Santé : Quatre syndicats annoncent une grève du 30 juin au 7 juillet

Quatre syndicats du secteur de la santé ont battu le pavé, de la bourse du travail au ministère de la Santé ce lundi 24 juin 2019 pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail, notamment l’application effective de la Fonction publique hospitalière. Une marche « d’avertissement » selon les manifestants du jour qui ont remis leur plateforme revendicative au secrétaire général du ministère de la Santé. D’ores et déjà, ils ont annoncé une grève du 30 juin au 7 juillet 2019.

Ils étaient nombreux à répondre à l’appel de leurs syndicats respectifs : le Syndicat des médecins du Burkina (SYMEB), le Syndicat des sages-femmes et maïeuticiens et accoucheuses du Burkina (SYSFMAB), le Syndicat autonome des infirmiers et infirmières du Burkina (SAIB) et le Syndicat des travailleurs de l’administration hospitalière et des services de santé (SYNTAHSS). De la Bourse du travail au ministère de la Santé, ils sont allés réclamer de meilleures conditions de vie et de travail et surtout l’application de la loi sur la Fonction publique hospitalière votée le 19 décembre 2017 et dont un accord sur les grilles indiciaires et indemnitaires a été signé entre le Premier ministre et les six syndicats du secteur de la santé le 31 janvier 2019.

A en croire Dr Alfred Ouédraogo, secrétaire général du SYMEB, le 22 avril 2019, quatre syndicats ont adressé une note d’interpellation au gouvernement sur la nécessité d’appliquer cette loi et l’accord signé dans le cadre de cette loi, sans obtenir gain de cause. S’en sont suivies une grève et une suspension des activités, toujours sans succès.

« Nous estimons que c’est un mépris grave doublé d’une sous-estimation de la crise du système de santé. En effet, actuellement depuis plus de deux semaines, le ministère de la Santé ne dispose d’aucune statistique pour prévenir les épidémies. Depuis plusieurs mois, il y a des pannes dans les laboratoires. Dans la plupart des structures de santé, il n’y a plus de films de radiologie, les réactifs sont en passe de finir. Nous sommes en train d’aller dans un déclin du système de santé. Et nous interpellons les autorités sanitaires à ne pas sous-estimer la crise sanitaire pour le bien-être des populations. », a martelé Dr Alfred Ouédraogo, secrétaire général du SYMEB.

C’est face donc au silence du gouvernement et en l’absence de réponses concrètes allant dans le sens de la prise en compte des préoccupations des travailleurs de la santé, que le SYMEB, le SAIB, le SYSFMAB et le SYNTAHSS ont décidé de battre le pavé pour faire entendre leurs voix.

Et c’est le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Wilfried Ouédraogo qui a reçu leur message qu’il a promis de transmettre à la ministre de la Santé. Il a par ailleurs tenu à rassurer les syndicats que l’ensemble de leurs revendications sont en cours de traitement par le gouvernement et qu’ils auront bientôt un retour d’informations.

« Nous sommes tous des acteurs du secteur de la santé et nous travaillons à ce qu’il y ait de meilleures conditions de travail pour l’ensemble du personnel, afin que l’on puisse offrir des soins de qualité aux populations. Donc, nous en tant que gouvernement, faisons en sorte que les moyens en termes d’équipements, d’intrants puissent être disponibles dans les structures et qu’ils rendent le service comme il se doit à la population. », a indiqué Dr Wilfried Ouédraogo.

Les syndicats pour leur part ont assuré que cette marche était un « message d’avertissement » au ministère de la Santé. En effet, outre la marche de ce lundi 24 juin 2019, les quatre syndicats appellent leurs militants à observer une grève sur toute l’étendue du territoire national du 30 juin au 7 juillet 2019. Et en cas d’insatisfaction, ils menacent de procéder à une suspension illimitée de certaines activités, notamment les consultations, les interventions chirurgicales et les actes paracliniques programmés, ainsi que les supervisions et les évaluations.

Lefaso.net

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