Simon Compaoré à propos du front social : « Ou on veut mourir ensemble ou on veut vivre ensemble »

La question sécuritaire, le front social et le dialogue politique ont été les principaux sujets au menu du petit déjeuner de presse du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), ce lundi, 10 juin 2019 à Ouagadougou. La rencontre a été animée par le premier responsable du parti, Simon Compaoré.

Sur le point relatif au contexte sécuritaire, l’ancien ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, salue d’abord la réaction (condamnations) de l’ensemble de la classe politique (majorité et opposition), des autorités coutumières et religieuses ainsi que l’ensemble des couches sociales face aux attaques terroristes.

Occasion ensuite pour exhorter les Burkinabè à resserrer les rangs autour des Forces de défense et de sécurité (à qui, il a rendu un hommage) et à se départir des attitudes tendant à démoraliser celles-ci dans le rude combat engagé sur le terrain. C’est dans cet esprit que l’ancien patron de la sécurité est, en réaction à une question, revenu sur la conférence de presse de l’Alliance police nationale (APN), tenue le 31 mai 2019, au cours de laquelle, les conférenciers ont braqué les projecteurs sur les conditions matérielles de travail.

Simon Compaoré déplore les propos du secrétaire général adjoint de l’APN, Ousmane Ouédraogo, principal orateur de ladite sortie médiatique. Pour lui, le principe de réserve professionnelle devrait prévaloir (sur certains aspects) dans ce contexte de lutte contre le phénomène terroriste.

‘’Si j’étais responsable de sécurité, j’allais interpeller cet agent et lui dire deux choses. Il y a aussi, au niveau des Forces de sécurité, ce qu’on appelle la réserve ’’, argue-t-il en substance, en réponse à la question d’un confrère qui a repris les propos du secrétaire général adjoint du syndicat. Simon Compaoré avoue donc ne pas comprendre que celui-ci, « s’amuse à ce jeu-là ». C’est pourquoi, pense-t-il qu’il devait être interpellé et sanctionné. « Ce n’est pas de cette façon qu’il faut résoudre ces questions. C’est de l’indiscipline », insiste celui qui fut également ministre d’Etat auprès de la présidence du Faso, pour qui, des efforts ont été faits par le gouvernement dans l’équipement des Forces et doivent être poursuivis.

Au titre du front social, le président par intérim du MPP remet au goût du jour, l’appel à la trêve du président du Faso. Simon Compaoré souhaite à cet effet que la raison l’emporte sur la passion. « La trêve sociale, notre survie en dépend », jauge le principal intervenant à cette rencontre de presse, appelant à faire en sorte à ne pas franchir le Rubicond.

« Nous devons savoir raison garder. Regardez ce qui se passe ; des syndicats qui se réunissent, on essaie de régler, il y a d’autres qui sortent pour créer d’autres syndicats. Si on continue ainsi, même le budget actuel de l’Etat ne suffirait pas à donner satisfaction à tous ceux qui existent et à tous ceux qui sont en train de naître. Est-ce que c’est notre mission de laisser filer la situation comme cela ? Je dis non », expose M. Compaoré avant de souligner que la trêve sociale est donc une nécessité.

« Ou on veut mourir ensemble, ou on veut vivre ensemble », brandit-il avant de noter que la tendance actuelle, « qui est de continuer à affaiblir » les positions financières de l’Etat, conduit à ce que les Anglais appellent le « blocking house » (littéralement, bloquer la maison commune).

« Les uns mangent, les autres regardent, ainsi naissent les révolutions »

L’ancien maire de la commune de Ouagadougou rappelle que la mission du gouvernement, c’est de faire le développement sur la base de principes de justice, d’équité et de transparence. « Les fonctionnaires sont combien ? Les paysans sont combien ? Les éleveurs sont combien ? Les commerçants sont combien ? Les élèves et les étudiants ? Les personnes vivant avec un handicap, les personnes vulnérables … », s’interroge-t-il avant de trancher : « ils sont légion ». C’est pourquoi pense-t-il donc que le « partage du gâteau » ne doit pas se réduire à un partage entre une minorité et la majorité qui regarde. « Rappelez-vous ce fameux slogan : les uns mangent, les autres regardent, ainsi naissent les révolutions », lance le président par intérim du parti au pouvoir, paraphrasant ainsi Thomas Sankara.

En ce qui concerne le dialogue politique, le conférencier est revenu sur ses contours, en révélant surtout son bien-fondé. « L’initiative du dialogue politique voulu par le président du Faso, nous l’avons partagée avec nos amis de l’APMP (Alliance des formations et partis de la majorité présidentielle), nous n’avons pas de divergence sur la vision. Le président du Faso a rencontré tour à tour l’opposition, la majorité, a dit ce qu’’il souhaitait faire, à rediscuter avec les uns et les autres et on est arrivé à mettre en place un petit noyau, sous l’égide du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale pour préparer quelque chose qui va permettre au président de pouvoir convoquer ce dialogue politique ; parce qu’en dépit des difficultés que connaît aujourd’hui notre pays, en matières sécuritaire, économique, les institutions fonctionnent. Nous, nous estimons que dans ce dialogue politique, on doit s’en tenir à des aspects purement politiques, qui concernent uniquement, et principalement, les partis politiques ; parce qu’au niveau des élections, dans 90% des cas, ce sont les partis politiques qui sont intéressés par la question », justifie le premier responsable du MPP.

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