Réglementation et promotion du volontariat au Burkina : Le projet de loi adopté à l’unanimité

Les députés de la huitième législature, réunis pour leur 2e session ordinaire de l’année 2021, ont scruté le contenu du rapport du projet portant réglementation et promotion du volontariat au Burkina et l’ont adopté à l’unanimité ce jeudi 28 octobre 2021. Le projet sur la prise en compte de la volontaire enceinte ainsi que celui de l’insertion des volontaires ont été au cœur des débats.

Selon les dires du rapporteur, le député Valère Dah, la mobilisation et la participation civique et patriotique de la population sont une nécessité absolue pour réussir de façon collective à relever les défis de développement qui s’imposent à toute nation. Pour lui, le volontariat est l’une des formes qui répond au mieux à cette participation. En effet, a-t-il souligné, le volontariat constitue un outil indispensable d’implication des jeunes à l’effort de développement et d’amélioration de leur employabilité et de leur insertion professionnelle.

Pour pallier cette préoccupation, le Burkina Faso s’est doté de la loi n°031-2007/AN du 29 novembre 2007 portant institution d’un corps de volontaires nationaux. L’adoption de cette loi a permis de mettre en place le Groupement d’intérêt public- programme national de volontariat au Burkina Faso (GIP-PNVB).

Des députés présents à la séance de l’adoption du projet de loi

Cependant, compte tenu de l’environnement national et international du volontariat, cette loi présente aujourd’hui des insuffisances, d’où sa relecture. Il s’agit, entre autres, de l’absence de dispositions relatives au repos de maternité au profit de la volontaire enceinte ; de l’absence de dispositions relatives aux obligations de structures d’accueil ; de l’impossibilité pour l’organe chargé de la gestion des volontaires nationaux de rompre le contrat à sa propre initiative.

« Le volontariat n’a pas pour mission la création d’emploi… », précise Salifo Tiemtoré

Au terme de l’exposé du principal orateur du jour, Valère Dah, les parlementaires ont exprimé des préoccupations auxquelles des éléments de réponses ont été apportés par Salifo Tiemtoré, ministre de la jeunesse, de la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi.

Quelles sont les dispositions prises par le gouvernement pour valoriser l’expérience acquise par le volontaire à l’issue de sa période d’engagement ? Comme réponse, le gouvernement, à travers le ministre en charge de la jeunesse et de l’emploi, a rassuré qu’il sera organisé des examens de validation des acquis de l’expérience VAE (Validation des acquis de l’expérience) au profit des volontaires nationaux. Selon ses explications, la VAE permet de délivrer un titre de qualification professionnelle qui atteste les compétences acquises par le volontaire national dans le cadre de sa mission.

Salifo Tiemtoré, ministre de la jeunesse, de la promotion de l’entrepreneuriat et de l’emploi.

Ensuite, tous ont reconnu que la préoccupation du chômage des jeunes constitue une réalité au Burkina Faso. Quant à savoir comment le ministère va s’y prendre pour éviter que le volontariat ne constitue une main-d’œuvre moins chère, M. Tiemtoré précise que « le volontariat n’a pas pour mission la création d’emploi et de substituer un salarié ou un prestataire de services par un volontaire national. Le volontariat intervient dans le domaine de l’intérêt général et de l’insertion professionnelle. Il ne saurait donc remplacer l’emploi. C’est pourquoi sa durée maximale est fixée à douze mois renouvelable sans excéder 36 mois. La substitution d’un salarié ou d’un prestataire de service par un volontaire national expose la structure d’accueil à des sanctions prévues par le présent projet de loi. Néanmoins, le volontariat contribue à améliorer l’employabilité et l’insertion professionnelle des jeunes à travers l’acquisition de compétences. »

Valère Dah, rapporteur du projet de loi portant règlementation et promotion du volontariat au Burkina

C’est après avoir passé en revue les 55 articles que compte le document que l’Assemblée nationale a, à l’unanimité, adopté le projet de loi (122 voix, zéro abstention et zéro contre). Le patron du ministère de la jeunesse et de l’emploi s’est réjoui de l’adoption de ce projet de loi car, dit-il, « cela va nous permettre de booster et de promouvoir l’esprit du patriotisme au sein de la jeunesse. Aussi, désormais une volontaire enceinte ne va plus perdre son poste à cause de son état. Cela est une innovation majeure du présent projet de loi. »

D.A.K
Lefaso.net

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