Politique nationale : La NAFA attire l’attention du pouvoir sur l’état de santé de Djibrill Bassolé

La Nouvelle alliance du Faso (NAFA) a organisé une cérémonie de présentation de vœux ce samedi 16 février 2019 à Ouagadougou. Occasion pour les responsables du parti de donner leur lecture de la situation nationale et d’attirer l’attention du pouvoir sur l’état de santé du général Djibrill Bassolé, « absent ces derniers temps du banc des accusés du procès du putsch pour raison de maladie ».

C’est dans la sobriété que la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) a sacrifié à cette tradition des voeux. Moment également pour rendre hommage aux Forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme et avoir une pensée pieuse pour les victimes des attaques. La NAFA se dit préoccupée par l’affaire de Yirgou qui, selon elle, constitue le premier test pour le gouvernement MPP, « s’il veut démontrer qu’il est vraiment contre l’impunité ». Le parti demande à ce que les fautifs soient interpellés sans délais et traduits en justice. « C’est la seule condition de réussir durablement notre vivre ensemble au Burkina Faso », indique le président du parti, Pr Mamoudou Dicko.

Sur la question des associations d’auto-défense Koglwéogo mises en cause dans la crise de Yirgou, le parti retient qu’après avoir longuement inquiété les défenseurs des droits humains et troublé la cohésion des populations dans plusieurs régions du pays, elles sont devenues le problème numéro 1 du Burkina. Il s’interroge sur ce qu’il qualifie de « laxisme incroyable du pouvoir MPP » par rapport à cette question. « Depuis le début, en 2014, il se susurrait au Burkina Faso qu’il y a un deal politique entre le parti MPP et cette milice naissante », expose M. Dicko.

Jugeant la situation du pays difficile, particulièrement ces trois dernières années (référence faite à l’arrivée du MPP au pouvoir), le président de la NAFA souligne que l’espoir tant promis et suscité par le pouvoir MPP a fait place à la désillusion et les Burkinabè ont totalement perdu confiance, eu égard à la façon dont le pays est dirigé.

« L’Etat de droit est en souffrance au Burkina Faso », affirment les responsables de la NAFA qui déplorent en outre un « tâtonnement au sommet de l’Etat ». « Pire, la suffisance, l’arrogance et l’incivisme ont été érigés en mode de gouvernance. Le pouvoir du MPP ne tire des leçons que des conséquences, mais pas des causes de son manque de vision pragmatique et de sa mal-gouvernance », illustre Pr Mamoudou Dicko.

Les responsables de la NAFA ont également rendu un hommage à leur leader, le général Djibrill Bassolé, au sujet de qui, ils ont interpellé le pouvoir. « En effet, après une nième hospitalisation, il a été admis à l’hôpital Blaise Compaoré pour d’autres maux. Il a été opéré et est dans un état relativement stable. (…). Nous souhaitons qu’il recouvre sa liberté provisoire intégralement. Comme vous le savez, depuis, il est embrigadé par le pouvoir par un arrêté du ministre de la Défense, qui refuse qu’il jouisse de sa liberté provisoire à lui donner par le juge. S’il était en liberté provisoire, ça allait lui permettre d’avoir une meilleure mobilité ; parce qu’il est sexagénaire actuellement et à cet âge, ce n’est pas facile d’être privé de liberté. Depuis longtemps, les gens savaient qu’il avait un problème de santé. (…). Nous attirons l’attention du pouvoir également, qu’il est responsable de tout ce qui va lui arriver en matière de privation de liberté ; parce qu’il bénéficie d’une liberté provisoire, mais pourquoi c’est à lui seul qu’on refuse. Jusqu’à ce qu’on l’amène à ne pas faire ses activités physiques à son domicile, ne serait-ce que jouer à la pétanque. Peut-être que s’il exerçait ses activités physiques, son état de santé s’améliorerait. Mais il est resté cloitré et c’est probablement l’une des causes de la détérioration de son état de santé », informe le président du parti.

La NAFA appelle le peuple burkinabè à travailler à l’unisson pour sauver le pays. « Ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise, donc nous devons privilégier l’unité et la cohésion nationales », estime Pr Dicko. « Aucun pays au monde ne s’est développé sans l’unité et la cohésion nationales. Aucun développement socio-économique n’est possible dans la haine, la division, l’inimité et la vengeance. L’exclusion et le copinage politiques prônés depuis la transition, doivent maintenant faire place à l’union, la paix et la cohésion sociale, piliers indispensables pour le développement socio-économique et la paix dans notre pays. (…). Il nous appartient tous donc de travailler à restaurer l’espoir et ranimer le rêve de grandeur et de dignité de notre patrie. C’est pour cette raison que pour l’intérêt supérieur de la nation, la NAFA appelle le président du Faso à instaurer avec courage et abnégation, un dialogue franc sans ostracisme avec toutes les forces vives du Burkina Faso de l’intérieur comme de la diaspora pour repartir sur de nouvelles bases pour une nation stable, prospère et unie », a exprimé la direction politique de la NAFA, appelant le pouvoir à « gouverner par l’exemple, la justice, l’équité et l’honnêteté ».

La présentation des voeux s’est poursuivie par un huis-clos entre la direction politique nationale et les délégations venues des 45 provinces du pays.

OL
Lefaso.net

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