Pr Augustin Loada, président du Mouvement patriotique pour le salut : « Le MPS se situe résolument dans le camp de l’opposition »

Le parti politique « Mouvement patriotique pour le salut » a été lancé le samedi 27 juillet 2019 à Tenkodogo par le Pr Augustin Loada. Dans son discours, il a donné les raisons qui ont prévalu à l’avènement du parti. Ainsi, dit-il, « la création du MPS trouve son fondement dans la trajectoire inquiétante prise par notre patrie ces dernières années ». Nous vous proposons ci-dessous l’intégralité de son intervention.

Mesdames et Messieurs les journalistes

Je vous souhaite le salut et la paix !

Un ami et collègue, appelons-le Luc, à qui je venais d’annoncer que j’étais le président d’un parti politique dénommé « Mouvement Patriotique pour le Salut », en abrégé

« MPS » m’a répondu que le Burkina Faso n’avait pas besoin de salut mais d’une citoyenneté active. Aujourd’hui, je voudrais convaincre tous mes amis et toutes mes connaissances, et vous aussi, mes chers compatriotes, du contraire !

Oui, le Burkina Faso a besoin de salut ! Je voudrais pour cela, m’appuyer sur un philosophe français contemporain, Denis Moreau. Je m’explique :

Salut : la notion vient de loin, d’une très ancienne pratique consistant à souhaiter le « salut » à son interlocuteur. Chez les Grecs et les Latins, le mot (sotèria, salus) a d’abord signifié le fait d’être ou de demeurer intègre et en bonne santé, physique ou morale… Puis le salut en est venu à désigner le fait d’être parvenu à un état de vie considéré comme souhaitable, et le processus qui permet d’atteindre cet état en étant délivré d’un danger qui en éloignait. En somme, on distingue dans le mot salut deux aspects : l’un, négatif, par où le salut s’entend comme délivrance, arrachement à une situation de péril ; et l’autre aspect, positif, à savoir l’accession à une situation considérée comme souhaitable.

Mesdames et Messieurs

Si vous êtes dans la catégorie des Burkinabè qui considèrent que « Yel ka yé », tout va bien et continuera à aller au mieux, vous n’éprouvez pas le besoin d’être sauvé de quoi que ce soit. Bienheureux êtes-vous ! Si vous êtes au contraire, comme nous, au MPS, persuadé que notre patrie le Burkina Faso se porte mal et même très mal ; si vous êtes comme nous, à la fois lucide sur les misères du peuple burkinabè et malgré tout confiant dans la possibilité d’améliorer les choses, alors vous êtes prêt à accepter une formation politique qui se préoccupe du salut de notre patrie.

Pour un marxiste, par exemple, les prolétaires, exploités, doivent être sauvés, par la révolution et ceux qui la mènent. Sans être marxiste, on peut quand même dire qu’ « un autre monde est possible ». Vous, je ne sais pas, mais nous au MPS, plus nous regardons le Burkina Faso s’engluer dans le « moutamouta », plus nous nous disons que notre Patrie a besoin de salut ; d’où la naissance du Mouvement Patriotique pour le Salut (MPS) au Burkina Faso.

Mesdames et Messieurs

Si je peux me tenir devant vous et vous parler du salut de notre patrie, c’est aussi parce que j’ai eu le privilège qu’a une minorité de Burkinabè d’avoir été à l’école. Si je n’avais pas étudié à l’École supérieure de droit de l’Université de Ouagadougou, je n’aurais pas rencontré des personnalités qui m’ont inspiré et façonné mon engagement citoyen. Je voudrais rendre hommage en particulier à 5 enseignants et deux généraux qui m’ont inspiré et ont contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Je voudrais, ici, rendre hommage :

  • A mon Professeur d’histoire géographie de la terminale du Lycée, pour avoir conseillé de m’orienter en droit.
  • A mon Professeur de droit constitutionnel, le Pr. Bado Laurent, pour m’avoir communiqué la passion du droit constitutionnel
  • A mon Professeur de droit du travail et de la sécurité sociale, Mme Juliette Bonkoungou, pour avoir fait de moi l’un de ses principaux collaborateurs au ministère de la Fonction publique et de la modernisation de l’Administration avant de venir une grande amie
  • A mon Professeur de comptabilité, Monsieur Zéphirin Diabré

pour son sens du leadership et pour tout le bien qu’il m’a fait Toute ma gratitude à tous ces étudiants sans lesquels mon métier d’enseignant n’aurait pas de sens, merci à tous ces vénérables professeurs de droit ou de science politique, les uns à la retraite, les autres en activité, qui ont fait de moi leur collègue. Merci à l’ensemble de la communauté universitaire pour avoir fait de moi ce que je suis. Je voudrais ici la rassurer : mon engagement dans la vie politique n’a pas suspendu mes fonctions d’enseignant-chercheur. Bien au contraire ; je continuerai d’apporter ma contribution à l’éducation et à la formation de la jeunesse burkinabè. C’est aussi une forme d’engagement tout à fait utile à notre nation que je compte poursuivre jusqu’au bout de mes forces.

A l’hommage à ces figures civiles de l’éducation ou du monde politique que j’ai côtoyées, je voudrais associer deux généraux qui ont aussi contribué à faire de moi ce que je suis, à savoir le Général Tiémoko Marc Garango pour le sens de la perfection qu’il m’a communiqué pendant ces dix années au cours desquelles nous avons travaillé ensemble, et le Général Yacouba Isaac Zida, pour m’avoir appelé dans son Gouvernement, en accord avec le Très distingué président de la Transition, S.E Monsieur Michel Kafando. Je voudrais, très sincèrement, remercier Yacouba Isaac Zida pour cette profonde et sincère amitié née des trois jours de détention que nous avons passés ensemble au Palais de Kossyam et pour ses conseils.

Mesdames et Messieurs

Beaucoup de gens qui me veulent du bien s’inquiètent de mon engagement partisan. Pourquoi ne pas rester dans la société civile disent-ils ? Pour moi, l’engagement citoyen et l’engagement dans les partis politiques sont deux faces de la même réalité. Dans ma vision des choses, « la politique, accomplie dans le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, peut devenir vraiment une forme éminente de charité ».

Cette vision, je la partage avec tous les patriotes qui ont constitué le Mouvement patriotique pour le salut (MPS). J’appelle tous les militants du MPS à vivre cette charité au sens politique du terme en pratiquant les vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique : la justice, l’équité, le respect réciproque, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité.

Mesdames et Messieurs

Si le MPS a choisi d’œuvrer pour le Salut de notre patrie, c’est parce qu’il est convaincu, « qu’ensemble, nous pouvons bâtir un Burkina meilleur » ! Mais comment bâtir un Burkina meilleur si la paix ne règne pas dans les cœurs ? « La paix est une conversion du cœur et de l’âme. Elle implique d’abord la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, en offrant un peu de douceur aux autres. Elle implique ensuite la paix avec l’autre, en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle. Elle implique enfin que chacun de nous reconnaisse sa part de responsabilité dans la construction de la paix, en tant qu’habitant du Burkina, citoyen et acteur de l’avenir.

Il nous faut courageusement tourner la page de l’insurrection et laisser nos histoires d’insurgés et d’ancien régime aux historiens. Les Burkinabè dans leur grande majorité le réclament, selon la plus récente enquête d’Afrobaromètre. S’ils sont partagés entre manifestation de la vérité et oubli sur ce qui s’est passé durant l’insurrection d’octobre 2014, les Burkinabè veulent que leur pays progresse. Ils sont favorables à l’amnistie et prônent pour une paix durable et la réconciliation nationale la confession et le pardon avant la recherche de la vérité, l’amnistie générale, et les poursuites judiciaires. Dans l’intérêt de la réconciliation nationale, la moitié des Burkinabè, surtout les femmes et les ruraux, pensent que ce serait une bonne chose que Blaise Compaoré soit autorisé à retourner au Burkina sans crainte d’être emprisonné.

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire la réconciliation sur le dos de la justice. Si le MPS reconnaît que tout citoyen, qu’il ait été Président du Faso ou pas peut être entendu par la justice, il convient cependant de reconnaître aussi que tout Burkinabè, qu’il ait été Président du Faso ou pas « a droit à ce que sa cause soit entendue par une juridiction indépendante et impartiale et est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie ».

C’est pourquoi, par-dessus tout, la dignité de la personne humaine doit être respectée. Sans le respect de ces principes, la justice serait pervertie ; elle se confondrait avec la vengeance, le règlement de comptes. Last but not least, les puissants d’aujourd’hui doivent savoir que la roue tourne, surtout quand la démocratie fonctionne ! Les présidents d’aujourd’hui peuvent être demain des justiciables et les prisonniers d’aujourd’hui peuvent être les présidents de demain. Si vous ne savez pas, interrogez Nicolas Sarkozy ou Laurent Gbagbo.

Pour sa part, le MPS, au nom de tous les patriotes sincères demande pardon au peuple burkinabè pour les victimes des violences qui ont émaillé la vie politique ces dernières années. Pour ceux qui portent encore en eux les séquelles et les stigmates de ces violences, pour ceux ont perdu des biens, pour ceux qui ont connu la tristesse, la désolation, le désespoir, nous demandons pardon. Pour les martyrs, pour ceux qui ont perdu la vie, observons une minute de silence.

Je vous remercie

Mesdames et Messieurs

La création du MPS trouve son fondement dans la trajectoire inquiétante prise par notre Patrie ces dernières années. Par un retournement de l’histoire, le Burkina Faso qui bénéficiait d’un capital de sympathie dans le monde entier est devenu le sujet, voire l’objet d’une compassion internationale, qualifié désormais de « ventre mou » du Sahel. La rupture attendue et promise n’a pas eu lieu. En lieu et place est amorcé un processus de restauration du système postcolonial rejeté par le Peuple burkinabè. Face à ce tête-à-queue politique, le Peuple burkinabè et les observateurs internationaux, médusés, ne cessent de s’interroger : tous ces martyrs de l’insurrection et de la résistance au putsch seraient-ils morts pour rien ? Ce sang versé, ces larmes versées, tout ça pour ça ?

La faute politique la plus grave commise contre le Peuple et la Nation burkinabè est d’avoir éteint la flamme de l’espérance née de l’insurrection, d’avoir étouffé l’optimisme du Peuple burkinabè ; d’avoir étouffé sa voix dans l’exercice de sa propre souveraineté ; d’avoir développé une conception jouissive du pouvoir d’État à rebours d’un contexte post-insurrectionnel ; d’avoir différé l’impératif de rassembler le Peuple burkinabè ; d’avoir laissé le tissu social de notre Nation se déchirer en attisant les conflits communautaires, en privant certaines de ses composantes de l’indispensable protection de l’État ; d’avoir ainsi renoncé à exercer ce qui relève même de l’essence du politique, à savoir sa fonction unificatrice et régulatrice. Oui, laisser le tissu social se déchirer pour se présenter par la suite en grand chirurgien capable de recoudre les morceaux relève d’un contresens politique.

Parce qu’il n’est pas d’accord avec la trajectoire prise par notre Burkina Faso depuis quelques années ; parce qu’il entend construire une alternative à ce qui nous est donné de voir depuis plus de 30 ans dans notre pays ; parce qu’il n’a pas vocation à jouer le rôle de remplaçant dans une équipe qui a montré ses limites, parce qu’il entend offrir à notre peuple la possibilité de sortir du duopole des « Caïn et Abel » d’une même famille politique, le MPS se situe résolument dans le camp de l’opposition à la politique actuelle.

Mesdames et Messieurs

«  Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler ». Pendant longtemps en effet, nous avons récriminé en silence face à ce délitement de l’État-nation pour ne pas être accusés d’entraver la mise en œuvre du programme des nouveaux gouvernants qui demandaient du reste à être jugés avec le temps. Mais nous avons fini par nous convaincre que la trajectoire prise conduit inexorablement

à l’impasse. D’où l’urgence d’agir pendant qu’il est encore temps afin de ne pas être accusé par l’Histoire de non-assistance à Peuple en danger. Comme le disait Frantz Fanon, dans « Les Damnés de la Terre », « chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir ». Nous sommes persuadés qu’un Burkina Faso meilleur est possible. Car, l’histoire des peuples s’est parfois écrite dans le sang et les larmes quand le dialogue ou la diplomatie ont échoué. L’histoire des grandes nations est parfois jalonnée de conflits, de guerres.

Mais les grands peuples, les grandes nations ont su à chaque fois trouver des ressources internes pour rebondir pour ne pas périr. Qui pouvait imaginer en Afrique le Rwanda de Paul Kagamé transcender l’horreur du génocide de 1994 pour être cité aujourd’hui en exemple ? En tout état de cause, nous, militants du MPS, avons fait le serment d’accomplir notre mission politique : redonner de l’espoir au peuple burkinabè.

Loin du pharisianisme et du sectarisme idéologiques, nous assumons haut et fort que nos références ou inspirations, nous les puisons dans toutes les influences philosophiques et expériences pratiques susceptibles de faire progresser notre Peuple sur le terrain du bien-être et des valeurs qu’il aura définies comme étant les siennes. Toutefois, les patriotes regroupés autour du MPS ne cachent pas leur affinité élective avec la social-démocratie originelle. Ayant été, pour la plupart d’entre nous, socialisés dans les valeurs humanistes, nous sommes particulièrement attachés à la justice, à l’égalité et à la solidarité, et sensible aux besoins des plus faibles, des plus vulnérables.

Mesdames et Messieurs

Nous savons que les partis politiques n’ont pas bonne presse. Que ce soit au Burkina Faso ou partout dans le monde, la confiance des citoyens envers les partis politiques est faible. Mais en même temps, les partis politiques demeurent un rouage indispensable de la démocratie représentative. C’est pourquoi le MPS fait le serment de travailler à consolider la démocratie dans notre pays tout en travaillant à accroître la confiance des citoyens, en particulier de ses militants et sympathisants.

La vision du MPS est de bâtir un Burkina meilleur avec le concours de tous les talents ! Nos symboles sont :

• Les cercles de l’unité et de la cohésion sociale

• Le bleu clair de la foi en l’avenir, de l’espérance, de la sagesse et de la sérénité

• Le bleu foncé de la vérité, de l’intégrité et de la sécurité

• La colombe de la paix, de la réconciliation nationale, de l’harmonie et de l’amitié avec les peuples d’Afrique et du monde

• Les trois cauris de la prospérité, du développement économique et social inclusif sous-tendus par la créativité

Notre ambition est de devenir la formation politique burkinabè la plus distinguée par son professionnalisme et son efficacité, avec pour mission politique de redonner de l’espoir au peuple burkinabè. Ce qui implique de faire du MPS une organisation durable, quadrillant l’ensemble du territoire national. Le MPS entend y parvenir en suivant entre autres principes, l’esprit de service, le patriotisme et l’intégrité ainsi que le principe du « compter sur nos propres forces et appliquer des solutions burkinabè aux problèmes burkinabè ». Les valeurs du MPS sont, entre autres, le travail, la démocratie, les valeurs de la famille africaine et le panafricanisme.

Nous sommes un Mouvement patriotique parce que nous sommes un groupe de patriotes qui veulent faire bouger les lignes et la société burkinabè, parce que nous sommes engagés dans une action collective en vue de transformer positivement la société, en vue du salut de notre patrie. Nous sommes préoccupés par le Salut de notre Patrie parce que nous pensons qu’un Burkina meilleur est possible.

Pour ce Salut et pour se distinguer des autres partis politiques, le MPS se propose de travailler sur les imaginaires, les discours et pratiques politiques, afin de promouvoir des représentations sociales du pouvoir politique, un parler et une pratique du politique conformes aux principes et valeurs cardinales consacrés par son Manifeste. Le MPS entend développer un argumentaire et des pratiques sans ambiguïtés : la politique et la fonction publique sont un service rendu au Peuple, des instruments au service du bien commun, de l’intérêt général et non au service d’intérêts particuliers ou partisans.

Le MPS propose de contribuer à l’animation de la vie politique en faisant autrement. De la bouche d’un militant ou dirigeant du MPS ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt une bonne parole capable d’édifier quand il le faut ! Contre les discours stériles, le MPS entend apporter sa contribution à l’animation de la vie politique par une communication non-violente et constructive, basée sur l’éthique de la discussion (vérité des faits, justesse des actions, sincérité du jugement). Le MPS éduquera ses militants dans ce sens et encouragera les formes de communication constructive pour le parti.

Vis-à-vis de ses militants, sympathisants et électeurs, le MPS développera des exigences éthiques. Il rejette le clientélisme par lequel les partis politiques ont l’habitude d’offrir une compensation matérielle en échange d’un soutien politique lors des élections. La solidarité étant l’une de ses valeurs cardinales, le MPS encourage ses dirigeants, militants et sympathisants à manifester de manière concrète cette solidarité en portant assistance ou secours aux plus faibles, aux plus vulnérables, sans toutefois sonner la trompette devant eux en mobilisant les médias et caméras, comme le font certains.

Face au doute, aux interrogations, aux problèmes qui pourraient se poser dans l’espace public ou dans la vie politique, le MPS propose à ses militants et sympathisants comme critères de jugement ou d’évaluation le respect des principes et valeurs développés dans son Manifeste.

Dans son Manifeste, le MPS, en attendant l’élaboration de son programme électoral, a formulé des propositions portant sur :

i. La protection et la défense nos compatriotes contre la menace terroriste et sécuritaire

ii. La structure de notre économie en vue de la création de valeurs ajoutées, d’emplois décents et de la réduction du taux de chômage

iii. Les conditions de vie de nos concitoyens

iv. Les changements climatiques

v. L’accès à l’eau potable et à l’assainissement

vi. La sécurité sanitaire de nos compatriotes

vii. L’accès à une Éducation de qualité

viii. Les infrastructures de désenclavement de qualité

ix. L’accès à l’énergie

x. L’accès à un réseau numérique de qualité sur l’ensemble du territoire national pour une meilleure contribution au développement

xi. La revalorisation de la culture burkinabè

Mesdames et Messieurs

Sans la sécurité, sans la paix et la réconciliation nationale, il n’y aura pas de prospérité, encore moins de développement. Aujourd’hui, les plus hautes autorités de l’Etat reconnaissent que la question de la conquête du pouvoir est secondaire, face à la menace existentielle qui pèse sur notre Etat-nation. C’est dire la gravité de la situation.

Le MPS, après un diagnostic, impute les causes de cette situation dans la structure et la gouvernance même du système de défense et de sécurisation du pays. Que faire ? Il apparaît urgent de procéder à une réforme globale du secteur de la sécurité. Il ne s’agira pas ici de faire comme dans le passé où abusivement on a prétendu reformer l’armée en procédant à des mutations de personnels, à l’acquisition de certains matériels, et à la création de nouvelles unités. La réforme du secteur de la sécurité (RSS) visera des objectifs stratégiques que le MPS a détaillés dans son Manifeste.

La sécurité est un droit fondamental pour chaque Burkinabè et en tant que telle, elle constitue pour le MPS une extrême priorité. Dans ce contexte, les Burkinabè quels qu’ils soient, sans distinction, doivent, partout où ils se trouvent, pouvoir se sentir en sécurité, se sentir chez eux. A ce titre, nous devons nous sentir solidaires de ces milliers de nos compatriotes, devenus déplacés, réfugiés dans leur propre patrie. Assurément, la réforme du secteur de la sécurité ne saurait tarder, ni même souffrir des lenteurs liées à une raison quelconque. L’État mobilisera immédiatement toutes les ressources humaines matérielles et financières nécessaires à l’élaboration du schéma de cette réforme suivie de sa mise en œuvre effective.

Le MPS voudrait, ici à Tenkodogo, sonner le tocsin. Il nous faut déclarer la guerre aux terroristes et mobiliser la patrie. Il nous faut mobiliser notre jeunesse, instituer la conscription obligatoire des jeunes. Il nous faut combattre résolument les dynamiques économiques, sociales et politiques locales qui constituent un terreau fertile pour l’extrémisme violent dans nos différentes régions. Pour paraphraser le révolutionnaire français, Danton dans son Discours du 2 septembre 1792, « Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, et sauver notre Patrie en danger, mesdames, messieurs, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ».

Mesdames et Messieurs

Les solutions audacieuses pour relever notre patrie ne pourront être concrétisées avec efficacité que par des patriotes audacieux, soucieux de l’intérêt de la patrie. Au regard de l’impasse dans laquelle se trouve notre patrie, le MPS appelle tous les patriotes à le rejoindre pour travailler à l’élection d’un gouvernement qui concrétise les priorités ici définies ainsi que les principes et les valeurs consacrés dans son Manifeste. Engagez-vous auprès du MPS si vous partagez les principes d’action qui guident son engagement.

Plusieurs autres s’apprêtent à nous rejoindre pour apporter leur pierre à la construction d’une patrie où il fait bon de vivre pour la grande majorité des Burkinabè. Ne différez pas votre engagement ! Si vous avez au moins 18 ans, venez au MPS. Nous avons besoin de vous, de votre passion, de votre énergie, de votre expérience, de vos compétences, de votre voix, de vos intelligences individuelles et collectives dans notre mouvement pour le Salut du Burkina !

Dieu bénisse le Burkina Faso ! Qu’il tourne son regard sur nous ! Qu’il nous prenne en grâce !

Je vous remercie !

lefaso.net

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