Polémiques sur les « Gilets jaunes », le franc CFA : la France rappelle son ambassadeur en Italie

Les relations entre la France et l’actuel gouvernement italien ont définitivement pris du plomb dans l’aile avec le rappel ce jeudi de l’ambassadeur français en Italie pour des « consultations ». Une montée de tensions inédite entre ces deux pays de l’Union européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Depuis quelques semaines, l’extrême-droite italienne, actuellement aux affaires, et le gouvernement français ont du mal à accorder leurs violons. Signes de ces tensions croissantes, la rencontre mardi en France du vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), avec des “gilets jaunes”, mobilisés depuis plus semaines contre le président Emmanuel Macron. “Le vent du changement a franchi les Alpes. Je répète : le vent du changement a franchi les Alpes”, avait écrit sur Twitter M. Di Maio après sa rencontre.

Une initiative qui a mis le feu aux poudres entre Paris et Rome, le gouvernement français ayant décidé de rappeler son ambassadeur. “La France a fait, depuis plusieurs mois, l’objet d’accusations répétées, d’attaques sans fondement, de déclarations outrancières que chacun connaît et peut avoir à l’esprit”, a déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay dans un communiqué.

L’Italie “disponible” pour le dialogue

Cet épisode est le dernier en date d’une série de soubresauts entre les deux capitales européennes, sans « précédent, depuis la fin de la guerre », a fait remarquer Agnès von der Mühll la porte-parole du Quai d’Orsay. Fin janvier, le même Luigi Di Maio accusait la France d’appauvrir l’Afrique et d‘être à l’origine de la crise migratoire qui secoue l’Europe. « La France est un de ces pays qui, parce qu’il imprime la monnaie de 14 pays africains, empêche le développement et contribue au départ des réfugiés. Si l’Europe veut en ce moment avoir un peu de courage elle doit avoir la force d’affronter le thème de la décolonisation de l’Afrique », avait-il déclaré.

Ces propos avaient eu un écho particulier sur le continent africain, notamment auprès des pro et anti-franc CFA, alors que le débat sur cette monnaie ne cesse de gagner de l’ampleur dans les pays concernés.

Pour Paris, cependant, les prises de position du gouvernement italien n’ont de raison que les prochaines élections européennes. Matteo Salvini, patron de la Ligue et homme fort du gouvernement italien, tente d’organiser un front européen de l’extrême droite contre les pro-européens incarnés notamment par le chef de l’Etat français en vue du scrutin du 26 mai. “La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie”, a souligné Agnès von der Mühll.

Ce jeudi, Salvini et Luigi Di Maio se sont dits « disponibles » pour des discussions avec les autorités françaises.

fr.africanews.com

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