Prise en charge des déplacés internes au Burkina : Des actions salutaires mais beaucoup reste à faire

L’année 2019 aura été particulièrement sombre pour le Burkina Faso. Suite aux nombreuses attaques terroristes, des centaines de milliers de personnes ont fui leurs villages pour se réfugier dans des endroits relativement plus paisibles. Depuis le début de cette barbarie, le gouvernement ainsi que les bonnes volontés s’activent pour apporter un soutien aux personnes déplacées. Zoom sur quelques mesures d’accompagnement marquantes de l’année écoulée.

Le Burkina Faso est pris depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à des groupes armés terroristes. Ces attaques sont menées sans discernement contre les populations civiles, les religieux, les lieux de culte, les forces de sécurité et les écoles. En 2019, le nombre des déplacés internes est monté en flèche.

Les femmes et les enfants paient le plus lourd tribut. Les rescapés du terrorisme viennent essentiellement du Nord du pays et surtout de la province du Soum. Ses populations qui fuient l’insécurité sont logées dans des camps installés par le gouvernement burkinabè ou dans des villages proches. Ces sites sont situés à Foulbé et à Barsalogho dans la région du Centre Nord et à Kelbo dans la région du sahel.

Afin de répondre aux besoins les plus cruciaux de ces personnes en détresse, le gouvernement a revu son plan d’assistance humanitaire. D’un budget prévisionnel de 187 000 millions de dollars, il a pu mobiliser 55,1 millions de dollars auprès des partenaires, annonçait le ministre en charge de l’action humanitaire, Marie Laurence Ilboudo/Marshall lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre par la Journée mondiale de l’aide humanitaire.

Au titre du bilan, 225 822 personnes ont reçu une assistance alimentaire, 35 000 personnes ont bénéficié de tentes familiales et de cash transfert pour les abris, 37 699 enfants de 6 à 59 mois souffrants de malnutrition aigüe sévère ont été pris en charge dans le programme nutritionnel thérapeutique (…).

Plus de 1,2 millions de personnes dépendantes « de l’assistance humanitaire », selon les Nations unies

L’Union européenne apporte son soutien aux efforts du gouvernement burkinabè. Dans cet élan de solidarité, elle a mobilisé en 2019, plus de 23 millions d’euros pour accompagner les partenaires humanitaires intervenant dans la gestion des questions des déplacés internes burkinabè. A cela, s’ajoutent des appuis multiformes de certains pays membres de l’UE.

Le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, n’est pas resté en marge. Il a mis à disposition des abris et des articles de secours provenant de ses stocks. Il assure également le suivi en matière de protection des déplacés internes et renforce sa présence dans le pays pour répondre aux besoins humanitaires croissants.

La situation des personnes déplacées préoccupe aussi le Royaume d’Arabie saoudite. Le 27 novembre 2019, le Centre du Roi Salman pour le secours et les Aides humanitaires a offert de l’aide alimentaire et sanitaire au ministère en charge de l’action humanitaire du Burkina Faso, Marie Laurence Ilboudo/Marshall.

Le don était composé de plus de 40 000 tonnes de vivres (riz, de maïs), de non-vivres (tentes) et d’appareils médicaux (tensiomètres). Récemment, plus précisément le 21 décembre 2019, l’Eglise catholique du Burkina Faso a lancé un vaste projet de soutien pour 2 000 familles déplacées hors camp et des communautés d’accueil suite à la crise sécuritaire, dans six diocèses du pays. D’un coût total de 673 millions de Francs CFA (1,1 million CHF), ce projet touchera une population de 14 000 personnes.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Related posts

Leave a Comment