Procès du putsch du CND : ‘’Rambo’’ plaide coupable et demande pardon

Après les réquisitions du parquet qui sont tombées comme un couperet sur les têtes de bien des accusés, le ton s’est beaucoup ramolli dans le box des mis en cause. Beaucoup lors de leurs premières comparutions avaient plaidé non coupables. Mais après des mois de débats, et au moment des plaidoiries, ils font profil bas et demandent la clémence du tribunal. Les mea culpa se sont poursuivis ce 9 juillet 2019.

Rambo. Ce surnom d’un personnage de cinéma attribué à l’Adjudant-chef Moussa Nébié est pesant et le dessert. C’est ce que l’accusé dans le cadre du putsch a laissé entendre dans la soirée du 9 juillet 2019. Tout le monde cherche à savoir qui est ce Rambo qui a procédé à l’arrestation du président de la transition Michel Kafando. Même à la Maison d’arrêt et de correction des armées, lorsque les autres accusés reçoivent des proches pour des visites, la question est chaque fois posée, qui est Rambo. L’avocate Me Solange Zèba qui défend les intérêts de l’adjudant-chef révèle qu’elle en a aussi fait les frais à chaque fois qu’elle dit c’est défendre Rambo.

Et pourtant, foi de l’avocate, Moussa Nébié est un homme bien, sans casier judiciaire, un tireur de haute précision. Le surnom Rambo, l’adjudant-chef le porte depuis 1981 quand il était CDR, avant d’intégrer l’armée en 1985. Son client a 54 ans, aller dans le sens du parquet qui a requis 25 ans de prison contre lui, c’est le condamner à la perpétuité, a poursuivi Me Zèba. L’avocate reconnait toutefois que son client a fauté. « Ce qu’il a fait ne saurait rester impuni », reconnait-elle.

En procédant à l’arrestation du président Michel Kafando, il s’est rendu coupable de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat. Pour cette infraction, l’auxiliaire de justice a plaidé coupable, tout en demandant au président du tribunal de tenir compte des circonstances atténuantes. L’accusé a obéi à la discipline en exécutant les ordres de son chef, l’Adjudant-chef major. Son avocate a ainsi demandé au président de ramener la peine requise à 10 ans dont 5 ans avec sursis. Par contre pour les autres chefs d’accusation, meurtres, coups et blessures volontaires, incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire, Me Solange Zèba a plaidé non coupable et demandé l’acquittement de son client.

« Débarrassez-vous de tous les clichés dont mon client a été revêtu, au moment de décider », a suggéré l’auxiliaire de justice au président du tribunal Seydou Ouédraogo.

« Je n’ai jamais porté la main sur qui que ce soit », a laissé entendre l’adjudant-chef. Il a demandé pardon à Michel Kafando pour le tort qu’il a subi. A l’ancien président de la transition, il a aussi dit merci pour sa franchise, parce que dans sa déposition l’ancien président a noté qu’il n’a pas été brutalisé.

Plus tôt dans la journée, c’est Me Régis Bonkoungou, conseil du soldat Boureima Zouré, qui avait le crachoir. Il a demandé l’acquittement de son client qui, selon lui, n’a fait qu’exécuter des ordres légaux. « Je suis quelqu’un de bien former et bien éduquer. Je ne peux pas frapper le ministre Réné Bagoro (…)Je laisse pour moi à Dieu », s’est contenté le soldat qui purge déjà une peine de 10 ans dans l’attaque de la poudrière de Yimdi.

Pour le Sergent-chef Ali Sanou, le parquet militaire veut lui faire regretter son éducation. Il a dit ce qu’il fait et ne comprend pas pourquoi le ministère public veut lui faire dire ce qu’il n’a pas fait. « Je ne suis pas un criminel, je ne suis pas méchant », a soutenu l’accusé que défend Me Régis Bonkoungou. Ce dernier a également plaidé l’acquittement de son client qui, en rappel, purge également une peine de 17 ans dans l’affaire Yimdi.

Le Caporal Sami Da a lui aussi plaidé coupable par la voix de son avocate Me Antoinette Boussim qui note que son client a posé des actes du 16 au 21 septembre 2015 sur les ordres du Sergent-chef Roger Koussoubé. Par contre, elle s’est offusquée de ce que le parquet a requis une peine de 15 ans de prison ferme contre son client, pendant que pour des officiers qui ont participé aux réunions et posé des actes, le ministère public requiert juste 15 mois avec sursis. Son client qui a été affecté à la sécurité du Gal Gilbert Diendéré était un simple exécutant et ne pouvait refuser d’exécuter des ordres militaires, a poursuivi Me Boussim. Elle a de ce fait plaidé l’acquittement ou une condamnation avec sursis de son client. Les audiences se poursuivent ce 10 juillet.
Lefaso.net

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