Procès du putsch : Confrontation à barre entre le colonel Moné et le lieutenant Jacques Limon

Ce mercredi 27 février 2019 devant le tribunal militaire, c’est le colonel major Moné Alassane qui donne sa version des faits en qualité de témoin. Au cours de l’audience, le lieutenant Jacques Limon a été rappelé pour une confrontation.

Le colonel major Moné Alassane a déclaré que quand ils sont arrivés pour la rencontre, la situation était électrique et que l’on les a accueillis avec toute une insolence sans pareil. « J’ai entendu dans la salle monseigneur Paul Ouédraogo se faire traiter de traitre, d’irresponsable, de menteur. Ce qui est accablant à écouter selon le témoin, c’est que le général Diendéré est resté « muet comme une carpe ». Et d’ajouter que ça a été difficile pour nous car on s’attendait au moins que le général nous soutiennent.

Ensuite, lorsque le parquet fait une lecture selon laquelle le colonel major Moné affirme n’avoir jamais vu, jamais parlé à l’expert Sanfo et, n’avoir jamais appris les tractations entre lui (l’expert) et le lieutenant Limon outre la version que l’accusé lui avait donné. Alors, le lieutenant Limon s’insurge contre le parquet : « Quand vous avez des gens ainsi, c’est énervant à la fin. Je me sens harcelé et je dois me défendre. Le parquet dit que j’ai magouillé pour me faire décorer. On me dit que je suis complice d’un complice. Pourquoi l’Etat doit payer du matériel à l’expert pour faire son travail. Soit il est expert, ou il ne l’est pas ».

Et le parquet de faire des observations

Le parquet militaire a fait remarquer à l’accusé qu’il doit avoir un minimum de considération à son égard car il représente la société. « Véritablement, je n’ai pas encaissé vos mots ‘´des gens ainsi…’´ J’ai toujours été courtois avec tout le monde », a déclaré l’accusation. Si des éléments soumis à l’appréciation de la procédure ne vous avait pas cité quelle qu’en soit la volonté du parquet vous n’allez pas être ici. Aussi, même si nous sommes des habitués du procès pénal avec de tels propos, on ne peut pas « vous caressez dans le sens des poils ».
Le lieutenant Limon a retiré ses mots après observations.
Lorsque l’on demande comment le lieutenant Limon a été décoré, le témoin confie que ce n’est pas la seule fois qu’il est décoré sauf que pour ce cas précis la liste n’était pas établie à son niveau. Et au lieutenant de marteler : « Je n’ai jamais demandé cette décoration. Je n’aime pas rentrer dans les détails mais lorsque ma dignité, mon honneur est bafoué, je fonce. Je ne suis pas celui qui coure derrière les décorations. Je suis poursuivi pour complicité et non pour décoration illégale. Je n’ai pas à expliquer la décoration ».

La technologie, un sauveur

A en croire Me Séraphin Somé n’eut été la magie de la technologie, un gros requin allait passer les mailles de la justice. Aussi tous ceux qui ont quelque chose à se reprocher, il se fâche, il insulte. En ce qui concerne le lieutenant Limon Jacques, il a été incapable de faire tomber la plus petite charge mis sur sa tête. Il est confondu, gêné de se retrouver devant ce qu’il appelé « mon patron ». Au moment où celui-ci cherchait des solutions, lui ramait à contre-courant. Et de conclure que la décoration de décembre 2015 est imméritée. « Vous n’allez pas la conserver parce que vous n’en êtes pas digne. Amenez nous de vraies preuve si vous voulez le garder ».

Wendemi Annick KABORE

Fasopic.net

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