Sécurité au Burkina : « Aucune armée ne peut avoir un détachement dans chaque village », rappelle le ministre Barthélemy Simporé

Face à la presse ce jeudi 27 août 2021, le ministre délégué auprès du président du Faso chargé de la Défense nationale et des Anciens combattants, général Barthélemy Simporé, et le ministre de la Sécurité, Maxime Koné, sont revenus sur les sujets qui alimentent la situation sécuritaire.

L’armée burkinabè est accusée de ne pas être à la hauteur de la situation sécuritaire qui prévaut depuis 2015. Au cours de la conférence de presse conjointe de ce jeudi 27 août 2021, le ministre délégué auprès du président du Faso chargé de la Défense nationale et des Anciens combattants, général Barthélemy Simporé, s’est attardé sur la réactivité et la présence de ses hommes sur le front. « Comment est-ce que vous pensez qu’on peut avoir des détachements dans les 8000 villages que compte notre pays ? Aucune armée ne peut le faire parce que ce ne sera pas rationnel », a laissé entendre le ministre Barthélemy Simporé.

Pour lui, c’est l’occasion de mettre l’accent sur la combinaison avec les volontaires et les groupes d’autodéfense, donc la population de manière générale.

Le ministre délégué auprès du président du Faso chargé de la Défense nationale et des Anciens combattants, général Barthélemy Simporé.

« Une opportunité de construire un système de défense… »

Le général de brigade Barthélemy Simporé et son collègue de la Sécurité, Maxime Koné, ont annoncé la mise en œuvre prochaine de la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. « Nous allons renforcer un certain nombre d’éléments, de logistique, les conditions de vie et de travail des hommes. Je lance un appel à nos hommes, à nos troupes sur le terrain pour leur dire de maintenir très haut la flamme du patriotisme, de continuer à se battre parce que derrière, il y a un gouvernement qui est très soucieux et il y a une nation qui est en attente des résultats donc nous ne devons pas baisser la garde », a brandi Barthélemy Simporé.

Il a ajouté : « On dit que toute crise est une opportunité. Pour nous, c’est l’opportunité de construire un système de défense qui soit à la mesure des enjeux d’aujourd’hui et ceux de demain ».

Le ministre de la Sécurité, Maxime Koné.

Médiatisation des dons : pour ou contre ?

Dans la lutte contre le terrorisme, les partenaires du Burkina font souvent des dons en logistique. Un geste qui est généralement médiatisé. Au cours de la conférence de presse, un journaliste a demandé si cette manière de faire ne permet pas à l’ennemi d’avoir certaines informations des Forces de défense et de sécurité (FDS).
A cette question, le général Barthélemy Simporé a mis l’accent sur la transparence. « Lorsqu’un partenaire vous donne du matériel, il a besoin de visibilité. C’est pour permettre à ses contribuables de savoir que quelque chose a été fait », a-t-il justifié. Toutefois, il a tenu à apporter une clarification : « Il n’a rien de systématique. Tout se fait selon les circonstances du moment. Parfois, le don de matériels peut contribuer à dissuader. (…) Il y a toute une réflexion à faire dans le cadre de la médiatisation et je pense qu’on a des professionnels pour nous aider à réfléchir dans ce sens ».


 


Quant au ministre de la Sécurité, Maxime Koné, visiblement agacé par certaines réactions de la population, il se lâche : « Je suis dans une position où je ne comprends pas trop souvent. On communique, on dit qu’on communique trop. On ne communique pas, on dit qu’on ne dit rien. Je ne sais pas finalement quelle est la meilleure posture que nous devons avoir ».

Il faut noter que dans cette nouvelle stratégie nationale de lutte, les deux ministres ont indiqué qu’il y a une dimension communicationnelle qui va permettre de mieux faire comprendre la lutte et déconstruire les discours des terroristes.

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

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