Sénégal : arrestation de 13 rebelles ayant « bravé une interdiction de réunion »

Treize rebelles indépendantistes de Casamance ont été arrêtés samedi dans cette région du sud du Sénégal pour avoir “bravé une interdiction de réunion publique”, a-t-on appris dimanche auprès d’une source proche du dossier.

Les 13 rebelles arrêtés sont membres de la faction de Salif Sadio, le chef militaire le plus radical du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui mène depuis 1982 une rébellion indépendantiste dans cette région du sud du Sénégal, isolée de la partie nord du pays par la Gambie.

“Ils sont présentement à Ziguinchor”, principale ville de Casamance, “pour les besoins de l’enquête”, a dit à l’AFP cette source proche du dossier. Ils ont été arrêtés samedi à Kagnobon, une localité proche de la Gambie, pays partiellement enclavé dans le Sénégal, puis acheminés à Ziguinchor.

Ces rebelles “ont bravé hier (samedi) une interdiction de réunion publique et ont insisté” pour la tenir malgré l’avis défavorable de “l’autorité administrative”.

Les autorités sénégalaises avaient interdit le 22 juin une réunion prévue par la faction de Salif Sadio à Diouloulou, en Casamance, après en avoir autorisé deux précédentes, selon la presse locale.

Accalmie en Casamance depuis plusieurs années

“Le dispositif de sécurité est permanent. Les gens qui se déplacent avec des armes sont considérés comme des rebelles et ça ne peut pas être accepté par l’Etat”, avait affirmé à l’AFP un responsable de la Direction des relations publiques des armées sénégalaises (Dirpa).

“Les négociations piétinent. L’Etat du Sénégal ne montre aucune volonté de respecter ses engagements”, avait déploré fin avril Salif Sadio, qui vit dans la clandestinité, depuis un village proche de la frontière gambienne.

Le conflit casamançais connaît depuis plusieurs années une accalmie, alors que les négociations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall en 2012.

Des négociations ont repris en octobre 2017 à Rome sous l‘égide de la communauté catholique de Sant’Egidio, médiatrice dans ce conflit.

La Casamance avait toutefois connu un regain de violences début 2018, à la suite du massacre de 14 hommes partis chercher du bois dans une forêt.

En 35 ans, le conflit a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l‘économie de cette région agricole et touristique, et poussé de nombreux habitants à fuir.

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