Situation nationale : Christophe Dabiré attendu à l’assemblée nationale ce jeudi

Conformément aux exigences de la Constitution, le Premier ministre, Christophe Dabiré, prononcera son discours sur la situation de la Nation, ce jeudi 16 mai 2019, à 10h, à l’hémicycle. Nommé le 21 janvier 2019, en remplacement de Paul Kaba Thiéba, l’économiste Christophe Dabiré avait versé des larmes, alors qu’il prononçait son discours de politique générale, le 18 février dernier devant la représentation nationale. Des larmes diversement commentées et interprétées en son temps par les Burkinabè. Qu’en sera-t-il ce jeudi ?

Le 6 mars 2019, les députés de la 7ème législature du Burkina Faso avaient repris le chemin de l’hémicycle à la faveur de la première session ordinaire de l’année, dite session des lois.

Selon les dispositions de la Constitution, c’est au cours de cette session que le Premier ministre, Christophe Dabiré, expose devant la représentation nationale, la situation de la nation. « Le Premier ministre expose directement aux députés la situation de la Nation lors de l’ouverture de la première session de l’Assemblée nationale (…) », stipule l’article 109 de la Loi fondamentale.

Ce discours est donc un exercice constitutionnel, qui fait appel au Chef du gouvernement burkinabè à s’inscrire dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale, prérogative dévolue au parlement.

Cet exercice intervient, cette fois-ci, dans un contexte socio-politique national particulier, marqué par une crise sécuritaire émaillée de violences ethniques et de destructions d’édifices confessionnels. Sans parler de la fronde sociale qui secoue plusieurs institutions étatiques, mettant à mal le bon fonctionnement des administrations publiques.

A cela, vient s’ajouter la question de l’employabilité des jeunes et l’émancipation politique des femmes. Alors que les échéances électorales présidentielles et législatives se profilent à l’horizon, les crispations se manifestent avec des partis politiques de l’opposition qui dénoncent un nouveau code électoral « taillé sur mesure ».

Au nombre des difficultés, il faut citer aussi la question de la réconciliation nationale, le retour des exilés politiques et la justice qui continuent de diviser l’opinion nationale. Mais aussi, la crise humanitaire dans les zones touchées par le terrorisme.

Christophe Dabiré qui avait versé des larmes, alors qu’il prononçait son discours de Politique générale, le 18 février dernier devant la représentation nationale, avait semblé prendre toute la mesure la solution de ces graves problèmes. Ces larmes lui avaient valu l’onction du parlement et l’émotion de toute la nation. Mais, force est de constater que l’épée qui sabrait l’intégrité du territoire hier avant son arrivée, n’est toujours pas rentrée dans son fourreau, alors qu’il est aux commandes du gouvernement.

Bien sûr, il a eu le mérite d’avoir à son actif, un certain nombre de victoires dans la bataille de son gouvernent contre les terroristes ; avec l’opération « OTAPOANU », plusieurs bases terroristes ont été détruites dans l’Est du pays, permettant une sécurité relative. Ce discours interviendra aussi au moment où l’opération « NDOFOU » contre les positions terroristes dans les régions du Nord, du Centre-nord et du Sahel vient d’être lancée.

C’est dire que le premier ministre est très attendu par les élus nationaux, le discours étant suivi de débats. Ce discours n’est pas assorti de vote des députés. Après cinq mois à la tête du gouvernement, Christophe Dabiré rencontrera donc les parlementaires pour la seconde fois.

Reste à savoir si Christophe Dabiré sortira cette fois-ci de cet exercice avec le même capital de confiance que lors de son premier passage.

Lefaso.net

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