Procès putsch manqué: des écoutes téléphoniques impliquant des officiers ivoiriens

La présentation des pièces à convictions, notamment, la lecture des éléments sonores, entrant dans le cadre du procès du putsch manqué du 16 septembre 2015, a été poursuivie ce mardi 26 mars 2019 devant la Chambre de jugement du tribunal militaire. Au moins une dizaine d’écoutes téléphoniques, dont la plupart implique, une voix attribuée au général Gilbert Diendéré et des interlocuteurs ivoiriens, togolais et sénégalais, notamment, ont été lues à l’audience de ce jour.

A la lecture des audio, il ressort que durant la période du putsch, le général Gilbert Diendéré a reçu des appels de soutien venant du Mali, la Côte d’Ivoire et du Burkina, notamment. Parmi les interlocuteurs de la voix supposée être celle du général Diendéré, y figure le colonel Zakaria Koné de la Côte d’Ivoire, un officier général ivoirien et le Malien Sidi Lamine Oumar.

Ces interlocuteurs, incitaient celui que le parquet militaire et la partie civile identifient comme le général Gilbert Diendéré à «tenir bon» et à ne «jamais rendre les armes», si ses «hommes (lui) sont toujours fidèles».

Les ivoiriens Zakaria Koné et l’officier général de l’armée de Côte d’Ivoire, dont le nom n’a pas été donné, encourageaient le président du Conseil national pour la Démocratie (CND), dans les éléments sonores, du 29 septembre 2015, à «se battre», à «faire sortir les hommes» et d’ «aller prendre l’aéroport» car ainsi «des gens peuvent venir». A ces conseils, le général Diendéré a répondu que c’est une opération difficile à mettre au point.

L’officier général ivoirien a également informé le général Diendéré sur le dispositif de l’armée qui avait encerclé le camp de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et lui a demandé s’il avait des besoins et la voix attribuée au général Gilbert Diendéré de répondre qu’ils ont «besoin de fonds». Aussi dans cette conversation, le général Diendéré a fait savoir que si les autres (militaires) ne tempèrent pas, l’affrontement est inévitable.

Selon le parquet, ces éléments sonores montrent la connexion du général Gilbert Diendéré avec l’extérieur, notant que c’est l’extérieur qui dictait même la conduite à tenir. Cela est également la position des avocats de la partie civile.

Quant aux conseils du président du CND, ils ont soutenu que le numéro qu’on attribue au général Diendéré n’a jamais été le sien. «Rien ne prouve que c’est le général qui a été écouté», a dit Me Olivier yelkouni. Pour Me Yelkouni, et Me Latif Dabo, même si c’était des communications de leur client, à aucun moment, il n’a entrepris des actions, il n’a pas sollicité une aide quelconque, faisant savoir que c’est des gens qui lui font des propositions mais le général n’a jamais dit qu’il allait aller dans leur sens. Selon eux, ces écoutes ne sauraient constituer des infractions de trahison, notant que la voix supposée être celle de Diendéré est restée passive.

L’audience a pris fin vers 16h30 et reprendra demain mercredi 27 mars 2019.

Par Daouda ZONGO

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