Situation nationale : L’Unité d’action syndicale dénonce les « dérives antidémocratiques » du gouvernement

L’Unité d’action syndicale (UAS) a animé, ce lundi 8 juillet 2019 à la Bourse du travail de Ouagadougou, un point de presse pour se prononcer sur un certain nombre de préoccupations en lien avec la situation actuelle du Burkina. L’UAS dit constater une remise en cause progressive, continue et flagrante, par le régime en place, des libertés démocratiques et syndicales. Les conférenciers en veulent pour preuves les lois votées « pour brimer les travailleurs. »

L’Unité d’action syndicale (UAS) est montée au créneau, ce lundi 8 juillet 2019 à la Bourse du travail de Ouagadougou, pour donner sa lecture de la situation nationale et prendre à témoin l’opinion sur certaines préoccupations. Pour l’UAS, l’observation faite depuis un certain temps fait ressortir un recul progressif des libertés démocratiques et syndicales au Burkina.

Pour justifier leur assertion, les conférenciers ont cité les multiples manœuvres du gouvernement pour entraver et disloquer plusieurs structures syndicales. « Il y a entre autres les tentatives par deux fois d’adopter une loi antigrève, les attaques répétées contre le mouvement syndical et les travailleurs accompagnées de tentatives de les opposer entre eux », accusent les syndicats.

L’UAS a également dénoncé la révision du code pénal par l’Assemblée nationale, criminalisant l’insurrection (alors que le pouvoir, tout comme l’Assemblée nationale actuelle, doit son avènement à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre) et intégrant de nouvelles dispositions visant à museler la presse et à entraver la liberté d’expression. Pour ce qui concerne la nouvelle disposition du code pénal, l’UAS, à travers son porte-parole Bassolma Bazié, exige son retrait pur et simplement et espère qu’avec cette auto-saisine du dossier par le Conseil constitutionnel, la justice va ordonner la relecture de cette loi « absolument liberticide. »

Basolma Bazie porte-parole de l’UAS

Les responsables de l’UAS n’ont pas manqué de souligner l’incapacité du régime actuel à faire face à la recrudescence des attaques terroristes avec, comme conséquences, des centaines de morts et des déplacements massifs de populations. Pour l’UAS, cette incapacité s’est traduite également au niveau de la lutte syndicale. Elle a cité les actions du gouvernement pour liquider le nouveau syndicat de la police, l’Alliance police nationale (APN).

Pour l’UAS, il est inadmissible que le gouvernement garde le silence sur l’assassinat, dans des conditions assez troubles, le 31 mai 2019, des militants Fahadou Cissé et Hama Balima de l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) dans la province du Yagha, alors qu’ils se rendaient à une rencontre avec le haut-commissaire de la province.


Les journalistes lors de ce point de presse

Sur cette affaire, Bassolma Bazié a estimé que « hormis les démarches engagées par l’ODJ pour élucider ces crimes, on observe que les autorités, aussi bien nationales que provinciales, se sont jusque-là dégagées de toutes les charges à la réalisation des autopsies sur le corps des victimes. »

À travers cette sortie, l’UAS veut amener le gouvernement à revoir sa copie sur la gestion du pays, au regard de la situation critique que traverse le Burkina. Pour les conférenciers, l’histoire du Burkina a montré que le mouvement syndical s’est toujours illustré dans la défense ferme des libertés. L’UAS a par ailleurs dit sa disponibilité à reprendre les négociations avec le gouvernement.

Cette rencontre a permis à l’UAS d’indiquer clairement à l’opinion toute sa détermination à intensifier les mouvements de lutte dans les jours à venir, pour que des accords puissent être trouvés avec le gouvernement. Dans ce sens, elle va adresser une lettre circulaire à ses structures de base pour les appeler à se mobiliser pour défendre les libertés démocratiques et syndicales. Elle exige également que la lumière soit faite sur les assassinats des deux militants de l’ODJ.
Lefaso.net

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