élite durant l’assaut d’une cache terroriste puis lors de l’infiltration d’une base de fabrication d’IED ».

Cinquante-deux soldats français tués depuis 2013

Sa mort porte à 52 le nombre de soldats français tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations antidjihadistes « Serval » puis « Barkhane ».

Le 2 janvier, deux soldats, dont une femme, tous deux du 2e régiment de hussards de Haguenau (Bas-Rhin), avaient été tués dans leur véhicule blindé léger par un « engin explosif improvisé », lors d’une mission de reconnaissance et de renseignement. Cinq jours auparavant, trois soldats du 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse (Meuse) avaient été victimes, eux aussi, d’une bombe artisanale.

Ces deux attaques mortelles avaient été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida.

Une réorganisation au Sahel

Sur décision d’Emmanuel Macron, la France a entrepris de réorganiser son dispositif militaire au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) et en réduisant le nombre de troupes dans la région d’ici 2023, à 2 500 – 3 000 hommes contre plus de 5 000 aujourd’hui. Un défi logistique qui exige une coordination étroite avec Bamako.

Mais cette réorganisation intervient précisément dans un contexte tendu entre Paris et la junte malienne, qui envisage de conclure un contrat avec la sulfureuse société paramilitaire russe Wagner, décrite comme proche du pouvoir russe. Un déploiement de ces mercenaires serait « incompatible » avec le maintien au Mali des troupes françaises, a averti le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

Parallèlement, l’exécutif français a engagé un important crédit politique pour convaincre plusieurs pays européens de s’engager au Mali au côté de la France. Un départ précipité des forces internationales rappellerait inévitablement le chaotique retrait américain d’Afghanistan et sonnerait comme un aveu d’échec, au moment où la France se prépare à voter l’an prochain pour choisir son futur président.

Le Monde avec AFP

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