Pour la première fois, Washington sanctionne des élus du Hezbollah libanais

Les États-Unis ont sanctionné, mardi, deux députés du Hezbollah accusés d' »exploiter le système politique et financier » du Liban au profit du mouvement chiite et de l’Iran, visant pour la première fois des élus du parti.

L’administration de Donald Trump a élargi, mardi 9 juillet, sa campagne de « pression maximale » contre l’Iran et ses alliés en imposant pour la première fois des sanctions contre des députés du Hezbollah libanais.

Amine Cherri et Mohamad Hasan Raad sont accusés d' »exploiter le système politique et financier » du Liban au profit du mouvement chiite et de l’Iran, selon un communiqué du ministère américain du Trésor.

Une troisième personne sanctionnée est Wafic Safa, chef de l’appareil sécuritaire du Hezbollah et l’un des hauts responsables historiques du mouvement, poids lourd de la politique libanaise avec trois ministères.

Le Hezbollah a dénoncé ces sanctions américaines, les qualifiant d' »humiliation pour le peuple libanais ».

>> À voir : L’Achoura à Beyrouth, avec les militants du Hezbollah

Donald Trump a fait de l’Iran chiite, accusé de déstabiliser le Moyen-Orient, sa principale bête noire. Washington a multiplié les sanctions pour lui couper ses revenus, ainsi qu’à ses alliés régionaux comme le Hezbollah, qu’il considère comme une organisation « terroriste ».

Le mouvement chiite « menace la stabilité politique et économique du Liban et de la région, tout cela au détriment du peuple libanais », a affirmé Sigal Mandelker, la sous-secrétaire au Trésor américain.

Cette « campagne de pression maximale contre le régime iranien – le premier parrain du terrorisme mondial – et ses affiliés a déjà réussi à limiter le soutien financier reçu par le Hezbollah », s’est félicité de son côté dans un communiqué le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Plus de distinction entre aile militaire et politique du Hezbollah

Amine Cherri, 62 ans, a été élu député à Beyrouth en 2005, puis en 2018. Proche de l’appareil sécuritaire du mouvement chiite pro-iranien, il est également accusé d’avoir menacé les responsables d’une banque et leurs familles après que l’établissement a gelé les comptes de membres du parti chiite placés sur la liste des sanctions américaines.

Mohamad Hasan Raad, pour sa part, « continue à donner la priorité aux activités du Hezbollah et à prendre en otage la prospérité du Liban », avance le Trésor. À 64 ans, il est le chef du groupe parlementaire du Hezbollah et l’un des « anciens » du parti. Il a été élu pour la première fois en 1992 lors du premier scrutin organisé après la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1975 et 1990.

« Que chaque membre du Hezbollah qui pense à participer à une élection sache qu’il ne pourra pas se cacher sous la couverture d’un mandat électif », a commenté à des journalistes un haut responsable de l’administration américaine.

Wafic Safa, un proche du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, est lui accusé de profiter de sa position pour faire entrer au Liban des produits de contrebande, « dont des drogues illégales et des armes », et pour faciliter les déplacements des cadres du « Parti de Dieu ».

Créé au début des années 1980 avec le soutien de Téhéran, le Hezbollah libanais a mené plusieurs guerres contre Israël dans le sud du Liban et incarne la « résistance » face à l’État hébreu, proche allié de Washington. En tout, 50 membres ou entités liés au Hezbollah ont été placés depuis 2017 sur la liste des sanctions américaines pour terrorisme.

france24

Related posts

Leave a Comment