Télétravail et enseignement pendant COVID-19 : Oui, c’est possible !

Le Covid-19 est réel. Mais la vie ne s’arrête pas pour autant. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. En France par exemple, malgré le confinement, les entreprises ont mis en place le télétravail. C’est-à-dire que les employés travaillent à partir de leur domicile. Cette pratique peut-elle prospérer au Burkina en cas de confinement ? Certains sont sceptiques et pointent du doigt la qualité de la connectivité. Pas Ganamé Karim. Informaticien burkinabè installé au Canada, il est le promoteur de l’entreprise Streamscan. Voici ce qu’il en pense.

Depuis le déclenchement de la pandémie COVID-19 et les mesures de confinement mises en place, les populations du monde entier changent leurs habitudes et se réadaptent constamment pour faire face à la situation. Pour assurer la continuité des services, les employés de plusieurs entreprises et administrations publiques sont passés au télétravail. Plusieurs universités et écoles offrent graduellement leurs cours en ligne devant l’incertitude du retour à la normal à court terme. De très bons résultats sont obtenus dans plusieurs pays occidentaux.

Les pays les moins préparés, notamment les pays Africains ont choisi la solution la plus facile, c’est à dire la fermeture pure et simple des établissements d’enseignement et l’arrêt des cours. Mais est-ce la meilleure option alors que paradoxalement le développement du numérique est au cœur de toutes les stratégies africaines ? Voici un aperçu de quelques solutions qui pourraient être envisagées pour l’enseignement en ligne en Afrique pendant cette période confinement liés a la pandémie COVID-19.

Utilisation de solutions de vidéoconférence gratuites

Il existe des solutions de vidéoconférences/réunions en ligne telles que Zoom, WebEx, Teams de Microsoft, etc. Depuis quelques jours, elles sont offertes gratuitement dans le cadre de la riposte face à la pandémie. Vous pouvez donc utiliser leurs plateformes pour dispenser vos cours en ligne sans frais. Chaque enseignant ou établissement pourrait se créer un compte pour dispenser ses cours en ligne. Vous pouvez même enregistrer vos cours et les rendre disponibles à vous étudiants/élèves. Autres options : Skype, etc.

Les défis liés à la bande passe internet

Certains me diront que le débit internet est faible au Burkina et ne permet pas le télétravail ou l’enseignement en ligne. C’est une réalité certes mais tous les pays du monde (y compris les pays développés) font actuellement face à des défis liés au télétravail et a l’enseignement à distance. Par exemple, dans un élan de solidarité, plusieurs fournisseurs d’accès Internet au Canada ont supprimé la limitation de la bande passante Internet de leurs clients, pour faciliter le télétravail. Des opérateurs de téléphonie mobile ont aussi retiré les limites de données de leurs forfaits, ce qui permet à un grand nombre d’étudiants/élèves de suivre les cours à distance. Des offres similaires ont été faites par des opérateurs en Europe. D’autres offrent des forfaits abordables pendant une durée limitée.

De telles opérations pourraient surement être envisagées au Burkina, ce qui permettrait à un grand nombre d’étudiants/élèves de suivre les cours en ligne pendant cette période d’incertitude. Je n’ai aucun doute sur le sens de la responsabilité sociale de nos opérateurs télécoms pour apporter leur support afin de faire face la situation et permettre à la jeunesse Burkinabè de continuer à suivre leurs cours pendant cette période. Si les opérateurs Canadiens l’ont fait, nos opérateurs peuvent le faire aussi.

Télétravail

Pour les entreprises, dans une dynamique de télétravail, c’est le moment de contacter vos fournisseurs d’accès Internet (fournisseurs locaux ou opérateurs internationaux par satellite) pour discuter d’augmentation temporaire de votre bande passante. Il y’a de fortes chances que vous ayez un écho favorable, la pratique étant actuellement en vigueur chez plusieurs fournisseurs internationaux.

L’enseignement à distance n’est pas la seule solution

J’en conviens, une bonne partie de la population Burkinabè n’a pas accès à Internet et par conséquent l’enseignement en ligne ne saurait être la seule solution à envisager. Les périodes de grande incertitude sont celles qui stimulent le plus l’innovation et la créativité de l’humain.

Devant l’incertitude de la reprise a court terme, il est donc important de commencer à identifier des solutions :

• Cours par la radio
• Cours sur les chaines de télévision publiques
• Etc.

Il y’a une infinité de solutions. La créativité humaine n’a pas de limite.

Dr Karim Ganame

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