Salubrité : Ouagadougou est entrain de perdre sa place de la ville propre

La ville de Ouagadougou de par le temps était perçue comme la capitale la plus propre de la sous-région. Des années après, elle a perdu cette notoriété. Malgré l’effort de la municipalité, certains endroits de la ville croulent sous le poids des ordures. Constat !

À l’occasion d’un grand projet de développement urbain appelé projet ZACA (Zone d’aménagement commerciale et administrative), les habitants de certains quartiers du centre-ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ont été « déguerpis » et redéployer sur un autre site.

Aujourd’hui, cette partie de la ville est caractérisée par ses immeubles et autres édifices, regroupant des bâtiments administratifs de l’Etat, des hôtels et des sociétés de banque etc.…

Nous avons fait un tour sur ces lieux. La ZACA, l’épicentre de la capitale Burkinabè, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les rues sont jonchées de déchets puant par endroit. Un côté sombre qui n’est pas très reluisant et digne d’une telle zone en plein cœur de la capitale Burkinabè.

Les caniveaux, pour ce qu’il en reste, sont tous remplies d’ordures dans l’indifférence totale des riverains. Le constat est pareil vers l’aéroport dans la même zone.

Là, les blocs d’ordures ont envahi les abords de la rue et des surfaces. De loin ou de près on est repoussé par ce parfum répugnant de l’urine. Un visiteur qui arrive à cet emplacement pour la première fois, c’est vraiment honteux. Pourtant, la propriété de la ville devrait commencer par ces endroits « chics ».

En effet, derrière un immeuble, quelqu’un a eu l’ingénieuse idée d’installer une pancarte bien visible sur laquelle il est inscrit « Interdit d’uriner ou jeter des ordures sous peine d’amende de 10 000 F CFA». Curieusement, c’est au pied de cette pancarte que certains riverains viennent délester leurs vessies et vider leurs poubelles.

Cette insalubrité est, bien entendu, l’œuvre humaine. Des mauvaises habitudes des Ouagalais. Ils préfèrent garder leurs ordures et attendre la tombée de la nuit pour jeter dans les rues. « C’est la nuit que les gens viennent tard du marché, verser les ordures ici. On n’a jamais vu la personne », a martelé Souleymane Demé, vendeur des pneus. À côté de lui, un tas d’ordure est perceptible. « J’ai ramassé même fatigué. Je mange ici, ma famille mange ici.

Si ça prend du feu, ce n’est pas bien », a-t-il ajouté. Plus loin, Fatimata Kaboré vendeuse de kiosque embouche la même trompette que son prédécesseur. « Nous sommes ici et chaque matin, nous constatons l’augmentation du volume des ordures Ils viennent.

Des gens viennent la nuit, après notre départ verser les déchets », a-t-elle affirmé. Ainsi, les riverains recommandent à la mairie d’apporter des camions pour leur permettre de se débarrasser des ordures. Ce qu’il faut noter, l’absence de bacs à ordures dans la zone est une réalité.

Aujourd’hui, la municipalité semble montrer à tous visiteurs qui viennent à Ouagadougou que la propriété nous importe peu. Pour gagner ce combat, elle doit également sensibiliser la population. Il faut reconnaitre que quand Simon Compaoré était maire de Ouagadougou, la ville était propre.

Ainsi donc, au plan africain et mondial, le Burkina Faso occupait respectivement 7eme et 15eme des villes les plus propres. Nous sommes présentement loin de ce rang. Où est donc passé l’héritage que Simon a laissé à ses successeurs pour redonner à Ouaga son lustre d’antan ?

Youssouf KABDAOGO
Infowakat.net

Related posts

Leave a Comment