SOS : mon enfant passe bientôt un exam !

Votre fils ou votre fille prépare le brevet, le bac ou un examen universitaire ? À quelques semaines du jour J, la pression monte pour lui… et pour vous. Découvrez comment l’aider à s’organiser et à se détendre. De quoi mettre toutes les chances de son côté.

Un enfant qui passe un examen, c’est toute une famille qui se met en tension ! Plutôt que de lui montrer votre inquiétude, de lui répéter qu’il devrait réviser davantage et que l’échéance arrive à grand pas, vous pouvez l’accompagner afin qu’ il réussisse cette épreuve. Isabelle Sandillon, coach scolaire et auteur d’Au secours ! Mon ado ne veut pas travailler (Eyrolles) et Stéphanie Couturier, sophrologue spécialiste des enfants et des adolescents, auteur de Cabinet des émotions : aider votre ado à communiquer en famille (Marabout) nous livrent leurs solutions efficaces et faciles à mettre en oeuvre. Comme un coach sportif avec un champion, vous avez un rôle de première importance à jouer !

BONNES CONDITIONS DE TRAVAIL

Pour que votre enfant puisse réviser dans un environnement propice, commencez par faire ensemble un tri en profondeur dans sa chambre. « Une pièce rangée et un bureau aéré permettent de travailler plus efficacement, rappelle Stéphanie Couturier. Pensez également à renouveler ses fournitures scolaires : papeterie, stylos… Enfin, n’oubliez pas de bannir les écrans de la pièce de travail ! » L’enfant doit pouvoir classer ses cours, pour vérifier qu’il ne manque rien et y voir plus clair. « Ce tri prépare le terrain tout en lui évitant d’être débordé émot ionnel lement », ajoute la sophrologue. « Veillez à ce qu’il n’y ait pas de bruits parasites qui pourraient gêner sa concentration, indique Isabelle Sandillon. Il doit travailler dans le calme, sans être perturbé par la télé du salon ou le petit frère qui joue à côté. »

UN PLANNING PRÉCIS DE RÉVISIONS

Afin de bien anticiper, il est important de réaliser un rétroplanning des révisions et commencer un travail régulier. « En fonction du temps qu’il reste, l’enfant doit organiser sa charge de travail, sans trop alourdir cet emploi du temps pour qu’il soit tenable, conseille Stéphanie Couturier. Il faut que le travail soit de plus en plus intense au fil de semaines, et avec un rythme vraiment soutenu le dernier mois. » Idéalement, c’est au jeune de décider de ses moments consacrés à son travail, parce qu’il est le mieux placé pour trouver le meilleur créneau et que cela l’implique dans l’organisation. « L’idéal est d’établir un emploi du temps avec des couleurs différentes pour ses heures de cours, ses activités extrascolaires, et ses temps de révisions, recommande Isabelle Sandillon. Un document à afficher dans sa chambre et sur le réfrigérateur. » Pour lui laisser des moments « off », le vendredi soir et un jour du week-end peuvent rester libres, sauf à un mois de l’examen.

STRATÉGIE EN CAS DE DIFFICULTÉ

Même si l’enfant a de grosses lacunes, il est toujours possible d’y remédier (en partie), à quelques semaines du jour J. « Il ne faut pas se voiler la face mais regarder objectivement les problèmes, en jetant un oeil aux dernières notes, aux précédentes évaluations, en discutant avec les professeurs et surtout avec l’enfant, indique Isabelle Sandillon. L’idée est de voir les difficultés puis de mettre en place une stratégie pour les surmonter. » Si l’élève est perdu en mathématiques, deux heures de cours particuliers chaque semaine l’aideront. Tout comme des exercices consacrés au passé composé, s’il a du mal avec cette notion. « Cela lui permettra de se remettre à niveau et de reprendre confiance, assure Isabelle Sandillon. Une fois cette difficulté dépassée, il surmontera les suivantes plus aisément. » « Plutôt que d’imposer, il faut réfléchir avec l’enfant aux solutions possibles, en lui demandant ce qui pourrait l’aider, suggère Stéphanie Couturier. En l’impliquant, il adhérera davantage au projet. » Il ne peut pas tout faire seul : il est important de prévoir des séances de travail avec un adulte, un parent, un grand frère ou un prof particulier pour dénouer les problèmes. Cela peut lui permettre de dépasser ses difficultés, de s’entraîner à l’oral, de l’aider à réciter ses notions… Autres pistes, s’entraîner avec des camarades et chercher des exercices, des quiz, des évaluations sur des sites spécialisés comme kartable.fr ou pass-education.fr.

UN EXAMEN À BIEN COMPRENDRE

Pour que l’enfant se projette dans l’épreuve, il doit savoir précisément ce que l’on attend de lui et de quoi est constitué l’examen. Combien d’épreuves l’attendent ? De quoi seront-elles constituées ? Quelles sont les dates ? Quel est le coefficient de chaque matière ? Quel est le poids du contrôle continu ? « Autant d’éléments qui lui permettront de bien comprendre ce qu’est l’examen, mais aussi de réaliser quelles sont les matières à travailler, celles dans lesquelles il est à l’aise… », affirme Isabelle Sandillon, « pour garder le cap, il peut les inscrire sur une feuille de papier et l’accrocher au-dessus de son bureau. Plutôt que de se faire une montagne du bac ou du brevet, il saura ainsi parfaitement ce qu’on attend de lui pour chaque épreuve et les connaissances à acquérir. » Il est également essentiel de se projeter sur le déroulé des épreuves orales : combien de professeurs seront présents, combien de temps pourra-t-il préparer sa présentation… De quoi désacraliser l’examen. « Comme pour une équipe de football qui prépare compétition, il faut se projeter dans les lieux, voir ses points forts et ceux à travailler et mettre en place des tactiques gagnantes », explique la coach scolaire.

DISCIPLINE ET MOTIVATION

Une fois le planning établi, l’enfant doit le suivre. Pour bien enregistrer les différentes notions et synthétiser les cours, faire des « fiches » peut être utile. S’il manque de motivation, rappelez-lui que plus il travaille et plus son attention et ses capacités de mémorisation seront « musclées ». Et félicitez-le pour le chemin déjà parcouru ! « Il faut bien lui rappeler qu’une séance de travail est acquise pour la suite, c’est un pas de plus vers la réussite », préconise Stéphanie Couturier. Il peut également visualiser un événement agréable qui arrivera après l’examen, comme une fête avec ses copains ou des vacances au soleil, et activer ses cinq sens : quels seront les bruits ? Les images ? Les odeurs ? » Un bon moyen de s’accrocher à un but sympa et de mettre du positif dans un avenir proche. Si le jeune traîne vraiment des pieds pour se mettre au travail, réfléchissez avec lui à son projet d’avenir : quelles études ou quel métier vise-t-il ? « Avoir un but concret, comprendre à quoi cet examen va déboucher est un vrai moteur et le responsabilise, indique Stéphanie Couturier. Il réalisera qu’il le passe pour lui, pour son futur, et pas pour vous faire plaisir. »

UN RYTHME À TENIR

Pour supporter ces révisions intenses, mieux vaut bien dormir, manger équilibré et faire régulièrement des pauses de cinq à dix minutes. « En cas de fatigue ou de baisse d’attention, le jeune doit aller boire un verre d’eau, se dégourdir un peu les jambes, préconise Stéphanie Couturier. Il reviendra plus concentré et pourra se remobiliser. » Pour rester en forme, évacuer le stress et couper des révisions, il est important de continuer le sport : VTT, course, natation… Mais aussi les sorties, dans la limite du raisonnable, c’est-à-dire n’impliquant pas un coucher trop tardif. Autre piste pour se détendre, le stretching. « Il existe de nombreuses applications sur smartphone, très bien faites, pour faire des séances de 10 minutes vraiment bénéfiques, assure la sophrologue. Je recommande également avant chaque séance de travail, de s’installer de façon consciente sur sa chaise : sentir le contact des pieds dans le sol, bouger les fesses au début puis au fond de l’assise, puis d’inspirer à fond, en bloquant son souffle puis en expirant totalement, trois fois de suite, les yeux fermés. Cela booste l’attention et la concentration ! » Les plus anxieux peuvent suivre des exercices de cohérence cardiaque, pour apaiser les battements du coeur et réduire le stress. L’important étant de l’aider à garder confiance en soi…

DES PARENTS BIENVEILLANTS ET IMPLIQUÉS

Si vous êtes stressée, la meilleure des attitudes est de vous impliquer ! « Il est important que les parents s’intéressent, suivent, encouragent leur enfant mais n’ajoutent pas de pression supplémentaire, explique Isabelle Sandillon. Ils doivent garder une attitude positive et bienveillante, ne pas l’accabler et établir une sorte de marché. Si le jeune respecte ses engagements, il faut lui laisser des temps de liberté, lui faire confiance et ne pas être toujours sur son dos. » De quoi le responsabiliser et lui apprendre à être autonome pour la suite…

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