Prorogation du mandat législatif : Eddie Komboïgo « met en garde » le président de l’Assemblée nationale

Le candidat à l’élection présidentielle du parti Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, lors de son séjour à Bobo-Dioulasso, a visité le jeudi 9 juillet 2020, des centres d’enrôlement biométrique. Une manière pour lui de s’enquérir des conditions de travail des agents sur le terrain et de les encourager. A l’issu de sa visite, le candidat du CDP s’est prononcé sur la question de la prorogation du mandat législatif.

« Le CDP n’est pas d’accord pour qu’il y est un « lenga » pour les députés. Nous nous opposons fermement à ce projet du président de l’Assemblée nationale. Ils ont dit au président Blaise Compaoré qu’il n’y a pas de lenga au Burkina Faso. Ils l’ont aussi rappelé au gouvernement de la transition, donc il ne faut pas qu’ils oublient l’histoire. Les députés n’ont pas le droit de s’octroyer une prolongation même si la constitution le permet. En cas de force majeure, nous devons constater ensemble. Nous mettons en garde le président de l’Assemblée nationale contre tout forcing qu’il voudrait faire. Il nous trouvera sur son chemin et nous ne souhaiterions pas en arriver jusque-là », a averti Eddie Komboïgo lors d’une interview accordée aux journalistes à Bobo-Dioulasso, après sa visite des centres d’enrôlement biométrique.

Il a ainsi exprimé son étonnement face aux conclusions des travaux qui ont été données par l’Assemblée nationale. Il estime qu’il n’y a pas de raisons valables pour que les députés puissent demander le report des élections législatives.

« On ne peut pas subitement décider unilatéralement d’aller voter une résolution pour remettre en cause des acquis politiques obtenus sur instruction du président du Faso, Roch Kaboré, qui a demandé certainement que nous puissions nous assoir autour de la même table et trouver des voies et solutions pour aller à des élections apaisées, transparentes et libres. Le dialogue politique a eu lieu en juillet 2019 et nous avons orienté la CENI, nous avons retouché le code électoral pour que les élections législatives et présidentielle soient couplées. Nous avons été étonnés par les conclusions qui ont été données par l’Assemblée nationale, mais nous attendons le rapport pour analyser le fond. Déjà je tiens à dire que le CDP n’est pas engagé dans cette démarche. Et je sais que le CFOP également n’est pas engagé. Très bientôt vous verrez un communiqué collectif du CFOP sur cette position », a-t-il indiqué.

Eddie Komboïgo visite des centres d’enrôlement à l’école Sarfalao D

Eddie Komboïgo a par ailleurs affirmé que si les raisons évoquées par l’Assemblée nationale pour le report des élections législatives est la question de l’insécurité, « c’est que les députés reconnaissent l’échec total du régime en place. Et pour cela, il n’y a pas de raison de lui donner encore une chance de nous garder dans la misère le 22 novembre prochain ».

Eddie Komboïgo dénonce une fraude dans le processus d’enrôlement
Cette sortie a également permis au président du CDP de s’enquérir des conditions de travail des agents de la commission électorale nationale indépendante (CENI), au dernier jour de la campagne d’enrôlement dans la province du Houet. Ce sont les agents des centres d’enrôlement de l’école Sarfalao D qui ont bénéficié de cette visite.

« Dans les centres que nous venons de visiter, il n’y a pas eu de difficultés majeures, les agents ont eu la chance d’avoir de l’électricité et de nouvelles machines et nous saluons cela », s’est-t-il réjouit. Avant de noter que cela n’est malheureusement pas le cas partout, d’autant plus qu’il a été constaté selon lui, que dans les centres ruraux, les opérateurs de kits travaillaient avec de vieilles machines.

Toutefois, il tient à dénoncer des fraudes dans le processus d’enrôlement. « Il nous est revenu que certains partis de la majorité ont fait venir des non-nationaux notamment des nigériens et des libériens pour leur faire confectionner des cartes d’identité afin qu’ils puissent se faire enrôler. Nous avons engagé des enquêtes là-dessus et si cela s’avère, nous allons confirmer l’audit du fichier électoral. Ce sont des Burkinabè qui votent et non des étrangers qui doivent venir voter ici et nous sommes ferme là-dessus. Nous voulons que ces élections soient transparentes et inclusives. L’opposition n’est pas pour les fraudes et nous restons vigilants », a-t-il conclu.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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