Procès du putsch du CND : Les écoutes téléphoniques entre Djibril Bassolé et Guillaume Soro refont surface

Un nouveau témoin, et non des moindres, est passé à la barre du tribunal militaire ce mercredi 13 mars 2019. Le ministre d’Etat, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Moumina Shérif Sy, occupait les fonctions de président de Conseil national de la transition (CNT) pendant les évènements de septembre 2015.

Entré en clandestinité aux premières heures du coup d’Etat le 16 septembre 2015, le témoin Shérif Sy est revenu sur les évènements qui ont marqué cette période. Le 16 septembre 2015, lorsqu’il a appris l’arrestation de l’exécutif de la Transition, il a joint au téléphone le général Pingrenoma Zagré, chef d’état-major général des armées, qui a confirmé l’information. Il décide de faire une déclaration. Dans la foulée, on lui apprend que des véhicules du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) se dirigeaient vers le CNT. Par mesure de prudence, il quitte les lieux.

Ainsi débuta la clandestinité de celui-là même dont l’appel à la résistance tournait en boucle quelques heures plus tard sur la nouvelle fréquence radio, la 108.00. Laquelle fréquence a été baptisée « Radio de la résistance » au putsch. Faut-il le rappeler, le président du CNT, au moment des faits, incarnait le pouvoir législatif.

C’est donc à ce titre et en raison de l’incapacité du président de la Transition d’exercer ses fonctions, qu’il assurait l’intérim du chef de l’Etat, ainsi que l’intérim du chef suprême des armées. Selon son récit, la radio « Résistance » est l’œuvre de ses amis activistes qui ont piraté l’émetteur de la radio Savane FM pour faire passer le message condamnant le coup de force et invitant le peuple à faire bloc contre « cette forfaiture ».

Ce premier stratagème a été découvert par le RSP grâce à l’aide des techniciens de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Le signal a donc été interrompu. Mais c’était sans compter sur la détermination des amis activistes de Shérif Sy qui reviennent à la charge avec la mise en place de la seconde version de la radio « Résistance » quelques jours après et toujours sur la même fréquence, c’est-à-dire la 108.00. Cette fois-ci, avec en bonus une diffusion en ligne.

Depuis le passage du général Djibril Bassolé (absent de la salle), l’on ne parle plus trop des écoutes téléphoniques. Mais le témoin, lors de sa relation des faits, a fait cas desdites écoutes. Pour le ministre d’Etat, après le coup de force manqué, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, a tenté d’entrer en contact avec lui par l’entremise de son jeune confrère qui était directeur de la communication du parlement ivoirien. Le témoin dit avoir rétorqué à l’envoyé spécial que ce n’était pas le moment de parler de cela.

En octobre 2015, lors d’une rencontre des parlementaires francophones à Paris, Guillaume Soro himself a demandé à lui parler. En apartheid dans un couloir, ce dernier a reconnu avoir eu un échange téléphonique avec le général Bassolé. « Mais, que cela était une incompréhension car il ne me connaissait pas et voulait discuter », indique le ministre Sy.

Le témoin dit avoir demandé à son homologue ivoirien de quoi il voulait discuter. « Des propos que j’ai tenus », a répondu Soro. Et le témoin de lui signifier que s’il veut discuter de cela, il serait heureux de le recevoir au Burkina Faso pour en parler.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com) 
Lefaso.net

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