Tribune/Sémiologie des messages iconiques et imagés : Pour en comprendre retournez à l’école de nos aïeux

Ceci est une tribune d’un lecteur

Un soulèvement populaire inachevé et détourné. Nous sommes à une étape d’un parcours (que nous n’avons même pas fini de parcourir) alors qu’elle se voudra à coup sûr très long.

La jeunesse révoltée qui n’avait pas prévu toutes les éventualités en s’insurgeant contre la dynastie Compaoré croyait la tuer lorsqu’elle se découpait en morceaux. Pourtant ces types de dynasties sont comme des rhizomes dans une bananeraie. Vous avez beau couper, elles vont repousser. C’est pourquoi la mouvance présidentielle est composée de beaucoup de partis politiques qui poussent chaque jour tels des champignons avec le même régime donc le même goût. Voilà comment l’étape 1 n’est pas achevée.

La vieillesse politique était tapie dans le noir avec un esprit chafouin, d’instrumentalisation et récupérateur. Aucun d’eux pratiquement ne s’est affiché pour faire barrage aux hordes Compaoriennes. Ce sont des jeunes qui se sont levés puis qui sont tombés. Et des vieux qui étaient cloués, assis ou couchés se sont relevés. C’est pourquoi cette jeunesse n’est pas révolutionnaire, mais révoltée. Il est si aisé de manipuler un jeune révolté qu’un jeune  révolutionnaire. Voilà comment l’étape 1 n’est pas parachevée.

Et cet inachèvement n’est pas sur le point de s’arrêter. Les jeunes intellectuels ne font que se laminer. Ils sont mêmes plus divisés que dans les rangs des vieux politiciens. Lisez les uppercuts des uns envers les autres sur le cyberespace. C’est à croire que si ces gens venaient à se retrouver à l’hémicycle où dans un espace réel pour un débat sur la situation de la nation, on n’aura pas assisté à une séance de pugilats. Se vilipender, dénigrer, mettre le cul de l’autre dehors, montrer que c’est « lui », voilà ce que cette jeunesse sait faire de mieux.

Elle, la jeunesse, reproche aux vieilles classes politiques (opposition et parti au pouvoir et à la mouvance présidentielle) de ne pas être capables de mettre leurs égos, leurs intérêts partisans de côté ou ensemble pour regarder à l’avenir ou au devenir de la nation. L’opposition est surtout beaucoup plus dans le viseur de cette jeunesse. Candidat unique de l’opposition: c’est ce que cette jeunesse chante. Pendant ce temps, entre nous jeunes, c’est une guerre d’école.  Chacun veut se hisser en orbite. Chose qui n’est pas mauvais. Mais à ne pas vouloir sentir l’odeur de l’autre, malgré toute la magnanimité, la sagesse qui se dégagent de ses idées, c’est faire pire que le mal, plus que le malin dont la mission est de conduire l’humanité à sa perte.

«On ne fait pas théoriquement la promotion de ce que soi-même on n’en est un fervent pourfendeur dans la pratique. »

Regardez cette image prise dans un village et faite votre commentaire. Faites-vous une idée de ce que c’est que la solidarité, le travail d’équipe. Par définition, la solidarité a pour objectif de se défendre. Visiblement ici, on aperçoit, des enfants, des personnes âgées, des jeunes gens. Les vieilles personnes y sont pour ajuster, guider les jeunes gens à pouvoir chapeauter la case convenablement. Une fois le chapeau sur la case, ce sont les enfants moins lourds qui montent sur le toit, pour permettre aux jeunes de l’intérieur d’attacher solidement le toit aux bois qui sont un soutien posés sur la case.

Laissez monter un vieux et il fera une chute libre pour vertige.
Laissez monter un jeune et son poids va fragiliser les bois ou  enfoncer le toit.
Laissez les enfants seuls et ils vont jouer avec la paille fraîchement tissée et mal nouer celle-ci d’avec les bois.
C’est dire combien nous avons besoin vraisemblablement l’un de l’autre pour poser le toit, bien poser le toit sur la case commune.

Lébouré Crépin ZANZÉ,
Citoyen Burkinabè,
Expert en communication et sécurité.
S/G association pour la Tolérance Religieuse et le Dialogue Interreligieux (ATR/DI).
Adresse : 
E-mail: zanzecrpin@gmail.com
Cel: +226 78126046

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