Procès Thomas Sankara : L’absence de Blaise Compaoré ne saurait empêcher sa tenue, selon le Balai citoyen

Le Balai citoyen était face à la presse ce jeudi 7 octobre 2021. Au menu des échanges, des sujets d’actualité tels que l’ouverture du procès Sankara, la fermeture des frontières du fait du covid-19, la mal gouvernance ainsi que la plainte déposée par le mouvement contre le gouvernement burkinabè.

Le procès de l’assassinat du père de la révolution, Thomas Sankara, et de ses compagnons d’infortune s’ouvre ce 11 octobre 2021, 34 ans après sa mort. Pour le Balai citoyen, il y a lieu de se réjouir de l’ouverture de ce procès, preuve de la détermination de la justice à faire la lumière sur cette affaire.

Et pour ne pas, selon, lui voir répétées les erreurs qui ont émaillé l’organisation du procès du putsch de septembre 2015, le Balai citoyen exhorte les autorités judiciaires à prendre toutes les dispositions pour une retransmission à la télévision et radio nationales. Cela permettra, selon leurs explications, aux Burkinabè en particulier et aux Africains en général, de pouvoir suivre ce procès historique qui contribuera à l’éducation citoyenne.

Réagissant sur l’absence annoncée d’un des principaux accusés au procès, en l’occurrence l’ancien président Blaise Compaoré, le porte-parole du mouvement, Ismaël Kinda, a laissé entendre que le fait qu’il ne se présente pas n’est pas un problème fondamental. « Le plus important c’est qu’il y a d’autres acteurs clés de ce massacre qui sont toujours vivants. Et nous sommes conscients que si ils parlent, on saura où se trouve la vérité. Et cela va confondre encore plus le président Compaoré ». Il ajoute que la sortie des avocats de Blaise Compaoré n’est qu’une diversion à laquelle les « cibales » ne vont pas céder.

Jugeant le gouvernement inactif face à la situation sécuritaire, le Balai citoyen avait posé plainte contre celui-ci le 28 juin 2021, pour non-assistance à personne en danger. Un acte qui avait été jugé utopique par certains citoyens mais dont le mouvement se dit fier. La plainte constitue selon son porte-parole, un instrument de la démocratie mis à leur disposition et ils s’en servent. Même si à ce jour aucune avancée notoire n’a été enregistrée, ce n’est pas ce qui fera désister le mouvement puisqu’un comité a même été mis spécialement sur le dossier.

Ismaël Kinda, porte-parole du Balai citoyen

Les « Cibales » ont aussi au cours de ce point de presse, dénoncé le maintien de la fermeture des frontières terrestres et ferroviaires du fait du covid-19. Une situation qui, selon eux, contribue à rendre encore plus fragile le quotidien des populations. « La flambée des prix des biens de première nécessité que l’on observe actuellement sur le marché, est une conséquence directe du maintien de cette mesure de fermeture. Dans cette situation, il faut le relever, un véritable business indigne des États responsables, existe aux frontières de nos pays.

En effet, en dépit de nombreux témoignages et reportages sur le calvaire que subissent les populations, aucune action n’a été réellement entreprise pour la régularisation de cette situation qui fait de nos frontières de véritables zones de non droit, propices à toutes sortes de trafics. Au demeurant, le silence et l’indifférence des gouvernants sur la question frisent le mépris envers les citoyens », a laissé entendre Ismaël Kinda. Pour une libre circulation des personnes et des biens, le Balai citoyen exige la réouverture sans délai des frontières.

Pour ce mouvement, la corruption a pignon sur rue dans la réalisation des infrastructures publiques. Elle en veut pour preuve l’effondrement récent de bâtiments publics à Dandé et à Koudougou. « Ces drames trouvent leur source dans la corruption érigée en système diffus dans la chaîne de passation et d’exécution des marchés publics. Sans occulter la responsabilité individuelle des différents acteurs, nous tenons pour responsables et complices de cette chaîne de corruption à plusieurs tentacules, les potentats du pouvoir MPP et ses alliés », soutient Ismaël Kinda.

Avec ses camarades, ils exigent des autorités compétentes, que toutes les responsabilités soient situées sur les cas d’effondrement d’édifices publics et que des mesures structurelles soient prises pour renforcer les structures de lutte contre la corruption.

Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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