Santé : Les directeurs régionaux orientés sur l’équité dans la vaccination pour améliorer les taux de couverture

Ce mercredi 14 août 2019 s’est ouvert à Ouagadougou, un atelier d’orientation des directeurs régionaux de la santé sur l’analyse de l’équité en immunisation et le monitorage orienté vers l’équité. C’était en présence du secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Wilfried Ouédraogo, et de la représentante de l’UNICEF, Anne Vincent.

Selon Anne Vincent, représentante de l’UNICEF au Burkina Faso, dans le domaine de la santé, il y a équité « lorsque les interventions de santé mises en place visent l’ensemble de la population, c’est-à-dire tous les citoyens du pays, quels qu’ils soient, où qu’ils vivent et quoi qu’ils possèdent, en s’adaptant aux besoins spécifiques de chacun. » Ainsi, l’on pourrait dire du Programme élargi de vaccination (PEV) qu’il est une intervention équitable, car il s’adresse à tous les enfants selon le même protocole et de façon gratuite, réalisant des taux de couverture vaccinale pouvant atteindre 100% pour certains antigènes.

Pourtant, environ 16% des enfants de 12 à 23 mois ne sont pas complètement vaccinés selon le calendrier vaccinal du PEV, malgré la mobilisation de ressources importantes. Et même si le taux de couverture vaccinale sur le plan national est estimé à 90%, ce qui en fait l’un des meilleurs taux en Afrique de l’Ouest, il n’en demeure pas moins qu’il existe des disparités en fonction des régions. A titre illustratif, selon le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Wilfried Ouédraogo, tandis que dans la région du Centre, la couverture vaccinale en PENTA 3 est de 95%, elle est de 67,9% dans la région du Sahel.

Dr Wilfried Ouédraogo, SG ministère de la Santé

En outre, selon Anne Vincent, les districts sanitaires de Saponé, de Manga, de Gourcy, de Pouytenga et de Ziniaré ont des taux de couverture vaccinale inférieurs à 80% pour les 1re et 2e doses de rougeole pour les trois dernières années. En 2018, 22 districts sanitaires avaient une couverture vaccinale inférieure à 80% pour la 2e dose de rougeole. Conséquence, le Burkina Faso a connu des épidémies de rougeole dans 42 districts sanitaires pendant les quatre dernières années.

Face donc à cette situation et pour mieux comprendre les raisons des disparités de couverture vaccinale, identifier les différences évitables en matière de couverture vaccinale et pour proposer des stratégies d’élimination des disparités, c’est-à-dire pour atteindre l’équité dans l’offre de services de vaccination, le gouvernement, à travers le ministère de la Santé, et en partenariat avec l’UNICEF et GAVI, a décidé de faire, au cours de l’année 2019, une analyse de l’équité dans la dispensation des services de vaccination.

Anne Vincent, représentante de l’UNICEF

Cette analyse permettra, selon la représentante de l’UNICEF, d’identifier les populations et les communautés avec les plus faibles couvertures vaccinales dans le pays, d’identifier et de documenter, au niveau communautaire et des CSPS, les facteurs limitants et/ou contraintes associées à l’accès et à l’utilisation des services de vaccination. Elle permettra également d’analyser ces facteurs limitants et de proposer des solutions applicables dans le contexte du Burkina Faso et enfin de renforcer les capacités du personnel de santé dans l’élaboration de plans d’action pro-équité à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.

Outre l’analyse de l’équité en immunisation (vaccination), au cours de cet atelier, les directeurs régionaux de la santé se pencheront également sur le monitorage de routine orienté vers l’équité. « Le monitorage de routine orienté vers l’équité permettra la compréhension des causes profondes de l’inéquité dans la distribution des soins afin de prendre des mesures correctrices pour que tous les bénéficiaires aient accès aux soins de santé préventifs et curatifs », a indiqué Anne Vincent.

L’atelier d’orientation sur l’analyse de l’équité en immunisation et le monitorage de routine orienté vers l’équité destiné aux directeurs régionaux de la santé est une première étape qui leur permettra de comprendre la démarche. Puis à leur tour, ils seront des relais pour les médecins-chefs de district et les infirmiers chefs de poste qui seront chargés de faire l’analyse et de faire remonter les données recueillies qui serviront à corriger les disparités.

« Sachant que notre président est le champion africain de la vaccination, il faut qu’on trouve les moyens pour faire en sorte qu’on améliore les couvertures, bien que nous ayons déjà les meilleures couvertures en Afrique de l’Ouest. Il faut qu’on se maintienne et qu’on soit toujours leader dans ce domaine », a souligné Dr Ouédraogo.
Lefaso.net

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