Question de protocole : ‘‘Première dame’’, un titre au statut inexistant

Le titre de « Première dame » parfois obséquieusement attribué aux épouses des présidents de la République dans nos pays n’existe pas officiellement dans nos textes. C’est une « africanerie », relève l’Ambassadeur Mélégué Traoré, docteur en sciences politiques et spécialiste des questions de protocole.

En matière de protocole, il est des titres honorifiques au statut inexistant. Pour l’emploi de certains titres, en effet la confusion s’installe facilement, surtout quand ils sont dépourvus de base juridique, ou d’un héritage et d’une tradition établis dans la pratique. Le titre de ‘‘Première dame’’ si répandu dans certains pays africains, est de ceux-là.

Le langage courant, la conversation de rue, la flagornerie dans laquelle s’installent facilement, non seulement certains citoyens ordinaires, mais aussi une partie de l’élite, peuvent en effet être flatteurs quand il s’agit des honneurs. Quelques titres sont emblématiques à cet égard. Mais il est rare que les titres honorifiques qui bénéficient de ce type de traitement, acquièrent une fortune solide ou durable.

‘‘Première dame’’ tombe dans cette catégorie de titres qui comportent des qualificatifs à problèmes. Sans doute, celui-ci plait-il aux épouses des chefs d’Etat africains – uniquement elles, car il n’est usité nulle part ailleurs au monde de manière aussi proclamée – mais il n’a guère de fondements dans l’étiquette. Evidemment, il se trouvera toujours quelques défenseurs zélés, qui à coup d’arguments bien légers, plaident la cause de ce titre. Mais, Mesdames IBK au Mali, Ouattara en Côte d’Ivoire, Ramaphosa en Afrique du Sud, Mohamed VI au Maroc, Kondé en Guinée, Tishékédi en RDC, ou Kaboré au Burkina Faso, n’ont certainement pas besoin qu’on les loue aussi bruyamment comme ‘‘Premières dames’’, pour acquérir la notoriété à laquelle elles ont droit. Ce titre n’est pas nécessaire pour que la place éminente qu’elles occupent auprès de leurs époux de chefs d’Etat, soit reconnue et valorisée.

1. Des questions de base

La pratique est répandue parce qu’elle est facile : l’épouse du chef de l’Etat est réputée être la ‘‘Première dame’’ d’un pays. Formellement parlant, si seuls comptaient les mots sans l’encadrement politique, juridique et institutionnel de la sémantique, cela pourrait se justifier. Effectivement, le chef de l’Etat est institutionnellement le premier des citoyens, sinon toujours des patriotes, dans un pays. Par suite de quoi, on ne peut nier ou réfuter qu’à côté de lui, la personnalité qui partage sa vie, mais non son statut, détient une place singulière dans l’ordre de l’Etat. On remarquera cependant, que si en Afrique, le titre de ‘‘Première dame’’ a connu la fortune que l’on sait, la gent masculine n’y a pas encore trouvé son compte, puisqu’il ne viendrait à l’idée de personne de qualifier de ‘‘Premier monsieur’’, l’époux des femmes chefs d’Etat, telles qu’on en a connues au Libéria ou au Malawi, et qu’il y en a en Ethiopie. Comme quoi, l’égalité des genres peut être à géométrie variable, et parfois malmenée aussi au détriment de ceux qui de coutume, sont réputés ne pas la respecter ou en être les seuls bénéficiaires, i.e. les hommes.

Et si on veut vraiment analyser le titre de ‘‘Première dame’’, il faut commencer par le couple que forment les deux mots. Dans une acception primaire, la ‘‘ Première dame’’ est la dame qui vient en premier. Dans l’optique de l’Etat du for, et à condition qu’on considère que l’épouse du président a un statut officiel, elle serait en effet la première des dames. Chacun appréciera comme il l’entend, mais c’est bien là que le débat peut s’avérer âpre. Car s’il y a dans l’Etat ou dans la société qu’il encadre, une ‘‘Première dame’’, il devrait logiquement avoir une ‘‘Dernière dame’’. Il est difficile de le concevoir, et on aurait du mal à en convaincre plus d’un. C’est en partie de là que naissent les interrogations sur le titre de ‘‘Première dame’’ pour désigner les épouses des chefs d’Etat en Afrique.

Il peut arriver que dans un Etat, la première dame ait un statut officiel, mais cela est très rare en République où, à l’exception du Maroc, du Lesotho et du Swaziland qui sont des monarchies, l’élection constitue la base de la détention du pouvoir. La question se pose différemment en effet dans les monarchies, car là, le plus souvent, le pouvoir a un caractère fusionnel au niveau de la famille royale. Encore qu’au Swaziland, on ne sait qui est la Première dame, puisque le roi prend une nouvelle épouse chaque année ! Il est en effet de coutume qu’à la fête annuelle dédiée aux épouses du souverain, toutes les régions et les grandes familles rassemblent au palais les plus belles filles, parmi lesquelles il choisit une. Tel n’est pas le cas dans les républiques.

2. En termes de protocole et d’étiquette

D’abord le titre de ‘‘Dame’’, une contraction de ‘‘Madame’’. Madame dans l’étiquette, le protocole et les bons usages, avec plusieurs modulations, a une place particulière. Il faudrait y ajouter ‘‘Mademoiselle’’. Encore que ce dernier titre de civilité est désormais éclipsé dans certains pays telle la France, absorbé par ‘‘Madame’’ dans les actes administratifs et dans les pratiques protocolaires ou d’étiquette de l’écrit.

‘‘Madame’’ constitue avec ‘‘Monsieur’’, le bloc insubmersible des titres de civilité. Dans l’Histoire, aucune tentative pour les faire disparaître et les remplacer, n’a abouti ou ne s’est installée nulle part durablement dans la vie sociale ou politique. On l’a vu avec les titres ‘‘camarade’’, ‘‘citoyen’’, ou ‘‘frère’’ que des régimes révolutionnaires ont instaurés. A la longue, ils n’ont jamais réussi à supplanter ‘‘Monsieur’’ et ‘‘Madame’’. Celui qui a résisté le mieux, c’est le titre ‘‘camarade’’, instauré par la révolution d’octobre en 1917 en URSS, repris par tous les régimes communistes à travers le monde, et par certains partis de gauche en Afrique.

Ce titre que même aujourd’hui des partis qui n’ont rien de gauche, tels les libéraux ou les sociaux démocrates adoptent parfois, relève de la coterie interne à des formations partisanes, donc de droit privé. Il a de toute façon perdu sa véritable signification, et relève désormais uniquement de la logomachie stéréotypée des partis. Sa portée est limitée et sa densité est plutôt superficielle, puisque deux militants d’un même parti, qui à une réunion s’interpellent par ‘‘camarade’’, redeviennent ‘‘Madame’’ ou ‘‘Monsieur’’, cinq minutes après, une fois franchie la porte de la salle de leur rencontre.

En matière de protocole, ‘’Monsieur’’ et ‘’Madame’’ peuvent remplacer n’importe quel titre honorifique, sans que les personnalités à qui on s’adresse, ne perdent quoi que ce soit de leur dignité. C’est pourquoi dans les cérémonies, le présentateur, après avoir cité les cinq principales personnalités, doit ensuite s’adresser à toutes les autres autorités par la formule, ‘‘Mesdames et Messieurs’’, au lieu de l’interminable, lassante, agaçante et inutile litanie de citations, ou de titres qu’il impose souvent à l’assistance. Ne pouvant évidemment citer toutes les autorités, le maître de cérémonie finit par s’accrocher à la formule ridicule et sans signification suivante : ‘‘en vos titres, fonctions et grades, tout protocole respecté’’. Cette formule, le type même d’africanerie, n’a pas de sens et ne correspond à rien. Dans le protocole et l’étiquette, on ne cite pas une personnalité ou une autorité quand on n’est pas en mesure de l’identifier. Quant à l’expression, ‘‘tout protocole respecté’’, elle ne veut rien dire, car précisément si le présentateur respectait le protocole, il ne devrait dire, ni ‘‘en vos titres et grades’’, ni ‘‘tout protocole respecté’’.

‘‘Madame’’, bien plus que ‘‘Monsieur’’, doit son originalité au fait qu’en matière d’étiquette, ce titre dépasse le cadre de la civilité courante. Sans même remonter loin dans l’Histoire, aujourd’hui encore, par exemple, le titre officiel de la reine d’Angleterre est ‘‘Madame’’, sans ajout, dans la formule d’appel dans les lettres à caractère personnelle qu’on lui adresse. On n’emploie pour elle le titre de ‘‘Majesté’’, que dans la vedette de la lettre, qu’on appelle aussi ‘‘suscription’’. Le titre ‘‘Majesté’’ s’emploie aussi dans le traitement et dans la formule de courtoisie à la fin d’une lettre, à condition de le faire précéder du pronom ‘‘Votre’’. Les correspondances adressées aux princesses, dites Altesses royales ou Séréninimes, obéissent à la même règle. Ainsi, le titre officiel du Président de la République ou du Faso dans le cas burkinabè, est dans la formule d’appel, ‘‘Monsieur le Président de la République’’, ou ‘‘Monsieur le Président du Faso’’, et non ‘‘Son Excellence’’. Quant à son épouse, la formule d’appel est pour elle, ‘‘Madame’’.

3. ‘‘Première dame’’ dans le protocole de l’Etat

Sauf cas exceptionnel, le protocole officiel des Etats ne reconnaît pas le titre de ‘‘Première dame’’. Il en est du Burkina Faso comme de la plupart d’autres pays. Il ne figure donc, ni dans les lois, décrets ou arrêtés qui selon les pays régissent le protocole, ni dans les traités d’étiquette, ou encore dans les bottins mondains. Les manuels d’étiquette, de savoir-vivre et des bons usages l’ignorent. Dans la très grande majorité des Etats en Afrique, comme dans le reste du monde, l’étiquette officielle ne connaît donc pas de ‘‘Première dame’’. La pratique non plus.

Même là où l’expression est entrée dans l’appellation courante des personnalités de l’État, ceux qui utilisent le titre de ‘‘Première dame’’, pour peu qu’ils aient de la culture ou quelques connaissances, savent qu’il n’est pas officiel. On doit faire la distinction entre le fait que la ‘‘Première dame’’ n’existe pas comme titre honorifique dans l’ordre institutionnel de la République ou dans le protocole officiel de l’Etat, et la place éminente qui est reconnue à l’épouse du chef de l’Etat dans les cérémonies publiques. Sa place est officieuse et relève de la courtoisie.

En la matière, il existe un principe intangible. Il concerne la situation de tous les conjoints des hautes personnalités de l’Etat, à commencer par la femme qui vient au quadruple plan politique, institutionnel, juridique et protocolaire au premier plan, c’est-à-dire l’épouse du président ou du roi selon les cas.

Ce principe est le suivant. Alors que juridiquement et dans la logique de l’Etat républicain, l’épouse du Président ne participe pas aux pouvoirs et à la dignité de son mari, au plan du protocole, elle doit être prise en compte lors des cérémonies publiques auxquelles elle prend part, à hauteur de son positionnement auprès du chef de l’Etat. C’est le même principe qui prévaut pour les épouses de toutes les hautes personnalités, notamment celles des chefs d’institution et d’autorité administrative indépendante, des membres du gouvernement, et des gouverneurs par exemple. Seules les épouses des ambassadeurs jouissent d’un statut spécial. En effet, en droit diplomatique, l’épouse d’un ambassadeur participe à la dignité de son époux en permanence. C’est pour cela que conformément aux dispositions de la Convention de Vienne du 18 avril 1961 sur les relations diplomatiques, elle est considérée par l’Etat accréditaire au même titre que l’ambassadeur. C’est aussi la raison pour laquelle elle jouit totalement des mêmes privilèges et immunités diplomatiques que lui, y compris l’inviolabilité de sa personne, l’immunité de juridiction, l’immunité d’exécution et les privilèges de courtoisie tels que l’interdiction de la fouille de ses bagages par la douane, à moins que celle-ci n’ait des raisons sérieuses de croire qu’ils contiennent illégalement des matières ou des objets. Mais si elle mène des activités commerciales, celles-ci n’entrant pas dans le cadre des fonctions de son époux, elle paie les impôts et les taxes comme tous les contribuables.

Il résulte de ces considérations qu’au Burkina Faso par exemple, Madame Sika Bella Kaboré, a droit à une place éminente dans le protocole lors des cérémonies publiques. La considération qui est due au Président du Faso, se transfère à elle sur ce plan. Mais dans son appellation, en matière de protocole et d’étiquette, il ne devrait pas être question de ‘‘Madame la Première dame’’ dans les cérémonies. Le maître de cérémonies qui annonce les personnalités à une cérémonie, doit en principe la citer en l’accolant à la citation du Président du Faso. Ce sera donc :
‘‘Son Excellence Monsieur le Président du Faso
et Madame Sika Bella Kaboré…’’
ou
‘‘Monsieur le Président du Faso
et épouse Kaboré’’.

A une cérémonie où elle participe en l’absence du président du Faso, on s’en tiendra à :
‘‘Madame l’épouse du Président du Faso’’
Ou
‘’ Madame Sika Bella Kaboré, épouse du Président du Faso’’
et non
‘‘Madame Sika Bella Kaboré, épouse de son Excellence Monsieur le Président du Faso’’.

En effet, en l’absence du Président du Faso, le titre ‘‘Excellence’’ disparait du titre ou dans certains pays, de la titulature du chef de l’Etat.

L’important, c’est de ne pas confondre les égards particuliers, la considération et la courtoisie auxquels l’épouse du président a droit, avec la rationalité protocolaire de l’Etat. Il en est de même pour les privilèges et les autres avantages qui lui sont légitimement dus, non seulement parce qu’elle est l’épouse du Président du Faso, mais aussi parce qu’à ce titre, elle joue un rôle important auprès de lui et rend d’importants services à l’Etat, dont elle seule peut se charger. Elle est en effet soumise à de nombreuses obligations sociales et protocolaires, telles que l’organisation des réceptions, les audiences qu’elle est amenée à donner, ou encore l’accueil des personnalités, nationales et étrangères.

4. De quelques africaneries

Jusqu’aux années quatre – vingt – dix, l’appellation même de ‘‘Première dame’’ était absolument inusitée dans la presque totalité des Etats africains telle qu’elle l’est aujourd’hui. Avant, il ne serait venu à l’idée de personne, de dire ‘‘Madame la Première dame’’, quand on parlait des épouses d’Houphouët Boigny, d’Amadou Ahidjo, de Léopold Sédar Senghor, de l’Empereur Hailé Sélassié, de Jomo Kenyatta, de Julius Nyerere, du maréchal Mobutu, de Maurice Yameogo, du Général Sangoulé Lamizana. Ou alors si on usait de ce titre, c’était rarement. Le fait relève du paradoxe, car les années qui vont de 1960 à 1990, correspondent précisément à l’ère des dinosaures politiques et des hommes forts d’Afrique, au sens littéral des termes.

C’est dans la dernière décennie du 〖XX〗^e siècle, que s’est développé avec autant d’apparat, le phénomène des ‘‘Premières dames’’. Il y a là une bizarrerie ou une marque d’inculture de notre temps. Par un exceptionnel concours de circonstances, j’ai eu cette chance inouïe pour un étudiant, d’être reçu, comme Commissaire général des Scouts de Haute – Volta, successivement à quelques jours d’intervalle, par l’empereur Hailé Sélassié d’Ethiopie et par le Président Jomo Kenyatta du Kenya en juillet 1973, puis plus tard par le maréchal Mobutu et Julius Nyerere en 1979, par le Président Abdou Diouf du Sénégal et le général Eyadéma du Togo en 1981, pour ne citer que ceux-là. Dans aucun des pays, je n’ai entendu parler de ‘‘Première dame’’ avec autant d’ostentation qu’aujourd’hui. Ou si le titre existait, on l’utilisait avec modération.

Dans les années quatre-vingt-dix, est apparu de manière particulièrement voyante, ce phénomène des ‘‘Premières dames’’. Cette curiosité de notre époque n’est pas dépourvue de signification.

Les systèmes et les régimes politiques africains depuis les années quatre – vingt – dix à la fin du XXème siècle, qui ont vu la floraison et l’épanouissement de la démocratie libérale représentative, sont paradoxalement marqués par l’apparition d’un nouveau type de leaders à la tête des Etats africains. Qu’ils soient des acteurs des anciens systèmes comme le général Gnassingbé Eyadéma au Togo et le président Denis Sassou N’guesso au Congo, ou de la nouvelle génération, tels Blaise Compaoré au Burkina Faso, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, Mamadou Tandja, Mahamane Ousmane et Mamadou Issoufou au Niger, Abdoulaye Wade et Macky Sall au Sénégal, Alpha Omar Konaré, ATT et IBK au Mali, Alpha Condé en Guinée… ils marquent tellement les systèmes et les régimes politiques, que leurs épouses n’ont plus rien des dames effacées du passé, celles qui les ont précédées. Qu’on le veuille ou non, qu’on s’en félicite ou qu’on s’en afflige, ils sont vus comme les hommes forts du moment dans leur pays et sur le continent.

L’espace social a lui aussi été transformé profondément. L’épanouissement des médias de tout genre, les nouveaux modes d’expression et l’ambiance générale des sociétés, ont fait naître de nouveaux types d’appellations et de titres des personnalités. La titrologie et l’étiquette des personnalités y ont gagné. ‘‘Première dame’’ comme titre de personnalité, bénéficie de ce contexte.

Les épouses des chefs d’Etat ne se cantonnent plus dans le statut et dans le style de femmes discrètes et de foyer, à l’ombre de leurs époux de présidents. Leur visibilité qu’elles savent savamment cultiver et valoriser grâce aux actions caritatives et à une exploitation intelligente des supports médiatiques, fait d’elles des personnalités de premier plan. Dans certains cas, une part d’exhibition, d’ostentatoire et de flamboyance fait le reste, sans compter les calculs politiques que peuvent cacher certaines de leurs initiatives apparemment caritatives.

La traduction politique de la visibilité nouvelle de ces femmes, revêt différentes formes, dont la plus spectaculaire est constituée de réunions, de conférences ou de séminaires des ‘‘Premières dames’’. Ces conclaves ne sont certes pas de véritables conférences internationales, mais on ne peut nier leur impact, surtout quand les thématiques qu’elles abordent, y portent sur des enjeux sensibles : droits de la femme, traite des enfants, droits de l’homme, environnement et changements climatiques, lutte contre la drogue ou les criminalités de tous genres… Il existe même désormais, une véritable organisation africaine des ‘‘Premières dames d’Afrique’’ qui peut selon les activités, prendre différentes appellations.

Dans les États, les services et les agents du Protocole, au niveau central comme au plan territorial, sont mal à l’aise pour gérer le nouveau phénomène. Les agents qui ont de véritables connaissances en matière protocolaire, une culture diplomatique et du professionnalisme, savent que les épouses des chefs d’Etat et leurs manifestations, n’ont pas de caractère ou de statut officiel, même s’ils sont publics. Leurs statuts et leurs actions sont d’ordre privé. Mais d’un autre côté, comment contester l’importance de leur positionnement dans l’Etat, du fait du statut de leurs époux ?

La bonne gestion au niveau du protocole, est de les prendre en compte officiellement lors des cérémonies, mais de ne pas faire de confusion avec l’ordre organique de l’Etat. Le reste est pour chaque service ou agent de protocole, question de tact et de savoir – faire. Il n’y a donc pas de ‘‘Premières dames’’, en dehors du discours prosaïque et du langage médiatique. Le statut de ce titre est inexistant au plan protocolaire et de l’étiquette d’Etat.

Conclusion

Il n’y a aucun doute quant à l’importance des épouses des chefs d’Etat, et cela du fait du statut de leurs époux. Personne ne le niera, mais elles demeurent des personnalités privées. Le protocole doit les traiter à hauteur de leur positionnement au sommet, auprès de celui qui incarne la nation, qui conduit la politique de la République, et qui représente la puissance publique. Mais il n’y a pas, au contraire du ‘‘Premier des Nigériens’’, du ‘‘Premier des Ougandais’’ ou du ‘‘Premier des Burkinabè’’, de ‘‘Première dame du Niger’’, de ‘‘Première dame de l’Ouganda’’ ou de ‘‘Première dame du Burkina Faso’’. Ou si le titre existait, ce ne serait pas dans l’ordre du protocole officiel de l’Etat républicain.

Ambassadeur Mélégué Traoré
Docteur en sciences politiques
Spécialiste du protocole

lefaso.net

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