Région des Cascades : Des Forces de défense et de sécurité outillées sur la problématique des violences basées sur le genre

Le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, avec l’appui technique et financier du Programme des nations unies pour le développement (PNUD) organise du 27 au 29 juillet 2020 dans la ville de Banfora, un atelier de formation sur la problématique des violences basées sur le genre (VBG), au profit des forces de défense et de sécurité de la région des Cascades. Cette formation s’inscrit dans le cadre du Programme de cohésion sociale, sécurité et Etat de droit (COSED). La cérémonie d’ouverture des travaux qui a eu lieu ce lundi 27 juillet 2020, a été présidée par le directeur régional des Cascades en charge de la femme, Drissa Tou.

Cet atelier est organisé simultanément à Banfora (région des Cascades), Dédougou (région de la Boucle du Mouhoun) et à Dori (région du Sahel), au profit des Forces de défense et de sécurité des différentes régions. Il s’inscrit dans le cadre du Programme de cohésion sociale, sécurité et Etat de droit (COSED) et vise à sensibiliser les FDS sur le concept genre et la problématique des violences basées sur le genre et à former également les points focaux genre.

En effet, au Burkina Faso la problématique des violences basées sur le genre (VBG) se pose toujours avec acuité. La recrudescence des cas de VBG que connaissent la plupart des femmes et des hommes à savoir les violences physiques, verbales, morales, psychologiques, sexuelles et économiques, inquiète de plus en plus les populations en général et particulièrement les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs qui militent pour la promotion du genre.

C’est conscient de cette réalité que le gouvernement burkinabè s’est engagé, depuis plusieurs décennies, dans la lutte contre les violences à travers plusieurs actions. A cet effet, il a ratifié les textes internationaux dont la convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDEF) en 1984 et la plateforme de Beijing en 1995. Aussi, il a adopté une approche progressive d’application des dispositions prévues dans ces conventions. Au niveau national, il a adopté, entre autres, le 8 juillet 2009, la politique nationale genre, qui en son axe 5 prône la promotion du respect des droits et l’élimination des violences.

En dépit de tous ces efforts, la question des violences basées sur le genre demeure toujours. A en croire le directeur régional des Cascades en charge de la femme, Drissa Tou, elles sont devenues un véritable phénomène social tant en situation de paix qu’en situation d’urgence humanitaire, et entravent les efforts de développement durable du pays. D’où le concours de l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine afin de lutter contre ces pratiques néfastes à l’épanouissement des femmes et des hommes.

Pour le PNUD, les officiers de police judiciaire (OPJ) demeurent des acteurs clés dans cette lutte, car ils ont pour mission, de veiller à la protection des droits des femmes et des hommes et de sensibiliser ces derniers à l’abandon des pratiques coutumières ou religieuses qui encouragent les VBG. Et c’est au regard de la spécificité de cette mission, qu’il a été jugé opportun de promouvoir des actions d’information et de renforcement des capacités des différents acteurs qui interviennent dans ce domaine de façon générale et particulièrement les OPJ.

C’est ainsi que dans le cadre du programme cohésion sociale, sécurité et état de droit (COSED), cet atelier de sensibilisation a été initié au profit des FDS et des points focaux genre sur la problématique des VBG dans les Cascades. Cette formation est organisée par le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire à travers le Secrétariat permanent du conseil national pour la promotion du genre (SP/CONAPGenre) en collaboration avec la direction générale de la femme et du genre et avec l’appui technique et financier du Programme des nations unies pour le développement (PNUD).

Durant les trois jours de travaux, plusieurs modules seront développés au profit des participants afin qu’ils soient sensibles aux questions de genre dans le traitement des cas de VBG. Ainsi, « à l’issue de cet atelier, ils seront capables de s’approprier le concept genre, d’appréhender les enjeux et implications de la prise en compte du genre dans le traitement des cas de violences basées sur le genre et de mettre en pratique les techniques d’enquête, d’accueil et d’orientation des victimes », a souligné Drissa Tou.

Avant d’inviter les participants à suivre cette formation avec intérêt, ce dernier a salué l’initiative de l’atelier et particulièrement l’appui du PNUD. Selon lui, c’est un privilège pour que le ministère ait eu l’accompagnement du PNUD pour l’organisation de cet atelier « très pertinent » à l’endroit des FDS et des points focaux.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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