Situation nationale : « Le comble de l’horreur », selon le sociologue Daniel Tiemtoré

Tel dans le scénario d’un film d’horreur, les réalisateurs ont décidé vaille que vaille de faire échouer le président Roch Kaboré, même si tous les Burkinabè devraient être assassinés. Et si ce n’était que cela leur dessein funeste ! Hélas, ils en rajoutent un second : faire payer à notre peuple son impertinence d’avoir mené une insurrection. Et la cerise sur le gâteau, faire regretter leur Dieu, Blaise Compaoré.

Peuple du Burkina Faso, cet abominable crime perpétré contre un convoi de la société minière Semafo, ôtant ainsi la vie à plus d’une quarantaine de civils, et faisant plusieurs blessés, procède d’une stratégie savamment conçue de déstabilisation de notre pays. Ce n’est ni le président Roch, ni son gouvernement qui sont attaqués ; c’est le peuple qui est visé ! Quoi de surprenant ? Quand on a alimenté la guerre au Libéria, en Sierra Leone avec des scènes de crimes humainement insupportables pour la conscience humaine, quelles autres cruautés sommes-nous encore incapables de commettre ? Mais, tout a une fin !

Drôle de coïncidence, la série des attentats intervient moins d’une semaine après la célébration des cinq années de l’insurrection. Ceux qui avaient fait de notre peuple leur esclave n’admettent toujours pas que ce peuple ait recouvré la liberté. L’admettront-ils un jour ? Notre situation, à bien y regarder, me rappelle cette guerre qui a opposé le Nord et le Sud des Etats-Unis autour de l’abolition de l’esclavage. Plus de 600 000 Américains perdirent la vie face à l’obstination du Sud de continuer l’esclavage. De cette guerre, je retiendrai cette célèbre phrase prononcée par le président Abraham Lincoln : « Une nation divisée court toujours à sa perte, inéluctablement ». Cette phrase nous interpelle tous parce que confirmée au fil du déroulement de l’histoire des nations.

Ceux qui attaquent le peuple burkinabè et notre nation sont jaloux de cette société de liberté et de démocratie qui se matérialisent de jour en jour avec ses limites objectives liées au fait que tout processus, avant d’arriver à maturation, exige du temps. Et nous y sommes très bien engagés.

Ils croient aussi fragiliser le président Roch. Mais le grand peuple du Burkina, meurtri dans sa chair, n’est pas dupe. Tout semble indiquer que leur programme c’est « Tout sauf Roch (TSR) » pour diriger le Burkina. Pourquoi tant d’acharnement ?

Pour se comprendre et engager un processus de réconciliation franc et sincère, les différents acteurs doivent faire preuve d’humilité et de sens élevé de responsabilité. Ainsi, on ne peut pas rester dans un exil doré, après avoir vécu grassement sous l’ère Compaoré, et affirmer péremptoirement qu’il faisait bon vivre sous l’ère Compaoré. Quand on a été un petit commissionnaire chargé de sales besognes dans la guerre ivoirienne, on ne peut pas dire autre chose. De grâce, c’est une injure faite à ces centaines de familles qui ont perdu des proches sous Compaoré sans jamais avoir eu la chance de connaître où ils ont été enterrés. Le slogan était à l’époque « On te fait et puis y a rien ! » Demandez à ces nombreux morts innocents s’il faisait bon vivre !

La justice divine transcende celle des humains. Jamais de l’histoire de l’humanité, la mort de gens innocents n’est restée impunie. Le président Roch, ayant hérité d’un Etat destructuré, s’investit pour garantir la sécurité à ses concitoyens. Peut-être et certainement qu’il existe des erreurs tactiques dans la mise en œuvre. Il faudra les corriger très sérieusement, et assez rapidement pour avoir un meilleur contrôle de la situation.

Et si la réconciliation devrait être le prix pour gagner la paix, monsieur le président, n’hésitez pas ! Cette guerre bête et injuste qu’on nous impose, on finira par la gagner parce que jamais le mal n’a triomphé du bien. Mais à quel prix ?

Dieu sauve le Burkina Faso !

lefaso.net

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