Procès du putsch : Le caporal Sami Dah demande pardon à ses co-accusés

Le caporal Sami Dah est ce soldat qui faisait partie de la garde rapprochée de Gilbert Diendéré quand celui-ci fut porté à la tête du CND. C’est lui qui, apparemment, a également participé à l’identification des militaires du RSP postés en nombre au carrefour de BF1. En retour, attendait-il quelques égards de la part du ministère public ? Tout porte à croire que oui, et puisque ça ne vient pas, le soldat a présenté ses excuses à ses co-accusés ce 2 avril 2019, arguant que sa situation de détenu est moins pénible que le poids de la responsabilité de leur inculpation qu’il dit avoir sur la conscience.

Le sergent-chef Mohamed Laoko Zerbo, les sergents Zallé Mamadi, Martial Zoubélé, Ollo Poda Stanislas, Issaka Ouédraogo ont été appelés à la barre ce 2 avril 2019, après la diffusion de la vidéo montrant des militaires du RSP au carrefour de BF1. Le caporal Sami Dah a également été invité à comparaitre. Dans les audiences passées, il était ressorti que c’est ce soldat qui avait permis au ministère public d’identifier certains éléments du RSP sur les images en ces lieux.

Alors que certains contestaient leur présence, malgré la diffusion de la vidéo, il a été demandé au caporal d’aider à l’identification. Motus et bouche cousue. Par contre, l’accusé dit profiter de l’occasion pour présenter ses excuses à ses camarades. Il estime que c’est avec son concours que certains sont dans le box. Le commando soutient qu’il a cela sur la conscience et que cela est plus pesant que sa situation carcérale.

Plus loin, il explique qu’en le faisant au moment de l’instruction, il croyait que le parquet recherchait véritablement la vérité, mais il s’est rendu compte qu’il n’en est rien. Effectivement, pour la suite, à chaque fois qu’il sera appelé, il ne pipera plus mot.

Le ministère public tente de rassurer le caporal. Il a certes aidé à identifier ses camarades sur les vidéos, mais il n’y a pas que lui et il n’y a pas que cela. Et sans son concours, certains seraient là. En outre, le parquet a estimé que le soldat a joué sa partition pour la manifestation de la vérité, puisque les personnes identifiées sur les vidéos étaient bel et bien au carrefour de BF1. Donc, il n’a pas à avoir un poids sur la conscience.

Somme toute, la partie poursuivante dit comprendre l’attitude du caporal. Selon elle, cela est dû aux différents refus de demandes de mise en liberté provisoire formulées par l’accusé. En rappel, il est actuellement à au moins 8 demandes de liberté provisoire rejetées. Par contre, le parquet a rassuré que sa collaboration ne sera pas oubliée lors des réquisitions.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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