Réconciliation nationale : Les acteurs des Hauts-Bassins se concertent

Le ministère de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale a initié, le mardi 23 novembre 2021 à Bobo-Dioulasso une conférence régionale pour les Hauts-Bassins sur le processus de réconciliation nationale.

Sous la modération du gouverneur de la région des Hauts-Bassins, Antoine Atiou, trois éminents communicateurs ont animé cette conférence régionale sur le processus de réconciliation nationale : Monseigneur Paul Ouédraogo, Bernadette Dao et le Pr Salaka Sanou.

Il ressort de cette conférence que les besoins actuels de la réconciliation au Burkina peuvent être résumés en six points : les besoins de la réconciliation nés des problèmes politiques, les besoins de réconciliation nés des problèmes communautaires, les besoins de réconciliation nés des problèmes sécuritaires, les problèmes de réconciliation nés des crimes économiques et financiers, les besoins de réconciliation nés des frustrations individuelles et collectives et les besoins de réconciliation nés de la gouvernance de l’État et de la défiance.

Les participants

Selon Monseigneur Paul Ouédraogo, aborder le concept de réconciliation, signifie avant tout une remise en ordre. La meilleure image pour lui est un tissu déchiré qui est celui des relations qu’il faut recoudre. Cela peut être à son avis entre deux personnes, entre deux maisons, entre deux villages, entre deux ethnies ou avoir une dimension nationale. Mais il cite en exemple dans les processus de réconciliation, les mécanismes de la société où on a recours aux forgerons, griots,… lorsque la situation est vraiment difficile pour en arriver au pardon. Il a également cité en exemples les cas de l’Afrique du Sud avec l’apartheid et celui du Rwanda avec le génocide où ces deux peuples ont invité les victimes à ne pas se venger et invité les bourreaux à avouer leurs crimes avec comme garantie de ne pas les punir en appliquant par exemple de la peine de mort.

 

Antoine Atiou, gouverneur de la région des Hauts-Bassins
Antoine Atiou, gouverneur de la région des Hauts-Bassins

Pour cela, Monseigneur Paul Ouédraogo a invité les Burkinabè à accepter d’entrer dans le processus vérité-justice-réconciliation mais en ne posant pas ces trois termes en des étapes successives c’est-à-dire vérité, ensuite justice et enfin la réconciliation. Il propose plutôt d’avoir d’abord la réconciliation comme objectif car c’est elle qui permet d’éclairer la vérité et d’éclairer aussi la justice. Il estime que la réconciliation au Burkina est possible si les Burkinabè le veulent car, dit-il, « il n y a pas de bagarre sans réconciliation sinon l’humanité aurait disparu depuis longtemps. L’humanité a toujours connu des problèmes depuis qu’elle existe mais elle a toujours trouvé des mécanismes pour surmonter les problèmes pour que pardon et réconciliation permettent toujours au vivre ensemble de reprendre le dessus ».

Les conférenciers
Les conférenciers

Pour le gouverneur de la région des Haut-Bassins Antoine Atiou, la diversité des participants (acteurs politiques, associatifs, coutumiers religieux, forces de défense) permet de dire qu’il y a un besoin de réconciliation qui se manifeste au Burkina. Les interventions des uns et des autres ont montré, selon son constat, qu’il y a un besoin véritable que les Burkinabè se réconcilient d’abord avec eux-mêmes, avec la nation et aussi l’Etat. Cela dénote, à son avis du succès que le forum national prévu en janvier 2022 sur la réconciliation sera animé, car chacun dira ce qui lui tient à cœur pour qu’ensemble le passé puisse être conjuré et que le pays reparte sur de nouvelles bases.

Haoua Touré
Lefaso.net

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