Soukuy (Mouhoun) : L’eau potable est rare, les latrines aussi

Accéder à l’eau potable dans certaines contrées du Burkina relève d’un parcours du combattant. A Soukuy, village situé à quelques kilomètres de la ville de Dédougou, chef-lieu de la province du Mouhoun, la population dispose d’un seul forage fonctionnel, vieux de 35 ans. Face à cette situation, les populations se tournent vers les puits.

Pour obtenir de l’eau potable à Soukuy, les femmes parcourent plus d’un kilomètre et passent une trentaine de minutes à attendre leur tour au forage. Le village dispose de deux forages, vieux de 35 ans, nous confie Nansinzouba Dakuyo.

Ces forages sont amortis et tombent régulièrement en panne. « Nous faisons des réparations chaque mois », a affirmé Marthe Dakuyo. Lorsque l’un des deux forages tombe en panne, chaque chef de famille contribue à hauteur de 1 000 francs CFA pour la réparation.

La pompe en panne sous le regard désperé du petit-frère du chef

L’un des forages, situé à quelques encablures de la cour royale, est tombé en panne depuis des mois. Malgré les réparations, le forage n’est plus pleinement fonctionnel. Il faut pomper pendant plus de 20 minutes avant que le liquide précieux ne commence à couler. Le village se retrouve donc avec un seul forage.

Cette situation oblige les femmes à s’orienter vers les puits. Ainsi, dans ce gros village, l’eau des puits est beaucoup utilisée par la population à cause de son accès facile. En plus de la consommation, les femmes utilisent cette même eau pour faire du maraîchage. La pratique de cette activité autour des puits a créé des cas de maladies dans le village.

Lorqu’on pompe il est difficile de recuperer l’eau dans un récipient

Au-delà des conditions d’accès à l’eau potable, les latrines se font rares à Soukuy. « Individuellement, les habitants ne disposent pas de latrines et ils continuent, pour la grande majorité, à faire leurs besoins dans la nature », a confié Nanzinsouba Dakuyo.

Les habitants disent être conscients que faire ses besoins à l’air libre constitue un grand danger car avec les vents, les déchets sont le plus souvent transportés dans les puits. Face à ce problème d’assainissement, certains sont hésitants à construire des latrines dans leurs cours et d’autres se demandent comment ils feront quand ces latrines seront pleines.

La panne de la pompe

A Soukuy, la population espère voir les premiers responsables du pays honorer leurs promesses en matière d’amélioration de leurs conditions de vie, c’est-à-dire leur permettre de consommer de l’eau potable. Les populations invitent donc les autorités à respecter leur parole donnée aux vieux du village.

Issoufou Ouédraogo
Lefaso.net

Related posts

Leave a Comment