Ouagadougou : le cri de cœur de ces déplacés

Deux cent quatre vingt quatorze (294) personnes déplacées, sont nouvellement arrivées à Ouagadougou  depuis le 08 février 2020. Ces rescapés burkinabè ont élu domicile de fortune dans l’arrondissement 08 de la capitale, en plus des quelques cinq mille autres déplacés qui y vivent déjà. Les nouveaux ont été accueillis par la municipalité. Mais selon les principaux intéressés, l’assistance par les services compétents se fait énormément désirée.

Selon Boubacar Diallo résidant de Zagtouli, et membre du comité d’accueil, les déplacés du site de Zagtouli, 72 environ, arrivent de Djibo.

Et comme l’on pouvait s’y attendre, c’est « la peur d’être chassé » de son village « d’être tué » qui les a pousser à partir de chez eux. << Quand on chasse tes frères de l’autre village voisin, tu sais automatiquement que ceux qui suivent seront de ton village. Les habitants des autres villages fuient, donc ce que tu peux faire c’est de fuir aussi et ne pas pas attendre qu’on vienne te chasser ou; au pire des cas te tuer >>, nous a raconté Zakarya, la quarantaine, visage grave (nom d’emprunt).

Visite des officiels au près des déplacés de Bissighin

La gendarmerie, le chef du canton, le chef du quartier, et le maire de l’arrondissement sont passés faire un constat et on promis plaider afin de leur venir en aide. Mais selon les déplacés que nous avons rencontrés à Zagtouli, aucune structure humanitaire n’est venue à leur secours jusqu’à présent. La plupart d’entre eux doivent leur salut à la gentillesse de leurs hôtes, comme c’est le cas de Marie (nom d’emprunt) 17 ans,  mère d’un nourrisson maladif, visiblement très affecté par le périple de l’exode.

Arrivés il y a pratiquement un mois, les plus chanceux de ces déplacés ont pu s’insérer dans le tissu social en menant de petites activités comme aide maçon, charretier, en ce qui concerne les hommes, ou aide vaisselle dans des restaurants par terre. Mais jusqu’à quand ?

Au Burkina Faso du fait du terrorisme, les populations vivant dans les zones fortement touchées ont été obligées de quitter leurs villages. Abandonnant tout moyen de subsistance. Les régions du centre-nord, du Nord, de l’Est et du Sahel. Au plan nationale, à la date du 06 février 2020, les services humanitaires ont dénombré 614 000 personnes déplacées.  Et à ce jour, plus de 56% des personnes déplacées sont sans abris ou n’ont pas un abri adéquat.

Sandrine BADO

Infowakat.net

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