Péages : Les travailleurs en grève à partir du 27 février 2020

Les travailleurs des péages vont observer, du 27 février au 1er mars 2020, une grève de 72 heures pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. L’information a été donnée ce mardi 18 février par les responsables du Syndicat autonome des travailleurs des péages du Burkina Faso (Synatrap), au cours d’une conférence de presse.

Les agents des péages ne sont pas contents de leur traitement. Pour le faire savoir et réclamer de meilleures conditions de vie et de travail, ils seront en grève pour trois jours à compter du 27 février prochain. « Pour ne pas sombrer dans une léthargie qui n’a que trop duré, nous vous prenons à témoin des actions futures et imminentes qu’engagera le Synatrap/BF en vue de valoriser nos emplois et rétablir les travailleurs dans leurs droits. A ce titre, une grève de 72 heures est prévue pour le jeudi 27 février 2020 à 8h, au dimanche 1er mars à 8h », a informé Boubacar Dianda, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs des péages du Burkina Faso.

Une plateforme revendicative de 17 points…

Les agents des péages, en déclenchant cette grève, espèrent obtenir la satisfaction de leur plateforme revendicative constituée de 17 points. Il s’agit notamment de l’adoption d’un statut du personnel assorti d’un plan de carrière valorisant, d’un plan de formation et de promotion des compétences internes. Sur ce point, les travailleurs sont particulièrement remontés contre la nomination par le Trésor public des régisseurs pour réguler leur travail.

« Au lieu d’intégrer les emplois du péage et notamment la responsabilisation de certains agents, on joue un double jeu. Tantôt c’est le Trésor public qui continue de nommer des régisseurs, de fois ce sont les directions régionales du ministère des Infrastructures qu’on implique en allouant des budgets et elles sont chargées de gérer des stocks de carnets. Nous marquons notre indignation face à des gestions macabres dont sont victimes les travailleurs des péages depuis 1998 », se sont insurgés les conférenciers. Le conférencier principal a d’ailleurs ajouté : « Cette action de grève sera suivie du boycott des régisseurs actuels qui, administrativement, n’ont aucun lien avec le Fonds spécial routier ».

Boubacar Dianda et ses camarades revendiquent également un manuel de procédure administrative et financière, un contrat de travail formel pour tous les agents, une indemnité de transport et de risques, et une prime de panier pour tous les travailleurs. Ils veulent la réfection et l’équipement des péages en matériel de travail adéquat et aussi un dispositif sécuritaire pour ces lieux. « Des postes de péage ont été attaqués. A Ouahigouya, un de nos collègues a été malheureusement tué et un autre, blessé, est jusqu’à présent handicapé », a relevé Boubacar Dianda.

Etre consulté avant les prises de décisions concernant les travailleurs
Le Synatrap veut aussi avoir son mot à dire dans les décisions administratives et financières le concernant. Pour cela, il demande la création d’un cadre de concertation périodique entre la direction et l’ensemble des travailleurs, en vue d’une meilleure coordination des actions.

Après de multiples consultations avec les premiers responsables du Fonds spécial routier, auquel la gestion des péages a été confiée, et des promesses, les responsables de Synatrap disent remarquer que rien ne bouge dans l’intérêt des travailleurs. Cette fois, le syndicat n’entend plus faire dans la complaisance. « Si nos problèmes ne seront pas résolus, l’autorité ne doit pas s’attendre à des recettes des péages cette année », a prévenu Boubacar Dianda, secrétaire général du Synatrap.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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