Procès du putsch : «J’ai pleuré après avoir entendu la peine requise contre moi» un accusé

Les plaidoiries suivent leur cours le mercredi 03 juillet 2019, au tribunal militaire de Ouagadougou. Et les avocats qui continuent de plaider la relaxe pour leurs clients malgré les peines souvent très lourdes requises contre certains d’entre eux. Dans le sens de leurs avocats, les accusés eux continuent de plaider la clémence du tribunal.

« J’aurai failli à ma mission si le soldat de première classe Coulibaly Samuel venait à être condamné » s’exclame en toute fin de plaidoirie Maitre Maria Kanyili, commise à sa défense. Et pour cause, selon les dires de l’avocate, le soldat n’était mêlé ni de près ni de loin aux évènements de septembre 2015. « La seule faute qu’il a commise, c’est avoir sous la contrainte conduit l’équipe de Ali Sanou à Zorgho. Ce qui ne saurait être constitutif d’infraction puisque le soldat ignorait tout de ce qui se passait au sein des locaux abritant la radio » relate l’avocate. Le parquet qui a requis 25 ans de prison ferme n’est décidément pas sur la même longueur d’onde que Maria qui estime qu’en principe, son client ne devrait tout simplement pas être accusé dans le cadre de ce procès. C’est pourquoi dit-elle, l’acquittement de l’accusé est ce qui convient le mieux. Appelé à se prononcer, le soldat fait un aveu : « J’ai pleuré toute la nuit quand j’ai entendu la peine requise contre moi. Je me demande encore ce que j’ai fait pour mériter ça ! ».

C’est Maitre Jacques Soré qui par la suite a pris la parole pour plaider la cause du sergent Yago Issa contre qui le parquet a requis 15 ans de prison l’accusant d’avoir servi de geôlier pour le compte des putschistes. L’avocat reconnait les faits mais considère que le sergent a gardé les otages malgré lui et que dès que l’occasion s’est présentée, il n’a pas hésité à se dérober. Tout aussi surpris, le sergent Salif Coulidiaty qui s’est vu proposer 07 ans de prison assure qu’il n’a eu que la malchance de se trouver sous le hall de la présidence au moment des faits. « J’étais serein parce que tout le monde disait que je serai le premier acquitté et je le croyais aussi » a-t-il confié au tribunal. Son avocat Maitre Pascal Ouédraogo qui est aussi commis à la défense du caporal Moukoro Pascal analyse lui que ses clients ne sont que de petits soldats pris dans une tourmente et demande en conséquence leur acquittement.

D’autres éléments du RSP se sont vu plaider leur cause en cette journée comme Compaoré Abdou. Il est défendu par Paul Kéré qui appelle le tribunal à tenir compte du principe de l’individualité de la peine.

Fasopic.net

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