Secteur minier burkinabè : 4 870 milliards de francs CFA de recettes d’exportation en quatre ans

Le secteur minier burkinabè est en pleine expansion. D’une production annuelle de deux tonnes jusqu’en 1990, la quantité de l’or qui sort du sous-sol burkinabè a été évalué à 58 tonnes en 2019. Les recettes directes au budget de l’Etat sont évaluées à 943,9 milliards de francs CFA durant les quatre dernières années, période de la mise en œuvre du Plan de développement économique et social (PNDES). Les recettes d’exportation ont atteint 4 870 milliards de francs CFA. Les chiffres ont été communiqués ce vendredi 4 septembre 2020 par le Ministre des mines et des carrières, Oumarou Idani, lors du lancement du Mois de la redevabilité du secteur minier. Durant ce mois, il est prévu des rencontres avec les acteurs du secteur et des visites de terrain à l’Ouest du Burkina Faso.

Le secteur des mines se porte bien au Burkina Faso. C’est peu de le dire. Au cours de l’atelier qui a servi de cadre de lancement du Mois de la redevabilité dans le secteur des mines, Oumarou Idani a livré quelques chiffres clés sur l’apport des minerais dans l’économie du Pays des Hommes intègres.

L’or et le zinc en pleine expansion…

En trois décennies d’exploitation, la quantité de l’or extrait a été multipliée à près de 26 fois. D’abord, secteur d’appoint et de recours pendant les périodes difficiles, avec une production annuelle de deux tonnes, l’or extrait a atteint une quantité inimaginable avec 58 tonnes en 2019.

Cependant, au cours de cette année, jusqu’au 30 juin 2020, le Burkina avait produit 26, 5 tonnes. Une production qui s’explique par la situation sécuritaire que vit le Burkina Faso. En quatre ans, 2016-2020, la production s’élève à plus de 214,3 tonnes.

La production du zinc connait également une hausse. Ainsi de 155 000 tonnes en 2016, la production du métal est passée à 190 000 tonnes en 2019 portant à 694 000 tonnes l’ensemble de la production durant ces quatre ans.

Vue des journalistes et des représentants de la société civile

Sur le plan financier, la bonne forme de l’or se fait également ressentir. Ainsi les recettes d’exportation sont passées de 974 milliards en 2016 à 1420 milliards en 2019 produisant un total cumulatif de 4 870 milliards en quatre ans.

Les recettes directes au budget de l’Etat ont également connu une augmentation. Ainsi de 190 milliards en 2016, elles étaient à 246 milliards en 2019 soit un cumul de 943,9 milliards pendant les quatre ans de la mise en œuvre du PNDES. Le niveau des investissements a connu une régression. Evalué à 197,3 milliards en 2016, il était à 83,4 milliards en 2019 et à 25,1 milliards à la date du 30 juin 2020.

Des reformes législatives et institutionnelles…

La mise en œuvre du PNDES a été accompagnée de réformes législatives et institutionnelles dans le secteur des mines qui ont permis de mieux organiser le secteur en vue d’atteindre ces résultats. Le Ministre Idani a voulu pour exemple l’adoption en 2017 de la loi portant organisation de la commercialisation de l’or, de celle relative à l’utilisation des substances explosives à usage civil adoptée en 2018 ainsi que le Code minier qui a reçu l’accord des députés en 2015. Ce sont plus de 40 textes régissant le secteur des mines qui ont été adoptés en quatre ans.

Dans le cadre des reformes institutionnelles, des directions et des secrétariats permanents ont vu le jour afin de mieux organiser le secteur des mines. Les reformes qui font la fierté du Ministre Oumarou Idani sont celles sur l’opérationnalisation du Fonds minier de développement local. D’un montant global de 51 milliards de francs CFA, ce fonds a été reparti en trois tranches aux communes et régions du Burkina Faso. Pour le Fonds de réhabilitation et de fermeture des mines, ce sont 40 milliards qui ont été collectés.

Oumarou Idani, ministre des Mines et des carrières

Le Fonds de financement de la recherche géologique et minière et soutien à la formation sur les sciences de la terre a été rendu opérationnel avec 19,5 milliards de francs CFA. Ce fonds a été reparti entre le BUMIGEB (65%), le Ministère des mines et des carrières (25%), le FONER (15%), les départements des universités publiques en charge de la formation dans le domaine des sciences de la terre (5%) et les autres structures publiques de formation (5%). « Le Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés est en cours d’opérationnalisation », a relevé le Ministre Idani.

Elaborer un Code pétrolier et débuter la recherche

Apparemment le sous-sol burkinabè n’a pas encore fini de dévoiler ses richesses. « Mon sable m’a dit que le Burkina a du pétrole dans son sous-sol », a lancé hilarant le Ministre Oumarou Idani à l’assistance. Pourtant, la recherche pétrolière fait partie des perspectives de son ministère. En effet, il ambitionne de doter le Burkina d’un Code pétrolier et de lancer la recherche du pétrole. Outre cela, il veut aussi relancer de plus belle le projet de Tambao, l’exploitation des carrières de calcaire à ciment de Tin Akoff, la réalisation de l’immeuble des mines et de la citée des minier et la réalisation de l’école des métiers de la mine.

Les échanges entre le Ministre des mines et des carrières, des représentants de la société civile et les journalistes ont eu lieu dans le cadre du Mois de la redevabilité dans le secteur minier. Durant ce mois, il est prévu des rencontres avec les populations, les acteurs du secteur et des visites de certains sites miniers.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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