Procès du putsch : « Même à la maison, je ne porterai plus des coups à mes enfants », promet le caporal Seydou Lankoandé

Une autre semaine a débuté avec les plaidoiries des avocats de la défense au tribunal militaire dans le cadre du procès du coup d’Etat. Ce 8 juillet encore, les conseils ont plaidé pour l’acquittement de leurs clients qui, disent-ils, n’ont fait qu’exécuter des ordres de leurs chefs. Les mis en cause ont, eux, imploré la clémence du tribunal à qui ils demandent une seconde chance.

La journée a débuté avec les plaidoiries de Me Babou Bama qui défend les caporaux Saboué Massa, Seydou Lankoandé, et le Lieutenant Relwendé Compaoré. L’avocat a plaidé pour l’acquittement de ses clients, pour infractions non constituées. En effet, pour le Caporal Saboué Massa, l’un des chauffeurs du Gal Gilbert Diendéré, Me Babou Bama a estimé qu’il est seulement incriminé pour avoir accompli sa mission, celle de conduire le présumé cerveau du putsch. Pouvait-il refusé ? s’est demandé l’auxiliaire de justice.

Appelés à se prononcer pour la dernière fois, les trois accusés ont imploré le pardon du président du tribunal. Eux qui disent aimer la tenue, ont demandé une seconde chance pour rester dans les forces armées nationales pour servir leur pays. Pour le Caporal Seydou Lankoandé reconnu formellement d’avoir porté des coups sur un manifestant, ce qu’il ne nie pas, la leçon est bien apprise. Selon le jeune soldat, les 16 mois passés à la maison d’arrêt et de correction des armées ont été mis à profit pour tirer des enseignements. « Même à la maison, je ne porterai plus des coups à mes enfants. La leçon est rentrée ».

Me Alexandre Daboné, lui, défend les intérêts du Sergent Zoubélé Martial Ouédraogo et du Soldat de 2e classe Sidiki Ouédraogo. « Aucun acte de complicité d’attentat n’est constitué à leur égard. La participation à l’acte de complicité doit être volontaire », a argumenté l’avocat avant de souligner que ses clients n’avaient pas le choix. Ils ont exécuté des ordres militaires qui ne se discutent pas. Il a de ce fait demandé au tribunal d’acquitter ses clients pour infractions non constituées. Un coup d’Etat n’est pas une affaire de soldat de 2e classe, a poursuivi Alexandre Daboné en faisant allusion au Soldat de 2e classe Sidiki Ouédraogo.

« J’ai été sincère et constant depuis le début du procès », s’est défendu pour sa part le Lieutenant Koné après la plaidoirie de son avocat Me Stéphane Ouédraogo qui a demandé son acquittement. Pour l’accusé qui soutient avoir été seulement à Cissin pour chercher son père menacé par des manifestants, c’était le devoir d’un fils. « Ne vous fiez pas aux réquisitions du parquet. Ne les écoutez même pas. Permettez-moi de retourner dans les rangs, de servir dignement mon pays », a supplié le Lieutenant Koné.

Me Regis Bonkoungou a été le dernier à plaider dans la soirée. Conseil du Sergent-chef Ali Sanou, il a noté que son client a simplement reçu des ordres qu’il a exécutés, il n’a participé à aucune réunion pour attenter à la sûreté de l’Etat. Il n’y a pas d’éléments matériels caractérisant cette infraction, tout comme aucune preuve n’existe pour enfoncer son client dans les accusations de coups et blessures, de meurtres, de dégradation biens, a soutenu l’avocat. Les plaidoiries se poursuivent ce 9 juillet 2019.
Lefaso.net 

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