Transparence budgétaire : Le Burkina Faso doit mieux faire

La gouvernance économique du Burkina Faso passée à la loupe. En effet le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a élaboré, en partenariat avec International budget partnership (IBP), un rapport sur la gouvernance économique du Pays des hommes intègres en 2018. Ledit rapport a été présenté, ce mercredi 20 mai 2020, au cours d’une conférence de pesse.

Le Burkina Faso doit mieux faire dans sa gestion économique. C’est la principale conclusion de l’étude effectuée par les experts du CDG et de l’IBP. Initié par International budget Partnership, le pluriel biannuel vise à jauger le niveau de transparence dans la gestion de l’économie nationale. Le travail de contrôle a concerné trois domaines : transparence budgétaire, la participation du public et le contrôle budgétaire.

31/100 pour la transparence budgétaire

Les critères de notation de la transparence budgétaire sont au nombre de huit. Ce sont le rapport préalable au budget, le projet de budget de l’exécutif, le budget approuvé, le budget des citoyens, les rapports en cours d’année, la revue de milieu d’année, le rapport de fin d’année et le rapport d’audit.

« On a administré des questionnaires à des gens qui ont répondu. Et on s’est basé sur ces réponses pour faire le travail », a expliqué Agnès Kaboré, chargée de l’enquête IBP-CGD. A l’issue de leur travail, les enquêteurs ont attribué la moyenne de 31/100 au Burkina Faso.

Si dans l’ensemble des critères, le Burkina Faso s’est bien comporté, il a par contre pêché dans la production de la revue à mi-parcours, du rapport de fin d’année qui a été réalisée en retard et le rapport d’audit. « Pour le rapport d’audit, on a trouvé qu’il ne répondait pas aux normes. Donc il n’a pas été pris en compte », a expliqué Mme Kaboré.

Participation publique : 00/100

L’enquête IBP-CGD exige des Etats l’implication des populations. « La transparence à elle seule ne suffit pas à améliorer la gouvernance. Une participation du public inclusive est essentielle pour obtenir les résultats positifs associés à une plus grande transparence budgétaire », explique-t-il.

Il s’agit d’évaluer les possibilités formelles offertes au public pour une participation significative aux différentes étapes du processus budgétaire. A l’issue des recherches, le Burkina a obtenu la note 00/100. Dans la sous-région, le Tchad, le Niger et le Sénégal ont également la même note. La République démocratique du Congo fait office de bon élève avec 31/100.

Le troisième et dernier aspect concerne le contrôle budgétaire. L’enquête examine le rôle de l’Assemblée nationale et des institutions supérieures de contrôle. Pour le cas du Burkina Faso, il s’agit de la Cour des comptes. Les enquêteurs estiment que les deux structures font un contrôle limité. Ce qui donne au Burkina la note de 43/100.

Pour améliorer la situation, les experts ont suggéré entre autres que des commissions parlementaires examinent le projet de budget de l’exécutif et publie les rapports de leurs analyses. Le Burkina participe à l’enquête depuis 2012. Sa meilleure note en transparence budgétaire est de 43/100 obtenue en 2015.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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