Mise en œuvre du PNDES dans l’éducation et le foncier : Deux études font le point des avancées et des défis

La Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (CODEL) organise, les 14 et 15 novembre 2019 à l’hôtel Amiso de Ouagadougou, un atelier de restitution et de validation de deux études de suivi citoyen de la mise en œuvre du PNDES dans les secteurs de l’éducation et du foncier. Devant une trentaine de participants, il a été exposé les grandes conclusions des deux études, ainsi que les recommandations qui y ont été formulées.

La Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (CODEL), créée en juillet 2015, a pour credo la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance. Ainsi, depuis juillet 2017, dans le cadre du programme Présimètre, elle mène deux projets intitulés « Pérennisation de la CODEL et plaidoyers institutionnels » et « Renforcement et développement organisationnel de la CODEL ».

Dans ce cadre, les organisations membres de la CODEL ont été formées sur le contenu du PNDES, notamment sur les politiques publiques en matière de santé, d’éducation, de promotion de la femme et des jeunes, de ressources minières et foncières, dans l’optique d’une appropriation et d’un meilleur suivi citoyen. Ainsi, dans le but de fournir aux OSC des sujets de plaidoyer ou d’interpellation des autorités, la CODEL a commandité deux études dans le domaine de l’éducation et du foncier, pour faire le bilan de l’évolution de ces secteurs, trois ans après le lancement du PNDES.

Ainsi, la première étude sur l’éducation, menée par Dr Amado Kaboré, chercheur en science de l’éducation au Centre national de recherche scientifique et technologique, a eu pour thème « Accroître l’offre et améliorer la qualité de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation en adéquation avec les besoins de l’économie ».

Il ressort des travaux de Dr Kaboré, que les principales avancées enregistrées en 2018 se rapportent entre autres à l’accroissement des infrastructures éducatives et administratives dans tous les ordres d’enseignement, une amélioration de l’accès des élèves et des apprenants aux bourses, une diversification des offres de formation avec l’ouverture d’une filière de coiffure et d’esthétique au CEFPO, un développement de l’ingénierie, de la formation professionnelle avec élaboration et la validation de onze référentiels de formation et de certification.

L’étude relève également des progrès majeurs enregistrés au niveau des indicateurs d’effet de la politique d’éducation et de formation, notamment l’augmentation du taux d’achèvement au primaire, qui est passé de 60,3% en 2017 à 63%en 2018. Le taux au post-primaire et au secondaire a été porté à 40,3% contre 32,95% en 2017. Toujours dans l’étude, on note une évolution de l’indice de parité filles/garçons ; aussi, le taux d’achèvement est monté au post-primaire. Les filles, qui étaient en dessous des garçons en matière d’achèvement en 2013-2014, ont atteint un niveau d’achèvement égal à celui des garçons en 2016-2017.

Cependant, selon Dr Amado Kaboré, pour améliorer la performance du système éducatif à travers le PNDES, il convient de trouver des solutions durables aux principales difficultés, notamment l’insuffisance des dotations budgétaires qui sont allouées, une faible capacité des entreprises adjudicataires à livrer les infrastructures dans les délais contractuels, la crise sécuritaire qui a entraîné la fermeture de plusieurs écoles et la non-exécution de certains investissements programmés. Comme autres recommandations faite par l’étude, il y a l’éducation inclusive qui peine à être une réalité à cause de son sous-financement, le défi de l’équité qui reste à relever.

Pour la seconde étude dirigée par Me Fako Bruno Ouattara, spécialiste du foncier, il s’est agi de connaître le niveau de mise en œuvre des politiques publiques en matière d’accès aux logements décents, de faire le point de la mise en œuvre des recommandations de l’enquête parlementaire sur le foncier urbain en lien avec l’accès aux logements décents. Ainsi, il ressort que les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso connaissent une urbanisation galopante caractérisée par une concentration croissante des populations, d’où la réduction des populations urbaines vivant en zone non-lotie.

Me Ouattara a ressorti également une augmentation des ménages ayant accès à des logements décents, l’accroissement des ménages assistés dans l’auto-construction. Pour résorber toutes ces difficultés, il a été recommandé le respect des cahiers de charges par les différents promoteurs immobiliers, l’organisation d’un plaidoyer pour la réduction de la prolifération des habitats spontanés, la construction des Habitations à loyer modéré en lieu et place de l’attribution des parcelles individuelles.

Dans le souci de solutionner la question du foncier, l’étude propose entre autres l’accompagnement du SP/PNL dans sa démarche de mise en place de mécanismes pérennes d’accès au logement décent, l’activation du Fonds au logement social, la révision des modalités de paiement de logement, l’élaboration d’une stratégie d’accompagnement des villageois dans la réalisation de logements décents correspondant à leur cadre de vie.

Lefaso.net

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