Parc urbain Bangr-wéogo : La forêt classée de Ouagadougou semble abandonnée

Avec ses 265 hectares de forêt classée, le parc urbain Bangr-wéoogo est le poumon vert de la capitale burkinabè. Il abrite une biodiversité exceptionnelle, et joue un rôle essentiel dans la régulation des eaux de la ville. Mais depuis un certain temps, le parc suffoque. Même s’il garde toujours les stigmates de l’inondation du 1er septembre 2009, il n’en demeure pas moins que la rigueur dans l’entretien de l’espace n’y est plus.

Le poumon vert de la capitale respire à peine. Le parc urbain Bangr-wéoogo, qui est censé déverser de l’oxygène aux habitants de Ouagadougou, s’essouffle peu à peu. C’est le triste constat fait ce lundi 15 février 2021 sur les lieux. Quelques années en arrière, le parc pouvait enregistrer près de 275 visiteurs par jour et générait des devises au profit de la municipalité. De nos jours, l’engouement pour cet espace vert laisse à désirer, a confié le gérant du jour trouvé sur les lieux, qui a requis l’anonymat.

Des sachets de toutes les couleurs devant l’entrée principale du parc Bangr-wéogo.

Les raisons de ce manque d’intérêt sont à rechercher du côté de la gestion des déchets et de l’entretien des espaces verts, notamment les pelouses, avance notre interlocuteur. Dès l’entrée principale, les sachets usés accrochés aux herbes sèches se donnent à voir aux passants. Le constat est le même à l’intérieur. Pourtant, a déclaré le gérant, une équipe de nettoyeurs est censée passer tous les jours pour rendre les lieux propres. « Entre ce qui est prévu et ce qui est fait, il y a donc un fossé », a-t-il lancé. Il était 11 heures passées, et la fameuse équipe était toujours attendue.

Karim W. Moyenga a été gérant de parking à l’entrée ouest du parc. Il vend désormais des cache-nez et des lunettes solaires non-loin de l’entrée de Faso Parc. Il reconnaît qu’il n’y a plus de rigueur dans l’entretien de Bangr-wéogo. « Quand je faisais le parking, les matins, je faisais ce que je pouvais en ramassant les sachets qui sont accrochés aux herbes avant de commencer mon travail », a-t-il fait savoir.

L’insalubrité règne aussi à l’intérieur du parc.

Et d’ajouter que sa reconversion professionnelle a été motivée par la diminution du nombre de visiteurs du parc. « Même Faso Parc, site d’attraction à l’intérieur du parc, fait aussi grise mine. De moins en moins les parents amènent leurs enfants ici. Cela a des conséquences sur nos recettes », a-t-il déploré.

Des pelouses asséchées

S’il est vrai que le parc urbain Bangr-wéoogo a été durement éprouvé par les inondations du 1er septembre 2009, il ressort cependant un manque de volonté dans l’entretien du site. Les pelouses ne sont plus arrosées, si bien que le gazon est tout desséché. Selon les explications du gérant, des robinets installés tout autour des pelouses et munis de tuyaux, servaient à arroser le gazon. Mais il y a longtemps que ces robinets ne fonctionnent plus. A côté de la pelouse, paradoxalement, il y a une plaque qui indique de ne pas s’assoir sur le gazon. Sur les herbes asséchées, ils devraient dire.

Plaque interdisant de s’assoir sur la « pelouse ».

En rappel, le parc urbain Bangr-wéoogo, situé au cœur de la ville de Ouagadougou, est une forêt naturelle, un cadre par excellence d’éducation environnementale. C’est un cas unique dans la sous-région qu’il faut impérativement sauvegarder.

Obissa Juste MIEN
Lefaso.net

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