Procès du putsch du CND : « Aller conduire quelqu’un et cela devient 25 ans de prison ferme ? », s’interroge le Soldat Samuel Coulibaly

Les plaidoiries des avocats se sont poursuivies devant le tribunal militaire ce mercredi 3 juillet 2019. Neuf accusés ont pu prendre la parole à la suite de leurs défenses pour réaffirmer leur innocence.

Tout comme ses confrères, Me Maria Kanyili a plaidé la cause du Colonel Omer Bationo et du soldat Samuel Coulibaly. Pour ce dernier le parquet a requis 25 ans de prison ferme pour les faits de complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, dégradation volontaire aggravée de biens. Pour l’avocate, son client qui était en permission à Nouna (pour cause de maladie de son enfant) n’est revenu dans la capitale que dans l’après-midi du 17 septembre 2015. Il a directement rejoint son poste de garde à la Présidence du Faso. C’est ainsi que le lendemain 18 septembre 2015, le Sergent-chef Ali Sanou de passage lui demande de le conduire.

Cliquez ici pour lire aussi Procès du putsch du CND : Me Paul Kéré stoppé dans ses envolées lyriques

Le soldat demande à son interlocuteur de voir son chef de poste, le Sergent-chef Lamoussa Badoum. Il est donc autorisé par ce dernier à conduire le Chef Ali. C’est donc au volant du véhicule qu’ils se sont rendu à Zorgho. Selon le récit du soldat, il est resté dans le véhicule et ne sait pas ce qui s’est passé, jusqu’à ce qu’on lui dise de reprendre la route de Ouagadougou.

Pour Me Kanyili son client n’a rien vu, il n’a rien fait. Par conséquent, conduire quelqu’un ne peut être considéré comme une infraction. « Nul n’a le droit de travestir les faits », a-t-elle lancé. Elle n’a pas manqué d’accabler le parquet militaire qui ne dispose d’aucune preuve matérielle, à l’en croire, pour condamner son client.

Le soldat de l’ex-RSP Samuel Coulibaly n’a pas manqué de montrer sa déception quant aux réquisitions du parquet militaire le concernant. « Ce jour-là, lorsque je suis rentré à la maison, j’ai pleuré. Moi un soldat de 1ère classe, au milieu de deux chefs, qu’est-ce que je peux faire. Aller conduire quelqu’un et cela devient 25 ans de prison ferme ? Je vais aller dormir pendant 25 ans en prison », a-t-il souligné avec désespoir. Il a souhaité que Dieu touche le cœur du président du tribunal pour qu’il le déclare non coupable lorsqu’il rendra son jugement.

Me Pascal Ouédraogo quant à lui a plaidé la cause du Sergent Salif Coulidiaty et le Caporal Pascal Mounkoro. Des faits, il ressort que le Caporal Mounkoro (poursuivi pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat…) était au mauvais endroit au mauvais moment. Le 16 septembre 2015, il était de passage au palais présidentiel pour laver sa moto.

C’est ainsi qu’il fut intercepté dans le hall par le major Badiel Eloi entouré d’autres frères d’armes. En tenue de sport, on lui trouve rapidement une tenue et même une arme. C’est ainsi qu’on lui ordonne de suivre le Sergent-chef Ali Sanou pour aller désarmer la garde rapprochée des autorités de la transition à la présidence du Faso.

A la suite de la plaidoirie de son avocat et homonyme qui a demandé sa relaxe pure et simple, le Caporal s’est exprimé en ces termes : « Je suis comme un moustique qui est tombé dans les filets d’une araignée ». Ce qui a suscité des éclats de rire dans la salle d’audience.

Pour lui, son seul malheur a été de se rendre en ce lieu précis à cette heure de la journée pour laver sa moto. « Cette moto là même, monsieur le président, je l’ai vendue », a-t-il lancé. Laquelle moto est perçue comme la source de son malheur. L’accusé a dit ne pas connaitre la procédure pour faire un coup d’Etat donc il ne peut que demander la clémence du tribunal.
Lefaso.net 

Related posts

Leave a Comment