Région du Sahel : Que deviennent les infrastructures du 11 Décembre, 6 ans après ?

Les festivités du 11 Décembre ont concerné en 2013 la région du Sahel. Dori, chef-lieu de la région ayant abrité ces festivités, a vu la réalisation de plusieurs infrastructures dont les cités des forces vives, les voies bitumées, la place de la nation et des rond-points, rendant du coup la ville plus belle. D’où le surnom de « Nouveau-Dori » donné par certains à la ville.

Les festivités du 11 Décembre 2013, dans la région du sahel, on s’en souvient, étaient très attendues car c’était la région de feu Hama Arba Diallo, un grand opposant politique au régime de l’époque. Dori, chef-lieu de la région abritant ces festivités, était parée de ses belles infrastructures. En plus de la seule voie bitumée qui rallie Ouagadougou-Dori-frontière du Niger, la ville de Dori s’est vu dotée de quelques kilomètres de bitume.

Environ 6 milliards de FCFA ont été injectés dans ces infrastructures par l’Etat burkinabè. D’autres réalisations comme le stade régional baptisé sous la transition de 2015 stade Hama Arba Diallo, la place de la Nation, les cités des forces vives, la salle polyvalente, ont vu le jour. Bref, la fête était tout simplement belle à Dori. Six ans après, quel est le sort de ces infrastructures ? Sont-elles utilisées à bon escient par la population ?

Le stade Hama Arba situé à quelques encablures de la ville de Dori est toujours en finition. Seuls le grand mur, les toilettes et une maisonnette dressée à l’intérieur sont érigés, donnant l’image d’un stade régional .Est-ce une infrastructure de trop pour la région ; est-il délaissé ? En tout cas après quelques matchs de football en 2013, plus rien ne se fait sur la pelouse de ce stade remplacée par les arbustes et les herbes. Les compétitions de football, même d’envergure régionale, se jouent aujourd’hui sur des terrains comme celui du lycée provincial de Dori ou sur le terrain de l’Union fraternelle des croyants de Dori.

Stade Hama Arba Diallo vu de l’intérieur

Selon l’entraineur de Dori FC, le stade Hama Arba Diallo n’est pas adapté. Issouf Bancé indique que les travaux de construction de ce stade ne sont pas achevés. Il confie : « Depuis des années, on nous promet mais les travaux sont arrêtés. Nous avons approché la mairie de Dori pour comprendre et on nous a fait savoir que c’est au niveau des bailleurs de fonds. Notre souhait aujourd’hui est d’avoir un stade décent à la hauteur de la région. Avec l’insécurité qui sévit, un stade bien sécurisé pourrait amener tout le monde à aller suivre un match. »

Quant au premier adjoint au maire de Dori, Abdoulaye Bocoum, il affirme qu’à leur arrivée aux affaires, les infrastructures du 11 Décembre n’étaient pas rétrocédées à la commune. Il note qu’il y a deux ans de cela, lors d’une rencontre avec le gouverneur de la région, que le stade a été rétrocédé au conseil régional, et les cités des forces vives et la place de nation à la commune de Dori. Qu’à cela ne tienne, il souligne que malgré cela, le maire de Dori, Hamed Aziz Diallo, a approché les premiers responsables des sports et des loisirs pour voir dans quelle mesure la mairie contribué à l’achèvement de l’infrastructure. Selon lui, avant tout, le stade est implanté à Dori et porte le nom de feu Hama Arba Diallo. C’est un joyau pour tous les habitants de la ville de Dori et de la région du Sahel .

ABDOULAYE BOCOUM 1ER ADJOINT AU MAIRE DE DORI

A l’en croire, au départ la mairie a contribué à hauteur de 75 millions de FCFA pour ériger ce stade mais à leur grande surprise, le gouverneur lors de la rencontre, l’a rétrocédé au conseil régional et jusque-là la finition se fait attendre.

Concernant la place de Nation située à l’ouest de la ville, dans le quartier Waindou, aucune cérémonie n’est organisée sur cet espace pourtant approprié. Dori est réputée dans l’organisation des foires qui se tiennent soit dans l’enceinte de la cour de la mairie ou sur le terrain du lycée provincial de Dori. Certains habitants estiment que cet espace est mal situé et distant des agglomérations.

La place de la nation

D’autres disent que le lieu choisi pour cette place de la nation est mal pensé. Les responsables de la commune, quant à eux, estiment que la distance et la situation ne jouent pas sur l’organisation des foires ou autres cérémonies sur cet espace. Ils ajoutent qu’après les festivités du 11 Décembre, l’infrastructure était sans propriétaire et c’est tout récemment qu’elle a été rétrocédée à la mairie. Celle-ci a commencé à mettre les locaux aux alentours en valeur en les mettant en location.

Quant à l’organisation de différentes cérémonies, surtout les foires, le seul bémol, note Abdoulaye Bocoum le premier adjoint au maire, c’est que l’espace pavé empêche les organisateurs des foires d’implanter les stands. « Des organisateurs ont essayé. Avec le vent violent les stands n’ont pas pu tenir. On était obligé de les délocaliser pour qu’ils puissent tenir leur foire », soutient-il. Au niveau des cités des forces vives, Abdoulaye Bocoum indique que le maire a pris un arrêté lié au foncier notamment sur le site des cités forces vives .

Cités des forces vives inachevées

A l’en croire, un comité est mis en place pour traiter notamment de ces questions. Les parcelles qui ne sont pas viabilisés jusqu’à présent seront retirées. De son avis, la mairie ne reconnaitra pas aussi ceux qui ont acquis des parcelles ou des logements sur ce site sans respecter les procédures.

En tout état de cause, Abdoulaye Bocoum souhaite et interpelle le ministère en charge des sports et des loisirs quant à la finition du stade régional Hama Arba Diallo pour le bonheur des jeunes du Sahel. De ses dires, pour une compétition nationale de football, les jeunes du Sahel peuvent aller compétir mais n’ont pas droit à un match retour chez eux faute de stade. Ils sont obligés d’aller à Kaya pour rencontrer leurs adversaires.

Terrain de l’union des croyants de Dori qui sert de cadre pour les compétitions

Le premier adjoint souligne que la rétrocession du stade au conseil régional n’est pas juste. Car selon lui, depuis la pose de la première pierre, c’est la mairie qui veillait sur les travaux et y a injecté 75 millions de F CFA .

lefaso.net

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