Santé : Des leaders d’opinion outillés sur l’impact des interdits alimentaires sur la nutrition maternelle et infantile

Le ministère de la Santé en partenariat avec l’ONG Alive & Thrive a tenu un forum national des personnes ressources, des leaders coutumiers et religieux sur les interdits alimentaires et/ou idées reçues et leur impact dans la nutrition maternelle et infantile. C’était ce mardi 30 mars 2021 à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la Santé, Pr Charlemagne Ouédraogo, et a connu la présence du Larlé Naaba Tigré, champion national de la nutrition.

« Un enfant ne doit pas manger d’œuf, au risque de devenir voleur. » C’est l’un des interdits alimentaires les plus répandus. Pourtant comme le reconnait le ministre de la Santé, Pr Charlemagne Ouédraogo, le bénéfice nutritionnel de l’œuf n’est plus à démontrer. Comme cette idée reçue, ils sont nombreux, les interdits alimentaires qui jouent sur la nutrition maternelle et infantile.

Les leaders religieux et coutumiers appelés à s’engager pour de bonnes pratiques alimentaires

Selon les chiffres de l’enquête nationale nutritionnelle de 2020, ce sont 24,9% d’enfants qui souffrent de malnutrition chronique ou de retard de croissance et 8,1% de malnutrition aiguë. À en croire le ministre de la Santé, beaucoup de déterminants sont à l’origine de la malnutrition. À titre d’illustration, il relève les pesanteurs socio-culturelles qui entravent les pratiques optimales de l’allaitement maternel exclusif. « La situation que je viens de décrire nous interpelle à plus d’un titre sur la nécessité de renforcer l’approche communautaire de lutte contre la malnutrition à travers un plaidoyer et une communication plus accrue pour un changement social », a indiqué le ministre Ouédraogo.

Pr Charlemagne Ouédraogo, ministre de la Santé

Et c’est ce à quoi répond ce forum national qui se veut le lieu pour le ministère de la Santé, d’échanger avec les leaders d’opinion sur les interdits alimentaires et idées reçues qui impactent la nutrition maternelle et infantile et de promouvoir les bonnes pratiques de nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant. « Nous souhaitons que les détenteurs d’enjeux ici présents puissent partager le même point de vue que le ministère de la Santé et qu’ils puissent nous aider au niveau de la communauté à faire en sorte que nous puissions mettre en œuvre les bonnes pratiques alimentaires », a laissé entendre le ministre.

Larlé Naaba Tigré, champion national de la nutrition

Le Larlé Naaba Tigré, champion national de la nutrition, qui a pris part à la cérémonie d’ouverture du forum, a indiqué que c’est une lutte de longue haleine pour vaincre les pesanteurs socio-culturelles qui entravent les bonnes pratiques nutritionnelles. Il réaffirme donc son engagement à continuer la sensibilisation pour le changement de comportement des populations aux côtés des autres leaders d’opinion.

Photo de famille

Un engagement salué par le directeur pays de l’ONG Alive & Thrive, Maurice Gerald Zafimanjaka. « La mobilisation sociale en faveur de la nutrition adéquate de la mère, du nourrisson et du jeune enfant, requiert l’adhésion et l’engagement de partenaires stratégiques tel le champion national en nutrition (le Larlé Naaba Tigré), ainsi que les leaders traditionnels, religieux et des personnes ressources », a-t-il laissé entendre.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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