Procès du putsch : 2 septembre 2019, longue semaine d’attente du verdict

Finis les débats. Place au silence et au recueillement pour les juges pour rendre la décision finale. Le sort des 84 accusés dans le cadre du procès du coup d’Etat de septembre 2015 sera connu le 2 septembre 2019. Ce 26 août 2019, les questions qui vont décider de la culpabilité ou non des présumés ont été dévoilées. Les avocats de la défense se sont dits confiants quant au verdict. « Je suis confiant que mon client va sortir », a déclaré un des avocats du Gal Gilbert Diendéré, présumé cerveau du coup.

Le compte à rebours est enclenché. Après plus d’une année de débats, les différentes parties au procès du coup d’Etat de septembre 2015 ont été renvoyées ce 26 août 2019. Le sort des 84 mis en cause se joue maintenant. Le 2 septembre 2019, ils seront tous situés.

Mais avant, à l’audience de ce jour, le président Seïdou Ouédraogo a donné lecture des questions auxquelles devront répondre les juges pour établir la culpabilité ou non de chacun des mis en cause. Ces interrogations couvrent toutes les infractions.

L’accusé est-il coupable des faits d’attentat à la sûreté de l’État ? L’accusé a-t-il en connaissance de cause, aidé ou assisté le général Gilbert Diendéré dans les faits d’attentat à la sûreté de l’État ? L’accusé, étant Burkinabè, a-t-il entretenu une intelligence avec une puissance étrangère ? L’accusé a-t-il fourni de l’aide ou de l’assistance pour des faits de trahison ? L’accusé a-t-il incité à la commission des actes contraires à la discipline militaire ? Existe-t-il des circonstances atténuantes ?

C’est, entre autres, le florilège de questions auquel devra répondre la chambre de première instance.
Le dévoilement du questionnaire a donné lieu à des débats. Me Dieudonné Bonkoungou s’est dit intrigué, parce que selon lui, dans la formulation des interrogations, certaines personnes sont déjà jugées coupables. Lui et d’autres avocats apportent alors des correctifs. Requête recevable dans le fond, mais le tribunal la rejettera après la suspension, parce que non fondée.

Nous avons déploré le fait qu’il y avait les des noms cités, donc ces personnes sont désignées d’office coupables, remarquera Me Zaliatou Aouoba qui défend entre autres l’adjudant Michel Birba, Sidi lamine Omar, Nanéma Fayçal. « Nous pensons que ces questions sont tendancieuses et sont dirigées, c’est pourquoi nous avions proposé d’autres formulations plus anonymes, qui auraient pu permettre aux gens de s’interroger dans le silence et le recueillement pour donner un oui ou un non éclairé (…) Mais tant que c’est dirigé comme c’est le cas, la réponse est facile, on n’a pas besoin de s’interroger. Ça heurte la présomption d’innocence », explique-t-elle.

Même son de cloche pour Me Olivier Yelkouni, un des avocats du présumé cerveau du coup le Gal Gilbert Diendéré. « Les questions telles que posées sont dirigées, et il y a des questions posées sur de faux postulats. Pour la trahison, par exemple lors des débats, il y avait le port d’arme contre l’Etat, ça ne transparait pas dans les questions(…) Recevoir de l’argent pour commettre un attentat à la sureté de l’Etat, c’est une trahison alors que cela ne figure pas dans les prévisions de la loi », note-t-il.

Me Séraphin Somé, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Pour le conseil des parties civiles, il n’y a pas de matière à débattre. « Les questions ne désignent pas de coupable, elles ont été formulées tel que préconisé par la loi (…)Il ne faut pas que les gens s’attardent sur le nombre d’accusés ; si c’était un seul accusé qui passait devant le tribunal, la question aurait été pareille, très précise…La question se rapporte à la personne et les faits qui lui sont reprochés ».

En tout cas, les débats sont clos et avant de renvoyer les différentes parties, le président du tribunal, Seïdou Ouédraogo, a expliqué que les membres de la chambre vont désormais se retirer dans le silence et le recueillement, avec pour boussole leur ultime conviction. Il précisera par ailleurs que pendant cette période, la salle de délibération sera gardée par le service d’ordre et nul n’y accédera sans son autorisation. Le jour de la vérité, c’est donc le 2 septembre 2019.

« Nous osons espérer qu’à la lumière des débats, il sortira de ce procès, une décision empreinte de raison pour apaiser tous les cœurs », présage Me Zaliatou Aouoba. Pour son confrère Me Olivier Yelkouni, la confiance en la relaxe de son client le Gal Gilbert Diendéré est sans faille. « Je suis confiant que mon client va sortir. Si je n’étais pas confiant, je ne serais pas venu le défendre ». Mais sait-on jamais. Si la décision ne le satisfait pas, il dit avoir la possibilité d’user des voies de recours que lui confère la loi.

Lefaso.net

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